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Somalie : Ismail Ahmed, le fils du Somaliland qui fait fortune dans le numérique avec la WorldRemit

vendredi 17 novembre 2017

L’histoire d’Ismail Ahmed et juste fascinante. Ce fils du Somaliland, un territoire de la corne d’Afrique autoproclamé indépendant en 1991, est le patron d’une multinationale. La WorldRemit, le leader mondial de transfert d’argent en ligne.

Cette entreprise, Ismail Ahmed l’a lancée sur les ruines de son poste dans un programme de transfert d’argent des Nations-Unies en Somalie. A l’époque, le jeune docteur en économie découvrait un vaste réseau de corruption. Sans réfléchir, et seul, il se dresse contre une mafia dont il ignorait la force. Un risque qui lui a valu son licenciement, mais plus tard, Ismail Ahmed devenait l’incontournable numéro 1 du secteur.

Ismail Ahmed est le président directeur général de WorldRemit, la société anglaise de transfert d’argent en ligne à moindre coût. En 2016, WorldRemit levait levé auprès de techonlogy Crossover ventures (TCV) 82 millions de livre sterling. Un financement qui confirmait la bonne santé de la société d’Ismail Ahmed. En réalité, depuis son lancement en 2010 ; WorldRemit a connu une croissance fulgurante. Un succès qui fait d’elle aujourd’hui le leader mondial dans ce secteur de transfert d’argent en ligne.

Mais au début de l’aventure, Ismail Ahmed devait faire un choix douloureux et risqué. Le natif du Somaliland, doctorat en poche, avait été recruté sur un programme onusien qui ambitionnait d’assainir le secteur du transfert de fonds en Somalie. Seulement, à son arrivée dans ce programme, Ismail Ahmed découvre un vrai réseau de corruption touchant le sommet du programme. Celui qui a connu la guerre et qui doit ses études aux transferts que lui envoyait son frère refusera de troquer son honneur contre le silence coupable.

Ismail Ahmed, la révolte surprenante

Il aurait pu se taire pour sauver sa carrière prometteuse. Ismail Ahmed, arrivée au programme du PNUD pour la Somalie, devenait un lanceur d’alerte malgré lui. En effet, les opérations de transfert ont été interdites depuis la Somalie aux lendemains du 11 septembre 2001. Les Etats-Unis soupçonnaient le financement du terrorisme. Un programme est alors monté pour assainir le milieu.

Seulement, ce sera une aubaine pour des vautours de la finance. Ismail Ahmed découvre la triste réalité avec comme acteur central, le cabinet KPMG. Il lance l’alerte et se fera marcher dessus, impuissant. Il sera par la suite licencié, après des mutations. Premièrement, le dossier composé pour alerter le PNUD n’y arrivera jamais. Une fois au courant, il remonte le dossier et le renvoie. Réponse : le PNUD le licencie et ouvre une enquête contre lui ! Démarre alors son chemin de croix.

WorldRemit : la revanche d’Ismail Ahmed

Lorsqu’il lançait son alerte en 2006, les premières enquêtes diligentés depuis New-York ont été vite étouffés par le bureau central du programme. La suite, Ismail Ahmed est à la porte ; son salaire et ses droits retenus. Profitant de cette traversée de désert, le docteur en économie retourne en Angleterre pour un MBA. C’est de là qu’il pense monter sa société pour répliquer au mieux à ceux qui ont cru le détruite. « Mon patron m’a dit que si je devais présenter le dossier -ndlr : celui de la corruption-, je ne serais plus jamais en mesure de travailler sur les envois de fonds, et j’ai pris cette menace très au sérieux. J’ai perdu mon travail pour découvrir la fraude. » Ismail Ahmed n’a jamais oublié cette déclaration et l’a confié à tous les médias qui, à l’époque, lui ont tendu le micro.

C’est justement de la Presse qu’est venu son salut. Lorsqu’il a tenté toutes les possibilités en vain, Ismail Ahmed s’est confié à un reporter de Reuters. La bombe était lancée. Une sénatrice américaine demande une enquête. A la fin, Ismail Ahmed est blanchi et indemnisé !

200.000 livres sterling de récompense

Ce qui lui a coûté sa carrière lui rapportera finalement le pactole de 200 mille livre sterling. Un fond suffisant qui a permis à Ismail Ahmed de lancer sa société de transfert de fonds en ligne, WorldRemit. Moins de 10 ans après, WorldRemit est passé de 50 points d’envoi à 150. 150 pays où l’on peut envoyer et recevoir de l’argent en ligne par les services de la société anglaise fondée par Ismail Ahmed. En réalité, Ismail Ahmed ne pouvait qu’évoluer avec succès dans ce secteur.

Pour lui, c’est un retour à la source. Déjà enfant, il voyait des habitants du Somaliland vivre de ces fonds envoyés outre la mer rouge. Puis, devenu élève, c’est son frère qui lui enverrait de quoi survivre avec sa famille. Devenu étudiants en Angleterre, Ismail Ahmed à son tour devait envoyer de l’argent au pays. Une expérience qui l’amena à s’intéresser au secteur et qui justifiait d’ailleurs ses études en économie. Aujourd’hui, le contrôle de sa société sur le secteur des transferts en ligne est indéniable. D’ailleurs, la société vient de signer un partenariat avec la mythique équipe anglaise Arsenal pour étendre ses réseaux. Une histoire qui donne envie de croire en l’Afrique.

Le secret de la réussite d’Ismail Ahmed

La réussite d’Ismail Ahmed a une source. Après son doctorat, le natif du Somaliland a eu à l’idée de revenir dans son pays. Son objectif à l’époque : redonner à ce territoire abandonné et rejeté ce qu’il en avait reçu. Il voulait revenir chez lui et trouver une stratégie pour faciliter la vie à ses compatriotes. Car, à l’époque, il y avait des intermédiaires auprès desquels il fallait se rendre pour envoyer ou retirer le l’argent. Outre les longs trajets, les frais et commissions étaient un calvaire pour des populations déjà assommées par la pauvreté.

Alors, cette histoire qui passionne et qui séduit avait une source. Il s’agit du souci du bienêtre collectif. L’envie de faire profiter aux autres ses compétences. Ismail Ahmed aurait pu se contenter de la belle vie en Europe. Il aurait pu accepter couvrir la corruption au sein d’une institution internationale pour sauver ses propres intérêts et gagner sa vie. Mais, ce n’était pas son choix. Le bonheur collectif a guidé ses choix. Aujourd’hui, en voulant contribuer au bonheur des autres, il est devenu sans doute le plus heureux. Fierté du contient, mieux d’un territoire en quête de sa liberté, le Somaliland. Jamais la guerre et le désespoir n’ont pris le pas sur sa détermination ; encore moins la persécution. L’Afrique a besoin de dizaines de milliers d’Ismail Ahmed...

Ben Souleyman

(Source : This is Africa, 17 novembre 2017)

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