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Santé : la télémédecine gagne du terrain en Afrique

jeudi 12 janvier 2017

L’innovation est la principale réponse aux problèmes que vivent les africains. C’est également le cas du secteur de la santé qui profite du développement des TIC dans le continent. Une tendance qui a donné naissance, depuis quelques années, à un nouveau secteur qui a de beaux jours devant lui.

En matière de santé, l’Afrique n’arrive toujours pas à se donner les moyens de ses ambitions. Malgré les récentes améliorations dans les services sanitaires, la santé d’une grande proportion d’Africains ne s’améliore toujours pas. Si l’Afrique subsaharienne compte 11% de la population mondiale, elle porte 24% de la charge mondiale de morbidité. Pour équilibrer ce déficit, certains pays se sont appropriées les nouvelles technologies pour combler les carences dans le secteur de la santé, mais souvent, le nouveau remède ne prend toujours pas. Selon le rapport du cabinet de services de recherches et d’information basé en Inde, Ken Research, intitulé "Perspectives et opportunités en matière de télémédecine en Afrique", les gouvernements des pays africains ont joué un rôle de soutien dans la mise en œuvre des politiques de santé en ligne, mais ces efforts ne vont pas jusqu’au bout.

En attendant le business modèle idéal...

Au Kenya, en Afrique du sud, au Ghana comme en Nigéria, des politiques publiques, souvent soutenues par des ONG, ont initié plusieurs projets de la télémédecine. Une tendance qui a été encouragée par l’augmentation du niveau de pénétration des services mobiles et Internet, ainsi que par le nombre croissant de programmes de sensibilisation. Cependant, cela n’a guère contribué à donner une impulsion positive à la croissance du secteur. Parmi les raisons citées par le document : le manque d’infrastructures appropriées en matière de TIC, problème de rassemblement de données à travers plusieurs plateformes en raison du manque d’uniformité des données, de dossiers de santé incomplets du niveau le plus bas des établissements de santé, manque de personnel technique pour soutenir les initiatives de cyber-santé... sont autant de freins au développement de ce secteur.

Mais ce n’est pas uniquement une question de problèmes de gouvernance de la part des pouvoirs publics. Le public partage en effet la responsabilité avec les acteurs privés. Selon les analystes de Ken Research, les startups qui déploient ces solutions n’ont toujours pas trouvé le bon business model. Autrement dit, étant donné que les services de télémédecine sont offerts à un coût négligeable dans la plupart des pays, il est très difficile de monétiser la plate-forme jusqu’à ce qu’une entreprise offre une prestation de services de meilleure qualité. Le rapport recommande ainsi aux sociétés proposant des services de cybersanté ou de télémédecine de « proposer certains services premium pour gagner des revenus afin de pouvoir investir pour le développement de ses services ».

Certains pays en avance

Le tableau n’est pas totalement noir. Dans certains pays, grâce à une alliance des parties prenantes (gouvernement, société civile, secteur privé...), l’activité a de beaux jours devant elle. Au Kenya par exemple, l’entrée en jeu d’acteurs étrangers conjuguée aux efforts du gouvernement du pays, devrait doper la croissance de ce nouveau marché. Le gouvernement prévoit d’établir la cybersanté dans cinq hôpitaux du pays, ce qui améliorerait le système de santé du Kenya en augmentant la probabilité d’un diagnostic précis, en fournissant des informations et en rendant disponibles de nouvelles options de traitement.

En Afrique du sud, malgré un démarrage lent, la télémédecine représente un outil pour soutenir la prestation de soins de santé en particulier dans les régions rurales du pays. La loi ne permet pas une communication directe entre citoyens et médecins, mais la conversation entre les médecins opérant dans des hôpitaux ruraux avec un spécialiste aiderait également à un meilleur diagnostic. Mieux encore, la télémédecine a suscité l’intérêt parmi les universitaires, les chercheurs, les entreprises privées et les professionnels de la santé. Un intérêt qui ne pourra que se traduire avec de nouvelles innovation dans le secteur. D’ailleurs, la cybersanté « mobile », une innovation qui permet aux citoyens de disposer d’un diagnostic pour les infections mineures ainsi que des conseils en matière de santé à partir de leurs smartphones, rencontre un énorme succès dans le pays.

Mais reste des cas de pays comme le Nigeria ou l’Ouganda, où les projets de cybersanté mis en œuvre n’ont jamais dépassé le stade de projet pilote, à part quelques rares exceptions. Les raisons sont multiples. Parmi celles-ci leur manque de durabilité, le déficit de l’implication des parties prenantes, le faible financement ou encore l’absence d’un système commun pour intégrer plusieurs systèmes dans le pays.

Mehdi Lahdidi

(Source : La Tribune Afrique, 12 janvier 2017)

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