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Sénégal : Fautes de gestion chez le régulateur des télécoms, pas vraiment surprenant !

mercredi 16 septembre 2009

L’édition du jeudi 10 septembre 2009 de l’hebdomadaire LA GAZETTE a révélé l’existence d’un rapport de l’inspection générale d’État, rapport mettant à nu des pratiques qualifiées par ces auditeurs chevronnés de « détournements de deniers publics ». Le montant en question s’élève à 1,6 milliards de Fcfa correspondant à la part qui reviendrait à l’ARTP dans la somme dont s’est acquitté le troisième opérateur Sudatel pour sa licence d’exploitation.

Cette somme, correspondant à 2% du prix de la licence devant leur être versé par le trésor public, a été purement et simplement puiser dans les caisses de l’ARTP et s’en est suivi un partage entre le directeur général, les membres du conseil de régulation, l’ANOCI, agence géré par le fils du président, et le personnel et ceci sous forme de primes dites « exceptionnelles ». Les textes sont cependant très clairs concernant l’utilisation qui doit être faite de cette part allouée au régulateur lors de la vente d’une licence d’exploitation d’un réseau de télécommunication. Elle doit être versé dans les caisses de l’autorité de régulation et exclusivement destiné à son fonctionnement et à ses missions habituels. Suite à ces malversations, les auditeurs ont proposés (et ceci depuis Juin 2008) au chef de l’État, le renvoi du DG et des poursuites judiciaires contre les personnes ayant bénéficier de ces deniers publics, poursuites qui devront s’accompagner du remboursement des sommes indûment perçues.

Coïncidence ou pas, M. Daniel Goumalo SECK directeur général de l’ARTP a été remercié le jour même de la parution de l’hebdomadaire, et ceci sans motif apparent. Il a été remplacé par M. Ndongo DIAO, un cadre de la radio télévision nationale, économiste de formation, membre affirmé du parti au pouvoir. Lors de ces déclarations, le DG sortant a tenu à mettre en exergue l’ampleur du « travail » qu’il a accompli lors de ses quelques années à la tête du régulateur.

Connaissant bien M. SECK et le fonctionnement de l’ARTP, cette situation ne me surprend guère. Ce mode de gestion peu recommandé a débuté comme l’indique le rapport du temps de Malick GUEYE, DG de l’ARTP entre 2003 et 2005. Mais ces pratiques se sont amplifiées dés l’arrivée de M. SECK avec une explosion démographique coté personnel accompagnée des critères de recrutements obscures basés sur un clientélisme qui a mené à 116 agents en 2008 alors qu’en 2002 ils étaient 34. Ce manque d’objectivité dans le recrutement de son personnel a fait qu’on retrouve très rarement les bonnes personnes aux bonnes places à l’ARTP. Ceci s’accompagne par une masse salariale astronomique, les 116 agents se partagent la rondelette somme de 2, 053 milliards, ce qui donne un salaire mensuel moyen de 1, 4 millions de Fcfa. Au même moment leurs budgets formation et consultance ont grimpé au même rythme pour atteindre des sommes grotesques alors que plus une entreprise forme ses agents moins elle doit avoir besoin de recourir aux services d’un consultant. Mais il faut croire que l’ARTP est un cas à part !

80% du travail du régulateur est fait par des consultants européens et de rares sénégalais qui tournent autour de l’instance régulation comme une abeille tournerait autour d’une fleur, ils savent qu’ils ont peu de compétences et profites de ce déficit pour leurs faire faire tant de choses utiles comme mois mais à des tarifs exorbitants. D’après une source, il arrive souvent, que les consultants négocient avec les opérateurs en place, avec une présence quasi inerte des agents de l’ARTP, toujours tirés à quatre épingles. En fait c’est ce genre d’attitudes qui fait que les occidentaux mettront du temps à respecter l’africain. Bref...

Ce changement à la tête de l’agence de régulation peut il nous faire espérer un changement des pratiques, une mise à niveau du personnel ? Je ne le crois pas. Le nouveau directeur a un sulfureuse réputation et traînerait pas mal de casseroles de son passage à la radio télévision sénégalaise (RTS) et est réputé être un proche du pouvoir en place. Soyons sûr qu’il sera toujours au service de sa famille politique. Ce qui nous éloigne de plus en plus la notion d’indépendance que doit revêtir un régulateur qui envisage de jouer pleinement son rôle dans ce secteur des télécommunications.

Il est assez dommage pour le Sénégal d’avoir la malchance d’avoir une instance de régulation des télécommunication qui fait plus office de marionnette et de vache à lait que d’autre chose. C’est l’ARTP (et sa tutelle officieuse) qui nous a déniché Expresso (SUDATEL) qui au lieu de d’accroître la concurrence sur le marché des télécoms a au contraire renforcer les deux opérateurs existants. En effet, depuis le lancement d’Expresso, Orange et TIGO ont amélioré leur taux de recrutements de nouveaux abonnés au moment où Expresso n’arrive toujours pas à atteindre 200.000 clients avec son réseau CDMA 2000. Après Six mois d’activité, Expresso n’a pu avoir que 133.000 clients d’après l’observatoire de l’ARTP, moins que la nouvelle offre d’Orange (assimilée à un MVNO) Kiréne Mobile, offre qui ne date que de 3 mois. Juste pour dire que l’attribution de cette licence à SUDATEL est pour le moment un échec (pour l’ARTP et Cie) car ce nouvel opérateur n’a pas su faire baisser le tarif de détail des services de télécommunications. Comme quoi tout reste à faire dans la régulation des télécommunications au Sénégal.

Le modou-modou des télécoms.

(Source : L’Afrique des télécoms, 16 septembre 2009)

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