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TIC et développement rural : Contribution en direction de la Prepcom-2 (Phase de Tunis)

lundi 21 février 2005

Les tentatives de lutte contre la pauvreté ne datent pas de l’ère des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Comme le Fonds de fiducie mis en place en 1976 « pour fournir aux pays qui le demandaient une aide temporaire pour redresser un déséquilibre dans leurs balances de paiement », les Politiques d’Ajustement Structurel (PAS) imposées au milieu des années 80 par les institutions de Breton Woods aux pays africains en particulier, visaient la réduction de la pauvreté, non son éradication, laquelle devrait être l’enjeu de tout projet de développement en Afrique.

L’application de ce programme pendant prés de 20 années a largement suffi pour se rendre compte qu’il ne contribuait pas au développement de la croissance économique mais accentuait plutôt la pauvreté dans les pays dits « en voie de développement. » Ce constat amer est à l’origine de la mise en place, en 1999, par la Banque Mondiale et le FMI, du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), et de son adoption dans les pays en voie de développement. Plus que tous ses prédécesseurs, ce programme formule le voeu pieux de placer la concertation avec les populations au cœur de sa mise en œuvre. C’est ainsi que les concepteurs de ce document clament que « l’élaboration du DSRP a impliqué tous les acteurs du développement » et « du fait du processus participatif qui fonde sa légitimité, il sera le cadre de référence de toutes les interventions de tous les acteurs ». Voilà affirmée la participation effective des couches les plus défavorisées de la population africaine : les ruraux en particulier.

Le DSRP sénégalais est très explicite à ce sujet ; il avoue que « la pauvreté est localisée pour une large part dans les zones rurales », l’incidence de la pauvreté y variant entre 72% et 88%. Dans le cas de ce pays, la stratégie de lutte contre la pauvreté préconisée pour endiguer le fléau a pour base « quatre (4) leviers fondamentaux : la création de richesses, le renforcement des capacités et la promotion des services sociaux de base, l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables et une approche participative de mise en œuvre et de suivi-évaluation basée sur la décentralisation du pilotage et de l’exécution ».

Il nous semble que toute lutte contre la pauvreté, axée sur ces principes, devrait apporter des réponses aux multiples équations auxquelles le monde rural est confronté pour sa survie. Nous pensons que la résolution de ces questions est un préalable pour le développement du monde rural, et par conséquent son appropriation des technologies de l’Information et de la Communication.

C’est pourquoi, en cherchant des solutions aux problèmes d’accès des communautés de base aux technologies de l’information et de la communication, les gouvernants et les bailleurs de fonds doivent toujours travailler de concert avec, principalement les populations, et la société civile pour prendre en compte la réalité du terrain et ainsi éviter de proposer des solutions non seulement inappropriées mais également inacceptables sur les plans culturel et social. Car la lutte contre la pauvreté ne peut être que des actions menées, pour l’essentiel, au niveau local.

Nul n’ignore, et le monde rural en tête, que les nouvelles technologies de l’information et de la communication, sont de formidables outils de gestion efficace et de développement ; mais elles restent des outils, des instruments comme la charrette ou la voiture, la flûte ou le tambour, le tamtam ou la fumée etc.... autant d’instruments utilisés pour communiquer, pour informer et s’informer.

Comme les outils traditionnels, les TIC doivent répondre à des besoins pour être efficientes. Or si en milieu rural des besoins immenses existent, le sol n’est pas encore fertilisé pour recevoir la bonne semence. En effet, il faut au monde rural un minimum d’infrastructures économiques et sociales de base comme des routes, de l’eau, de la nourriture, de l’électricité, de l’alphabétisation, etc. pour recevoir dans de bonnes conditions l’outil TIC, élément transversal dans le processus vers l’amélioration de la productivité et des mécanismes de communication modernes.

Rien de cela n’existe en milieu rural si ce n’est que des points test, du saupoudrage à faire voir aux bailleurs de fonds pour la pérennisation de leur soutient aux populations « marginalisées et vulnérables ». Nous n’en voulons pour preuve que la multitude d’ONG oeuvrant en milieu rural et/ou périurbain pour « aider » ces populations. Certaines de ces organisations fonctionnant sous le modèle de sociétés privées parce que recherchant le profit, parlent au nom et pour des populations qui ne les ont pas mandatées. La mystification atteint son point culminant quand ces populations sont représentées, on ne sait par qui, à des rencontres comme le Sommet Mondial sur la Société de l’Information.

