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Télécentres - Les exploitants dénoncent la Sonatel : Cet ami qui vous veut du mal

mardi 27 février 2007

Les exploitants des télécentres et télé services ont pendant deux jours, le mois dernier, posé les problèmes qui handicapent leur travail. Ils considèrent que, la nouvelle politique de la Sonatel, qui fait la promotion de ses boutiques, de nouveaux produits comme Seddo et Izi, ajoutée à la prolifération de téléphones portables, met leur gagne-pain en danger de disparition. Un séminaire a permis de réfléchir sur les problèmes de ces structures et cherché à renforcer les capacités des exploitants. Il a été organisé par l’Union nationale des exploitants des télécentres et télé-services du Sénégal (Unetts), grâce à un appui financier de la Sonatel.

Les exploitants de télécentres qui se sont retrouvés autour d’une même table avec les représentants de la Sonatel sont tous persuadés que le morcellement du coût des crédits avec les systèmes Seddo et Izi, ainsi que la prolifération des téléphones portables et l’ouverture de boutiques Sonatel, ont entraîné une diminution de leurs revenus. Ils accusent la Sonatel de « vouloir tuer les télécentres ». Ce que refuse d’entendre le représentant de la Sonatel, présent à leur séminaire, et qui, de son côté, soutient que « nous sommes loin de vouloir tuer les télécentres ».

Les exploitants pensent que l’engouement des années 1990 a disparu, du fait de nouveaux produits. Ils demandent d’ailleurs à la Sonatel « de leur accorder la priorité de la vente des consommables ». Tout en se disant qu’il leur faut revoir leurs priorités, « car si nous sommes en retard en matière de renforcement de capacités, nous seront en chute libre ». D’ailleurs le Fonds de solidarité numérique sera sollicité pour des stratégies de promotion des télécentres.

Me Massokhna Kane, qui a pris part à ce séminaire, a affirmé « que le gros problème des télécentres est du fait de la Sonatel. Tout le monde a constaté qu’il y a beaucoup de faillites au niveau des télécentres. On dit que ces faillites sont liées à la mauvaise gestion parce qu’il y a de l’anarchie. Il faut que la Sonatel respecte les critères d’installation et limite les demandes d’agrément de télécentres ». Aux représentants de la Sonatel, il demande : « Sur les 100 milliards de bénéfice brut que vous faites et plus de 60 milliards de bénéfice net et les dividendes que vous vous partagez sur le dos des usagers, de grâce donnez-en une partie aux télécentres. » Certains gérants, comme Lamine Diène considèrent que « la vente du téléphone est dans une courbe descendante et ne se relèvera pas de sitôt ». Salif Diouf se révolte que « la Sonatel pense plus récupérer des sous qu’à notre survie. Vous nous avez tué alors que la Sonatel doit contribuer au développement de notre pays. Vous pensez plus à vos poches qu’aux citoyens. Pour régler les problèmes, il faut avoir du courage et non se jeter des fleurs ».

Les exploitants de télécentres demandent aussi une meilleure régulation de l’installation. Ce qui pour Moustapha Diop, qui représentait la compagnie de téléphone au séminaire, n’est pas possible du fait que « la Sonatel ne peut réguler les télécentres dans ce pays. C’est le travail du ministère du commerce. Nous n’avons aussi aucun moyen d’intervenir dans les tarifs. C’est un domaine qui n’est pas de notre pouvoir ». Et de suggérer : « Mais vous pouvez avec votre Union voire comment faire pour réguler ce secteur. » Pour leur part, « nous ne pouvions rester sourds et nous avons arrêté les agréments pour permettre à ceux qui sont là de mieux se développer ». L’objectif de la Sonatel, selon M. Diop « est de répondre au besoin du client final. Tout est conditionné dans ce pays mais c’est parce que le pouvoir d’achat est faible. Tout ce que nous voulons c’est la satisfaction du client final et tant que ce client aura besoin de micro-conditionnement, notre business ira à sa rencontre car c’est cela le développement durable ».

Selon toujours M. Diop les exploitants doivent se demander « quelles sont ces nouvelles idées, et comment faire pour vous y insérer et en tirer profit, et quelles sont les mesures d’accompagnements ».

Quant à M. Amadou Top, président du Fonds de solidarité numérique (Fsn) à Genève, il juge que « la Sonatel ne fera pas de philanthropie. Il ne faut pas se voiler la face. Je ne pense pas que la Sonatel fera un geste pour sortir les télécentres de cette situation. Elle peut se limiter à fournir des éléments de base... C’est à l’Etat de se battre et de dire que cet outil doit servir à tout le monde avec une meilleure qualité de services ».

Pous sa contribution à la réduction de la fracture numérique, la Sonatel a mis en place 24 centres multimédias communautaires, dont 75% sont équipés de lignes téléphoniques. Mais il y a eu des blocages liés à la saturation, et l’accès à l’Internet reste difficile.

(Source : Le Quotidien, 27 février 2007)

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