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Thierno Ousmane Sy, Conseiller de Wade : « L’Ambassade américaine à Khartoum est un client de Sudatel »

lundi 1er octobre 2007

Hier le Conseiller spécial du Président de la république sur les NTIC, chargé du processus de libéralisation des télécommunications, a été l’invité de Mamoudou Ibra Kane, dans son émission Grand Jury. Très attendu Thierno Ousmane Sy est revenu sur la licence vendue à Sudatel, non sans répondre aux uns et aux autres, qui, pour lui parlent dans le cadre politique.

Avez-vous privilégier les affaires au détriment de l’humanitaire ?

On dit que la licence a été vendue à 100 milliards de francs Cfa maintenant à c’est 80 milliards, c’est faux. On me demande où sont les 20 milliards. Entre ce qu’on dit net la réalité, il y a une distance qu’on doit parcourir sereinement. Sudatel est coté en bourses, et trois bourses différentes. C’est une société qui a des comptes transparents. Sudatel est en discussion très avancée avec le département d’Etat américain pour sortir de cette black list. C’est une question de quelques jours, voire quelques semaines. L’impact technique de ces sanctions sont très limités, puisque les américains ont dit à Sudatel, vous pouvez utilisé 10% de matériel américain pas plus. L’ambassade américaine à Khartoum est un client de Sudatel.

On vous reproche d’avoir mis en avant l’argent au détriment d’une l’offre technique et technologique pertinente et surtout d’un investissement sur la durée ?

... Nous avons fait les choses de manière différente, en suivant la loi. Mais nous avons fait un certain nombre d’aménagements pour donner de la valeur à cette licence. Ce qui nous intéressait c’était d’avoir la meilleure offre technique et la meilleure offre financière. C’était le cahier des charges du Président de la République. Et nous avons obtenu les deux. Quand on passe un examen on donne des cœfficients à chaque matière. Et c’est en fonction de ces cœfficients qu’on sait si vous avez la moyenne ou pas. Nous avons donné un certain nombre de coefficients à l’offre financière. Mais nous nous sommes donnés le temps entre le moment que nous avons fait l’annonce et le moment où nous demandons des offres fermes, il s’est passé un an et demi. Cela a permis à l’ARTP de vendre un package de régulation. C’est à dire de mettre assez d’ordre dans la maison, pour que le jour où la mariée arrive, qu’elle y soit confortable et qu’elle paye un ticket d’entrée substantiel. Il y a eu un travail d’interconnexion sur la portabilité, sur le service universel,... C’est lorsque tout ce package a été terminé qu’il a été mis sur le marché. C’est pourquoi les offres financières ont été très substantielles. Aujourd’hui les Sénégalais doivent être fier d’avoir vendu la licence la plus chère de l’Afrique subsaharienne. Cela veut dire qu’il y a des investisseurs qui pensent qu’il y a un potentiel de croissance extraordinaire au Sénégal et qu’il faut payer pour y participer.

Est-ce que l’offre technique et technologique de Sudatel sera meilleure que celle de Sonatel et Sentel ?

Au soudan il y a Sudatel, il y a MTC qui a pris part à cet appel d‘offres et qui a été à l’origine de cette critique dont vous faites échos. Il y a eu MTN et Etisalat. Sudatel est ainsi entouré des meilleurs en Afrique. Sudatel à 62% de part de marché sur le fixe, sur le mobile Sudatel est numéro 1.

Quelle sera l’offre de Sudatel ?

On a mis sur le marché une licence globale. Le mobile, le fixe et les données et l’accès à l’international. L’offre de Sudatel hors licence et un investissement de 500 millions de dollars pendant la durée de la, licence. Des emplois seront créés grâce à ces investissements. Sudatel va concurrencer Sonatel sur les accès à Internet, alors que la Sonatel est le seul provider international. Tous les autres fournisseurs d’accès prennent leurs accès chez Sonatel. Sudatel va concurrencer Sonatel sur ce terrain.

Le poids de Sudatel par rapport à ses futurs concurrents ?

Il y a d’abord la notoriété qu’il faut évaluer. Elle ne doit pas mettre en parenthèse les exigences du cahier des charges et celle du Sénégal. Tout le business dans le monde a une histoire. Nous n’avons pas été obnubilés par la notoriété. Nous avons été intéressés par les capacités techniques, et le prix qu’il va payer.

C’est 100 ou 80 milliards de Fcfa ?

Lorsque vous faites un appel d’offre, vous demandez aux soumissionnaires de faire des offres en précisant la monnaie dans laquelle ils font leurs offres. Ces offres ont des durées. Tous les opérateurs on répondus en dollars. Sudatel a proposé 200 millions de dollars. C’est un chèque de 200 millions de dollars qui sera remis au Ministre des finances. Le chèque n’a pas encore été donné, parce que nous faisons les signatures du contractile, du cahier des charges, du contrat d’investissement, c’est fort de ce document que le décret qui permet à Sudatel de fonctionné sera signé et qui pourra permettre le paiement c’est une question de jours. La proposition de Sudatel a été dépouillée par le représentant de l’ARTP en présence du ministère de l’économie et des finances.

Pourquoi deux chiffres ?

C’est tout simplement qu’il faut convertir le Dollar en Cfa au taux actuel du dollars qui fait 480 Cfa. Ce qui est important c’est ce qui est sur les papiers.

Y a-t-il eu un appel d’offres ?