Des organisations rurales comme les communautés rurales, à l’instar de Communes et des régions, ont sollicité en vain des accréditations au SMSI. Pendant que des communes et des régions recevaient les leurs, les demandes des conseils ruraux ont été simplement rejetées sans autre forme de procès. Au moment où l’on proclame que la société de l’information doit être inclusive, les zones rurales sont exclues du processus des sommets et aux sommets eux-mêmes. N’ont-elles pas le droit de donner leurs avis sur des questions les concernant directement ? Doit-on continuer à penser pour elles ?

Au moment où l’on déclare promouvoir une société de l’information pour tous (par tous devrait-on ajouter), la représentation des populations africaines de base aux grands rendez-vous de ce monde est infime sinon inexistante ; ce qui rajoute à leur marginalisation (concept fort usité). Et pourtant c’est à leur nom que l’on se plait à s’exprimer pour se donner bonne conscience ou pour se faire légitimer. Leur statut de personnes marginalisées explique certainement leur absence aux prises de décisions ou tout au moins la prise en compte de leurs préoccupations. Mais pourquoi ce statut de populations marginalisées ? Qui les marginalise ? Au mon de quoi sont-elles sont marginalisées ? A quand la fin de cette marginalisation ?

La fracture numérique est loin d’être la plus importante fracture à laquelle dont le monde rural est confronté. Il ressent dans sa chair la fracture sociale interne, ce fléau propre à plusieurs pays africains. A l’échelle nationale, il y a l’impérieuse nécessité d’endiguer les cruelles disparités entre les villes et les campagnes, disparités constatées à tous les niveaux : santé, éducation et formation, eau potable, transports, etc.

La question importante qui se pose dès lors est de savoir comment les TIC peuvent régler les multiples fractures sociale, économique, agricole, numérique constatées actuellement dans notre village planétaire ; et à l’intérieur des continents et des états ? La communauté internationale reconnaît le rôle majeur que jouent les TIC dans le développement. Elles donnent à la mondialisation une dimension insoupçonnée d’autant plus qu’elles assurent leur juridiction sur tous les espaces politique, économique, culturel de l’espace-monde.

Dès lors, les politiques se sont appropriés le concept NTIC pour asseoir leur vision du développement économique et social. Cette perspective prend plus de relief avec le NEPAD qui vient d’initier le projet relatif à la résorption du gap numérique dont souffrent les pays africains. La mise en œuvre du concept de solidarité numérique requiert la création d’un fonds spécial pour financer le retard infrastructurel de l’Afrique.

Si une telle ambition est louable, force est de faire observer qu’elle souffre d’une véritable inversion de l’ordre des priorités en Afrique marquée par le mal développement.

En effet, n’est-il pas plus urgent pour l’Afrique de réduire le gap agricole ? La rencontre de Dakar en Février 2005 ne s’y est pas trompée. Un pays sous développé qui n’a pas résolu la question de l’auto suffisance alimentaire ne peut faire de la question des NTIC une préoccupation première. Les pays qui souffrent du gap agricole souffrent en même temps de la désindustrialisation qui freine toute ambition pour une révolution technologique.

En vérité, les NTIC poursuivent et continuent les révolutions de la société industrielle dont elles rationalisent les échanges à l’échelle planétaire. Elles organisent les modalités des échanges grâce à la performance des services qu’elles offrent. Certains penseurs parlent des NTIC comme le signe le plus apparent du post modernisme. Comment dès lors les évoquer judicieusement dans les pays où l’électricité (quelle que soit son origine) est un privilège des villes ?

En fait, la campagne qui n’est pas investie par la révolution électrique peut-elle être un terrain de déploiement des TIC ? A ce propos il nous parait plus urgent d’exécuter, entre autre, les projets d’électrification rurale, sans la matérialisation desquels l’informatique n’aura pas de support technique.

Bakary FAYE
Conseiller régional (Région de Thiès)
Conseiller rural (Communauté rurale de Malicounda)
Président de la Commission NTIC de Malicounda
Mail : fbakary@ucad.sn ou malipartena@hotmail.com

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