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Salon des télécommunications à Genève : La « charte de solidarité numérique » de Me Wade plébiscitée

lundi 20 octobre 2003

Si aux Etats-Unis le « electronic voting » désigne le comptage électronique des voix, en Suisse, ce terme « vote électronique » définit l’exercice des droits politiques par voie électronique, c’est-à-dire la participation à une élection ou une votation par Internet et la signature électronique d’initiatives et de référendums. Bill Gates, l’a dit récemment au Salon des télécommunications : « Le monde est devenu numérique ». De quoi se mobiliser, dès lors, pour réduire le gap numérique entre le Nord et le Sud. L’idée de « Charte de solidarité numérique », prônée par le président du Sénégal, et défendue devant la Communauté internationale, au mois de février dernier, a été testée par l’intermédiaire d’un vote électronique imaginaire, organisée par l’Etat de Genève. Un test pour le futur !

En effet, nous vivons une période charnière, comme a pu l’être la période séparant l’invention de l’imprimerie, en 1457, de la Renaissance. De la même manière que l’homme a passé de la fronde à l’outil pour tuer la bête. L’idée est venue de l’Etat de Genève qui a voulu démontrer la sûreté et l’irréversibilité du vote électronique dans le futur. Robert Hensler, Chancelier d’Etat, explique cela par le fait que d’abord, en Suisse, les populations sont appelées à voter au moins quatre fois par an. Avec cette inflation de votations, due au système de la démocratie directe : « C’est donc un moyen pour faciliter le mode d’expression des citoyens. A Genève, on a introduit le vote par correspondance, qui n’exclut pas le vote classique à l’urne. Le Canton romand, centre des technologies internationales, abritant le Centre européen de recherche nucléaire (CERN), où est né le World Wide Web, ne pouvait pas ne pas être pionnier du vote électronique », ajoute-t-il. Il fallait offrir à la population un mode supplémentaire d’expression par l’intermédiaire de l’internet. C’est ainsi qu’est né le projet l’« e-voting », ou vote électronique. C’est Genève, l’internationale, qui est porteuse du projet pilote pour le compte de la Confédération. Si le projet réussit, on passera à sa généralisation au niveau fédéral. Il y a eu déjà une première expérience lors d’un référendum communal au mois de janvier dernier à Asnières. 50% des gens ont fait confiance à Internet. Ceux qui sont âgés de plus de 55 ans ont adopté le plus ce nouveau système, déclare avec fierté le Chancelier Hensler. Personne n’a contesté les résultats, « la même majorité s’est dégagée sur les trois modes de scrutin », précise pour sa part, Michel Chevallier, secrétaire adjoint.

Au Salon des télécommunications, ouvert par le président Pascal Couchepin et le Roi Juan Carlos d’Espagne, les visiteurs ont eu à tester le vote par Internet. Un processus, simple et rapide, pourtant bien sécurisé. Les votants devaient dire « Oui » ou « Non » sur trois questions d’actualité internationale. L’une d’elle portait sur « Est ce que vous êtes favorables à la création d’un fonds pour la charte de solidarité numérique destinée à réduire le gap digital entre le Nord et le Sud ». Sur un premier vote, les 106 électeurs ont majoritairement dit « Oui » à l’idée du président Wade, contre 14 « Non » et 9 abstentions. Donc, si Mamadaou Diop Decroix, ministre de l’Information du Sénégal, dit avoir convaincu autour de l’idée présidentielle les responsables réunis récemment à Genève, il devra apprécier ce plébiscite des populations genevoises et internationales.

Ce système de vote électronique sera présenté au Sommet mondial de la société de l’information (SMSI) au mois de décembre prochain. On espère son adaptation à la voix, pour permettre le transfert de ce nouveau savoir faire technologique en Afrique. Si le système d’identification est fait par carte à puce à Genève, où l’électeur met son doigt sur le lecteur d’empreinte digitale, en Afrique, le système sera commandé par la voix. C’est un moyen de sécuriser le vote des analphabètes du Continent noir. La technologie sera commandée à partir de Genève avec les infrastructures mises en place par l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui travaille en partenariat avec Wisekey. Carlos Moreira co-président fondateur de Wisekey, bien connu du Trade - Point de Dakar, explique, en termes moins compliqués, le procédé : « Nous allons mettre des terminales sécurisées, qui empêchent une manipulation quelconque. En plus, il n’y aura pas d’interception des résultats ». Le cryptement à 128 bits en offre la garantie. En attendant, l’Afrique veut des infrastructures !

EL HADJI GORGUI WADE NDOYE

(Source : Le Soleil 20 octobre 2003)

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