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Télécommunications : une rude concurrence annoncée sur le marché des points hauts

mardi 10 avril 2012

Le marché africain des télécommunications est l’un des plus dynamiques au monde avec une moyenne du taux de pénétration mobile assez basse en dessous de 50% d’après les derniers chiffres de l’IUT. Nous retrouvons sur ce continent la plus part des grands groupes mondiaux de télécommunications tels que France Telecom, Bharti Airtel, Vodafone, MTN,... pour ne citer que ceux là.

L’ouverture à la concurrence se matérialisant par l’attribution de nouvelles licences poussent les operateurs à revoir leur stratégie afin de conserver leur rentabilité. Dans une situation de recrudescence de la concurrence dans un marché donné, le reflexe le plus naturel est la réduction des charges de fonctionnement et d’exploitation. C’est dans cette optique que beaucoup d’opérateurs ont mutualisé certaines de leurs ressources pour plus d’efficacité économique. Nous pouvons citer l’exemple de France Telecom et Deutsch Telecom qui ont mis en commun leurs business units achat en créant Buyin, ces deux groupes ont aussi fusionné leurs entités mobiles au Royaume Uni sous le nom Everything Everywhere. En Afrique nous n’avons pas encore assisté à ce genre de rapprochement, mais les opérateurs partagent déjà certaines de leurs équipements passifs tels que les pylônes. Et c’est sur ce marché des points hauts où l’on assiste à des mutations allant dans le sens d’une réduction des couts d’exploitations pour les opérateurs.

En effet, depuis plusieurs années, les opérateurs de télécommunications en Afrique ont tendance à se désengager de la gestion des points hauts pour se concentrer sur leur cœur de métier. Ce retrait se matérialise souvent par une cession des actifs passifs de l’opérateur à un professionnel du domaine. De ce fait, l’opérateur devient un client de ce gestionnaire de point hauts qui se chargera désormais de l’exploitation de cette infrastructure notamment en y hébergeant d’autres opérateurs de télécommunications. Ce modèle permet à l’opérateur mobile de réduire ses couts d’exploitation sachant qu’en Afrique, l’exploitation et la maintenance des antennes relais constituent une part importante des charges des opérateurs. A cause du caractère aléatoire et sporadique de la fourniture en électricité, les opérateurs se voient obligés de s’alimenter grâce à des groupes électrogènes qui fonctionnent au Diesel, ce carburant qui ne cesse de voir son cours grimper à la même vitesse que celui du cours du pétrole. Plusieurs opérateurs ont eu à essayer l’énergie solaire, mais les cas de vols répétitifs des panos photovoltaïques ont fini par entamer leur enthousiasme pour ce mode d’alimentation électrique.

Sur ce marché de l’externalisation des points hauts, les deux acteurs les plus actifs sont l’américain American Towers et le britannique Eaton Towers. Ces deux entités ont acquis plusieurs milliers de points hauts sur le continent africain. L’acquisition la plus récente est celle Eaton Towers qui s’est emparé des actifs passifs des opérateurs Orange et Warid Telecom en Ouganda. Lors de cette cession, le VP d’Orange AMEA a déclaré que cet accord pourrait servir de pilote au groupe France Telecom avant une généralisation de ce type de partenariat sur l’ensemble des filiales du groupe français sur le continent. Hormis l’Ouganda, Eaton Towers est également au Ghana avec la filiale locale de Vodafone. American Towers est quant à elle présente en Afrique du Sud, au Ghana et s’apprêterait à acquérir les points hauts du Sud Africain MTN en Ouganda.

De plus en plus, nous assisterons à ce type d’externalisation car dés qu’un opérateur le fera sur un marché donné, ses concurrents seront quasi obligés de l’imiter dans cette politique de réduction des coûts d’exploitation. Notons que pour l’instant ces types de cessions d’infrastructures passives sont plus l’apanage des opérateurs présents dans les pays anglophones que celui des groupes opérant dans les pays francophones. La raison ? Peut être le pragmatisme anglo-saxon, mais aussi une certaine tradition de pylônes plus accrue dans les pays d’expression anglaise que dans ceux qui ont en partage la langue française.

La rédaction

(Source : ITmag, 10 avril 2012)

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