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Un Sénégal émergent à l’heure du numérique pour tous

mardi 7 mai 2019

En un quinquennat 2019- 2024, Son Excellence, le Président de la République Monsieur Macky Sall a donné rendez-vous à l’avenir (liggéeyal ëllëk) pour une Société Numérique Inclusive au Sénégal, prochaine frontière du développement.

A travers un Plan Sénégal émergent, le Président de la République ambitionne que dans une dizaine ou une quinzaine d’années, les enfants qui seront nés en 2030 soient des citoyens d’un Sénégal où chacun pourra réaliser sa « légende personnelle » par une inclusion numérique et parvenir à une société reconnaissant tous ses membres, à une société ne laissant personne sur le bord du chemin, à une société réellement inclusive.

Qu’est-ce que c’est l’inclusion numérique ?

L’inclusion numérique, ou e-inclusion, est un processus qui vise à rendre le numérique (principalement la téléphonie et Internet) accessible à chacun, et à leur transmettre les compétences numériques qui leur permettront de faire de ces outils un levier de leur insertion sociale et économique. En somme, c’est la réduction des inégalités et exclusions sociales en mobilisant le numérique ; le numérique comme levier de transformation individuelle et collective.

Une société numérique inclusive, c’est une conscience d’avoir le numérique en commun, de développer une culture croisée d’expériences au service des transitions, de pouvoir la partager suivant des approches innovantes, soutenables et durables.

Un futur ambitieux

Le numérique n’est pas qu’un enjeu technique et économique, mais participe de la construction d’un projet de société. Chacun doit disposer des conditions matérielles et culturelles pour en être non pas un simple utilisateur ou consommateur, mais un citoyen producteur à part entière.

Chaque jour, dans les territoires, les problématiques d’accès au numérique changent de visage. Ce n’est plus seulement l’accès à une connexion ou à un équipement qui compte, c’est aussi l’usage que l’on sait en faire dans tous les aspects de la vie quotidienne. Or, si les transitions numériques s’accélèrent, les écarts d’usage se creusent. Aujourd’hui, nombre de Sénégalais restent en difficulté avec le numérique. L’acquisition d’une culture numérique et de compétences numériques, à tout âge, est de nos jours essentielle pour devenir pleinement citoyen de la société numérique. Les collectivités territoriales ont un rôle essentiel à jouer en la matière, pour mobiliser leur territoire autour de ces grands enjeux d’inclusion numérique, de capacitation citoyenne et de développement économique. Cette implication des collectivités territoriales devrait se faire dans un cadre à définir.

Trois constats

3 constats, qui découlent tous de l’omniprésence du numérique. En premier lieu, les enjeux d’inclusion numérique concernent désormais l’ensemble de la population et nous sommes face à une cible mouvante : une personne à l’aise avec le numérique, aujourd’hui, dans son univers familial et amical, pourra se trouver perdue demain quand il lui faudra réinventer son métier numérisé ou soigner une pathologie via un dispositif dématérialisé.

Les non-connectés, devenus minoritaires, sont également ceux qui sont par ailleurs victimes de marginalisation sociale, culturelle et économique, qui appellent d’autant plus des actions spécifiques en faveur de ces publics. Penser l’inclusion dans une société numérique impose de construire des politiques pour tous sans perdre de vue ceux qui sont les plus fragiles et qui doivent demeurer la priorité. Troisième constat, le numérique, lorsqu’il est convoqué dans des projets porteurs de sens, peut également constituer un formidable levier ou accélérateur de changement. Utilisé dans des projets d’innovation sociale, il apporte des réponses créatives à des besoins sociaux collectifs.

Inclusion et économie numérique

Une Société Numérique Inclusive, une initiative phare qui s’inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie Sénégal numérique 2025 et la continuité des objectifs politiques d’améliorer la contribution du secteur des Tic à l’activité économique. Cette initiative du Président de la République conforte la volonté de l’Etat de parvenir à une « inclusion numérique et à une digitalisation de l’économie » et maintient les efforts qui ont permis de progresser dans de nombreux domaines : réduction de la fracture numérique, accès à la formation, amélioration de la qualité de gestion publique, parc de technologies numériques (Ptn) de Diamniadio dès 2020, doté de son incubateur d’entreprises numériques …

Les milliards d’investissement que l’Etat va consacrer au numérique n’auront de sens que s’ils contribuent à améliorer la vie des citoyens. Le numérique n’est pas une machine à exclure mais peut apporter des correctifs sur les transformations que nous vivons. Aujourd’hui, à l’heure où les technologies numériques s’emparent des territoires, où de nouveaux besoins sociaux et environnementaux émergent, le territoire intelligent suscite de nouveaux espoirs.

Technologie, exclusion sociale et élaboration des politiques du gouvernement Au Sénégal, les technologies de l’information et de la communication (Tic) sont désormais considérées comme un moyen permettant au gouvernement de s’attaquer aux problèmes de l’exclusion sociale. En effet, cette perspective s’est rapidement traduite par un programme politique visant à utiliser les Tic à des fins d’intégration sociale. Bien que la « révolution numérique » renvoie à l’espoir d’une réappropriation de l’espace public par la population, tous s’entendent pour dire que l’émergence d’une fracture numérique est réelle.

Ce risque de fracture peut être associé à l’âge, à la condition socio-économique ou à la localisation géographique et se décline essentiellement de trois façons : l’accès à Internet, l’accès au matériel, tels un ordinateur et des logiciels, et l’accès à la compréhension et à l’usage des technologies. Par conséquent, il serait intéressant d’examiner l’action menée par le gouvernement en matière de politique sociale fondée sur les Tic, les déclarations de principe et le discours politique – en tenant compte des « problèmes » qu’il se propose de traiter. Ensuite, examiner dans quelle mesure ce cadre politique est fondé pour atteindre ses objectifs déclarés d’élargir l’accès aux Tic et de faciliter efficacement « l’inclusion sociale ».

