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Sommet mondial de la société de l’information : Quand le Nord dicte toujours sa loi

mercredi 17 septembre 2003

La rencontre de Genève n’est pas partie sur de bonnes bases. Les divergences entre le Nord et le Sud existent toujours, sans compter que la société civile est laissée en rade. Mais pas de quoi se décourager avant Tunis 2005.

Geneve - La troisième réunion préparatoire du Sommet mondial pour la société de l’information, ouverte depuis lundi dernier à Genève, risque d’accoucher d’une souris, au regard des divergences existant entre les pays du sud et ceux du nord, mais aussi de la place encore marginale laissée à la société civile. Même si Genève ne constitue qu’une étape avant la phase finale à Tunis en 2005, force est de constater qu’un travail énorme reste encore à faire pour démocratiser l’accès des technologies de l’information et de la communication aux différentes composantes de la planète.

Déjà au cours de la réunion dimanche dernier des différents acteurs de la société civile engagés dans ce processus, le président du Sommet mondial de la société de l’information, M. Adama Samassékou, prévenait les différents acteurs en indiquant qu’« il faudrait des actions concrètes entre Genève et Tunis et qu’on s’attaque aux urgences, car tout ne peut pas se faire à Genève ».

En effet, malgré l’urgence de la situation dans les pays du Sud, l’ultime phase de ce sommet mondial, qui doit déboucher sur une société de partage du savoir, se déroule avec une majorité d’acteurs du nord et ce même, au niveau de la société civile où seules cinq bourses ont été octroyées à toute l’Afrique pour sa participation.

Le directeur de la Division de la société civile, Alain Clerc, avance ainsi à juste titre que « cette société n’est pas encore représentative de l’ensemble du monde et on risque, dans cette perspective, d’avoir des relations biaisées ».

Cette situation qui n’est pas inédite a aussi été constatée dans beaucoup de rencontres internationales consacrées au retard de l’Afrique sur les plans économique, culturel ou même politique. En effet, lors du Forum social mondial de Porto Allegre avec le mouvement altermondialiste, carrefour désormais obligé pour ces mouvements sociaux en vue de l’érection d’un « autre monde », sur les 100 000 participants et les 30 000 délégués, seuls respectivement 300 et 60 participants et délégués venaient des pays africains.

Leur absence sur la scène internationale se traduit encore par la prédominance du discours des Ong et associations basées dans les pays du Nord au détriment des pays directement impliqués dans ces combats.

Le sommet de Genève, prévu au mois de décembre prochain, devrait en principe déboucher sur l’adoption d’une déclaration de principes et d’un plan d’action avant le sommet final de Tunis prévu du 16 au 18 novembre 2005.

Le Sénégal, très en vue dans la préparation de ce sommet, après l’appel à la solidarité numérique lancé par le président Abdoulaye Wade au mois de février dernier à Genève, essaie ainsi, avec sa très forte délégation conduite par le ministre de l’Information et de la Coopération africaine dans les Ntic, Mamadou Diop « Decroix », de créer une synergie entre les différents représentants des gouvernements mais aussi des acteurs de la société civile pour mieux faire ressortir la position et les urgences dans les pays du Sud.

Le Sénégal, un des pays phares au niveau continental pour l’accès aux technologies de l’information et de la communication, a mis son premier serveur en marche depuis 1996. Au même moment, le pays a enregistré une croissance très sensible du parc informatique estimé, selon une étude effectuée par la Banque mondiale en 1995, à 7,2 ordinateurs pour mille habitants, soit légèrement plus que la Tunisie (6,7) et le Nigeria (4,3) et beaucoup plus que le Maroc (1,7) et le Ghana (1,2).

Le nombre de lignes téléphoniques fixes estimées à 200 000 en décembre contre 116 000 en 1997 et 23 000 lignes en 1985 a augmenté, ainsi que les téléphones cellulaires estimés en 2001 à plus de 300 000 abonnés.

La bande passante, estimée en 2001 à 42 Mbps, la plus importante de l’Afrique de l’Ouest, a permis, depuis quelques années, de disposer d’une trentaine de fournisseurs d’accès qui se recrutent à travers les secteurs de l’enseignement, les Ong, l’administration, entre autres.

« Par ailleurs, tandis que le nombre total de points d’accès à l’Internet est estimé à 160, celui des domaines « sn » officiellement déclarés s’élève à près de 700 en mai 2001 (…) il faut aussi souligner que les conditions d’accès au réseau Internet sont marquées par une grande disparité entre Dakar qui concentre 61 % des lieux de connexion et les régions qui se partagent le reste avec Thiès 13%, Saint-Louis 11% et 15% pour les autres sept régions restantes ».

Pape Ousmane SY

(Source : Le Quotidien 17 septembre 2003)

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