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Protection des données personnelles : La Cdp sensibilise des responsables de la presse

vendredi 29 juin 2018

La Commission de protection des données personnelles mise sur les responsables des organes de presse pour vulgariser le cadre réglementaire régi par la loi 2008-12 du 25 janvier 2008.

Dans sa mission de vulgarisation du cadre sénégalais de protection des données personnelles, la Commission de protection des données personnelles (Cdp) met l’accent sur les porteurs de voix que constituent les journalistes, en particulier les responsables de haut niveau au sein des organes de presse. Dans cette dynamique, la Commission a organisé, lundi, une journée d’information à l’attention des rédacteurs en chef.

Le séminaire avait pour objectif de faire connaître la législation sénégalaise en matière de protection des données personnelles aux acteurs de la presse nationale, de vulgariser le cadre sénégalais de protection des données personnelles et de sensibiliser l’ensemble de la population sur les enjeux liés à la protection, au travers d’une collaboration étroite avec les porteurs de voix que sont les organes de presse. La Commission est partie de ce tableau : « Malgré la mise en place d’un arsenal législatif destiné à encadrer l’utilisation des données personnelles, le constat demeure que la plupart des citoyens sénégalais ne connaissent pas la Cdp, le rôle qu’elle joue dans la mise en place d’un écosystème numérique de confiance, ni même ses missions ».

Présidant la cérémonie d’ouverture de la rencontre-échange, le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, a estimé que « les médias constituent aujourd’hui un maillon essentiel dans le traitement des données personnelles ». Au regard de Abdoulaye Bibi Baldé, les données et la vie privée deviennent, au quotidien, au menu sur la table des journalistes. « L’actualité récente sur la divulgation de données personnelles et des procès intentés pour atteinte à la vie privée de citoyens sénégalais montre à suffisance que les médias sont devenus vulnérables », a estimé le ministre de la Communication.

Prenant la parole, la présidente de la Cdp a relevé qu’ « aujourd’hui, les technologies de l’information et de la communication permettent à la presse d’entrer dans une nouvelle dimension où l’explosion des supports et modalités d’information offre encore plus de flexibilité ». Pour Awa Ndiaye, cette démultiplication de la capacité de communication est une opportunité unique, pour tous, de s’informer, au-delà des contraintes spatio-temporelles. Dans un contexte de surmédiatisation avec le développement des réseaux sociaux, remarque la présidente de la Cdp, « il est difficile de faire la différence entre une information authentique, analysée, vérifiée et validée par un professionnel de la presse, et les « fake news ».

Aux yeux de Awa Ndiaye, « ces bouleversements du paysage communicationnel entraînent des risques nouveaux, ou amplifient les dérives traditionnelles ». D’où cette invite à plus d’équilibre entre la liberté d’expression et la préservation d’autres droits équivalents, à l’instar de la vie privée et des données personnelles.

Sur la même ligne, le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) a rappelé que l’organisation fait toujours un devoir d’exhorter les confrères au respect des règles qui régissent la profession conformément à la devise : « Liberté d’informer et responsabilité ». Ibrahima Khaliloulah Ndiaye est clair : « Nous ne pouvons pas exercer sans liberté, mais nous devons nous employer à user de de cette liberté avec toute la responsabilité requise ».

C’est pourquoi, il a jugé que « les rédactions doivent aller vers une charte de protection de la vie privée et des données personnelles ».

E.M. Faye

(Source : Le Soleil, 29 juin 2018)

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