Les orientations du marché

Le Sénégal est un pays consommateur du numérique sans en être producteur. Cela veut dire que lorsque que nous parlons de numérique, nous nous appauvrissons parce que nous passons du temps à acheter la connaissance, le savoir-faire des autres que nous ne rendons pas parce que nous n’avons pas les moyens de productivité pour alimenter ce contenu.

Evidemment que nous devons acheter ce matériel dont nous n’avons pas les moyens de fabrication, mais, en retour, quel est l’investissement que nous avons dans l’usage de ce matériel ?

La révolution numérique n’est pas une révolution technologique comme on veut nous le faire comprendre, parce que nous ne rivaliserons jamais avec les autres qui ont pris cet avantage technologique. Cette révolution va être pour nous une révolution de contenu, qui a une problématique sur sa conception et son financement.

Les limites à anticiper

Un plan stratégique local d’inclusion numérique avec des programmes et projets ne suffira pas aux Sénégalais. Il faudrait une appropriation de la stratégie par l’ensemble des parties prenantes et mobiliser des ressources humaines, matérielles et financières pour la mise en œuvre de ces programmes et projets. Pour une transformation numérique facilitée, il faut inviter les investisseurs à s’intéresser à cet écosystème des technologies, des médias et des télécoms.

Une grande alliance entre les artisans du futur technologique, les passeurs de savoirs et les institutions publiques est donc primordiale pour assurer les bases d’une société numérique juste, innovante et inclusive. Pour réduire les fractures numériques entre zones urbaines et rurales, il faut une réelle politique de connexion des zones rurales et de formations des jeunes. Avec le numérique, L’Homme de la ville n’est pas plus important que l’Homme de la campagne, l’Homme des champs peut aller au même rythme sinon plus vite que l’Homme de la ville. Aucune exclusion n’est permise pour bâtir un Sénégal numérique de tous et pour tous.

Recommandations

Le numérique n’est pas automatiquement la clé d’une transition vers une société plus juste et inclusive. Les ambitions d’une telle gouvernance sont multiples :

  • faciliter la consolidation des stratégies nationales et locales d’inclusion numérique (régionales, départementales et communales),
  • encourager l’émergence d’initiatives, de nouvelles solidarités,
  • responsabiliser et impliquer l’ensemble des parties prenantes.

Une Société Numérique Inclusive est un projet ambitieux qui doit être co-construit avec les parties prenantes du secteur des technologies, médias et télécoms.

La difficulté particulière d’une politique numérique tient au domaine potentiellement illimité qu’elle recouvre. Ce programme d’action « inclusion numérique » du Président de la République doit profiter aussi bien au champ social qu’à l’ensemble des établissements publics ou privés relatifs à la culture.

La nécessité d’un portage politique fort et d’une gouvernance permettant la coordination des différents échelons (locaux et nationaux) apparaît comme primordiale pour inscrire la question de l’inclusion numérique de manière durable dans les politiques publiques.

  • Définir une stratégie nationale pour un numérique inclusif qui confirme la nécessité de travailler de manière concrète et concertée à la création d’une société numérique pleinement inclusive : élaborer un Schéma directeur d’aménagement numérique (Sdan) du territoire avec un plan de déploiement du très haut-débit opérationnel.
  • Identifier et quantifier les bénéfices d’une meilleure maîtrise des outils numériques par la part de la population sénégalaise qui ne les utilise pas dans la vie courante.
  • Valoriser le numérique existant auprès de l’ensemble des collectivités afin de permettre à tous les élu(e)s du territoire de s’inspirer, d’imaginer et de développer l’usage et les moyens numériques pour sa collectivité.
  • Garantir un aménagement numérique durable du territoire – territoires intelligents (smart cities) – avec le citoyen comme conso-acteur de son territoire.
  • Sensibiliser et former les citoyens aux usages du numérique.
  • Accompagner et former le public exclus pour faciliter notamment leur retour à l’emploi.
  • Former des managers de projets numériques territoriaux.
  • Créer des Centres d’innovation en technologies éducatives (Cite). – Donner accès aux équipements informatiques pour tous

Abdoul Aziz WANE
Consulting Telecom Market Intelligence & Techno Senior Manager Digital Expert & Digital Project Manager DG WPROJETEL
Président de « Solidarité Francophone pour le Numérique » (SFN)

(Source : Social Net Link, 7 mai 2019)

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 10 770 683 abonnés Internet

  • 10 512 647 abonnés 2G+3G+4G (97,60%)
  • 99 177 clés et box Internet (1,11%)
  • 138 743 abonnés ADSL (1,31%)
  • 17 952 abonnés bas débit (0,17%)
  • 2164 abonnés aux 4 FAI

- Liaisons louées : 22 633

- Taux de pénétration des services Internet : 68,49%

(ARTP, 31 mars 2019)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 4710 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 25 septembre 2018)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 307 736 abonnés
- 237 282 lignes résidentielles (77,11%)
- 70 363 lignes professionnelles (22,86%)
- 84 lignes publiques (0,03%)
- Taux de pénétration : 1,95%

(ARTP, 31 mars 2019)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 16 977 104 abonnés
- Taux de pénétration : 107,95%

(ARTP, 30 septembre 2018)

FACEBOOK

- 3 171 000 utilisateurs

- Taux de pénétration de Facebook : 18,6%

(Facebook, Juin 2019)