Nous avons dit : nous avons l’intention de placer une nouvelle licence sans préciser la date. Des opérateurs se sont manifestés en venant faire des offres spontanées. Ces discussions nous ont permis d’avoir un retour du marché et nous avons affiné le cahier des charges. Cela a installé une bataille interne entre opérateurs et ça a permis à la valeur d’exploser. Parallèlement, il y a les indices de télécoms qui fluctuent. Il y a des moments où c’est intéressant d’investir dans les télécoms comme avant 2000 quand il y a eu la bulle Internet. Entre 2000 et 2003 où les télécoms sont descendus très bas, notre banque d’affaire qui nous conseillait nous a dit que le moment n’est pas propice, avant de nous donner son aval pour lancer l’opération.

Avez-vous écarté des sociétés lors de l’appel d’offres ?

Nous n’avons écarté aucune société de l’appel d’offres. Et avant l’appel d’offre nous n’en avons choisi aucune. Nous aurions fauté par rapport à loi si nous avions fait un choix quelconque.

Est-ce qua la transparence, l’efficacité, l’équité et l’économie ont été respectées du début à la fin dans cet appel d’offres ?

Le processus de la licence a été assuré en toute transparence, en conformité avec le Code des télécoms. Dans l’article 21 des télécoms, il, y a quatre articles importants. Le lancement de l’appel à la concurrence, la réception des soumissions, le dépouillement et l’évaluation des offres, et enfin l’adjudication. L’ARTP a fait tout ça. Il a été accompagné dans ce processus par le cabinet Clifford Chance, qui en aucun moment n’aurait accompagné un processus non-conforme à la loi. Avant le dépouillement tous les soumissionnaires ont compris comment les notes seraient données, 60% pour la partie financière et 40% pour la partie technique (juridique et technique). Le Comité technique a fait son évaluation et la Sudatel s’est retrouvé avec 83 points, Celtel 53 points et Bintel 53 points. Nous avons fait cela parce que nous savions que sur le fil, toutes les offres techniques se vaudraient.

Quels rôles ont joué Karim et vous ?

J’ai été chargé par lettre de mission de piloter le processus de libéralisation. C’est que j’ai fait. M. Karim Wade a aidé de manière substantielle sur un certain nombre de choix, en tant que Conseiller du Président, qui peut disposer des cerveaux de ses conseillers comme il veut. S’il demande que je sois appuyé dans le processus de libéralisation c’est une bonne chose pour le processus, c’est parfait.

On use et on abuse de Karim Wade, il est dans tous les dossiers ?

On use et on abuse de Karim Wade ? Je ne sais pas si Karim Wade est trop fatigué de travailler, je sais que c’est un grand travailleur, il faudra lui poser la question. Personnellement, dans ce dossier, j’ai travaillé en synergie avec lui. Et nous avons fait ensemble quelque chose que nous considérons bon pour le Sénégal. Nous avons multiplié par 2000, la valeur de la licence. Le Parti socialiste avait placé la licence à 100 mille dollars à une époque où les licences se vendaient 74 millions de dollars en mai 1998 au Cameroun. En même temps nous vendions à 100 mille dollars. Au Mali en mars 2002, ils ont vendu à 62 millions de dollars Ikatel à la Sonatel, au Mozambique à 15 millions de dollars. Avec cet argent le Sénégal va investir sur la santé, sur l’éducation,...

Etes vous prêts pour une enquête indépendante sur Sudatel et Sentel ?

Je n’ai aucun problème là-dessus puisque le processus a été transparent. Les documents de l’appel d’offres vont être publiés sir le site de l’ARTP.

Etes vous prêts pour à initier cette commission au niveau de l’Assemblée nationale pour être lavé de tout soupçon ?

J’ai du travail, on m’a confié le processus de libéralisation et m’on dit voilà là ou on veut que vous amener le secteur des télécommunications. C’est ce que je fais et je ne me sens pas soupçonné.

Pourtant on en beaucoup parlé ?

Ce qu’il y a c’est qu’il y a beaucoup de politique derrière. Il faut bien le comprendre. A travers ce dossier, on veut relativiser certains succès de Karim Wade, mais les Sénégalais ne sont pas dupes.

Et pourquoi les succès de Karim Wade et pas les succès du Chef de l’Etat ?

Parce que vous pensez que Karim Wade n’intéresse personne, alors qu’il fait pratiquement la Une d’un journal par jour et de tous les journaux. Karim Wade intéresse énormément de personne, les ambitions qu’il a pour le pays intéressent beaucoup de personnes et partout où Karim Wade sera impliqué, il y aura un aspect politique important.

Vous n’avez pas reçu de remontrances du département d’état américain ?

Non, à travers son communiqué, les Usa ont donné une leçon de patriotisme aux Sénégalais.

Qu’est ce qui est réservé aux investisseurs locaux ?

Sudatel a réservé 15% aux investisseurs locaux. Mais aucun investisseur local ne s’est manifesté.

La privatisation de la Sonatel ?

L’Etat du Sénégal étudiera la sortie totale ou partielle de la Sonatel. Une décision définitive n’a pas été prise, mais conformément à la lettre de politique sectorielle.

Etes vous membres de la Génération du concret ?

J’adhère à tout ce qui est concret pour le pays, et pour moi la génération du concret est un état d’esprit. Et je suis dans et état d’esprit.

Voulez vous prendre le pouvoir ?

Je n’ai aucune ambition politique, mais j’ai des ambitions pour le Sénégal. Et si je peux contribuer à ce que ces ambitions deviennent des réalités, je le ferais.

Et si Karim Wade veut le pouvoir vous le soutiendrez ?

Karim Wade ne s’est pas encore exprimé sur cette question ni en privé ni en public, donc c’est une question qui n’a pas d’objet.

Propos recueillis par Latir Mané avec RFM

(Source : L’Observateur, 1er octobre 2007)

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