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Procès des 20 milliards de la Sudatel : Latif magistral avec ses diapos

mercredi 15 septembre 2010

Après un premier renvoi, le procès tellement attendu opposant les journalistes Abdou Latif Coulibaly, Alioune Niane et Alioune Badara Coulibaly à Thierno Ousmane Sy, conseiller en Ntic du président de la République, a finalement eu lieu hier, en audience spéciale. Un procès fleuve, émaillé d’incidents de procédure et au cours duquel les avocats des deux parties se sont donnés en spectacle à plusieurs reprises, au point de faire perdre patience au juge Moussa Thiam, qui a suspendu l’audience à deux reprises.

C’est dans une salle archi-comble et où il était permis de s’asseoir n’importe où et même à terre, que s’est tenu le procès en diffamation opposant Thierno Ousmane Sy au journaliste Abdou Latif Coulibaly et à ses deux reporters. C’est à 10h15mn que l’affaire a été appelée en audience spéciale qui s’est tenue en la présence de plusieurs hommes politiques et de membres de la société civile.

La défense demande au tribunal d’annuler la citation Seulement, après lecture de la citation directe servie aux mis en cause, les avocats de la défense ont immédiatement soulevé une exception de nullité. C’est d’abord Me William Bourdon du barreau de Paris, venu en renfort aux six avocats de la défense, qui demande au tribunal de déclarer nulle la citation directe servie à ses clients. « M. le président, en matière de diffamation, le fait diffamatoire doit être cadré de façon précise dans la citation. Dans le cas d’espèce, on a une citation extrêmement bavarde et confuse », a clamé l’avocat français qui sera appuyé par Mes Ciré Clédor Ly, Mame Adama Guèye et les autres avocats de la défense. Tous pensent qu’en matière de diffamation, le juge ne peut pas suppléer les carences de la partie civile.

Mais la réplique des avocats de Thierno Ousmane Sy ne se fera pas attendre. Pour le moins très agité, Me El Hadji Diouf, qui n’a pas du tout été tendre avec Me Bourdon qu’il qualifie « d’avocat qui surgit du néant », n’a pas manqué de lancer à la partie adverse que l’exception soulevée n’avait aucun fondement juridique. « Ces gens-là ont peur du procès. Ils soulèvent des exceptions bidons pour annuler le procès. On a visé des passages uniformes qui effectivement diffament notre client », s’est défendu Me Diouf qui, pour avoir lancé des vertes et des pas mûres à un avocat de la défense, a causé un incident d’audience, sanctionné par une suspension de quelques minutes.

À la reprise de l’audience, le président Moussa Thiam comme le procureur de la République a appelé les uns et les autres à la sérénité, mais en vain. Puisque cette affaire, qui suscite beaucoup de passion et qui à un certain moment s’est déroulée dans un grand désordre, a été suspendue une seconde fois. Le tribunal ayant joint les exceptions au fond, l’audience pouvait donc commencer.

Latif défend ses accusations avec projection à l’appui De fait, ce procès en diffamation qui oppose Thierno Ousmane Sy, fils du ministre de la Justice et conseiller du président Wade, aux journalistes du magazine « La Gazette », Abdou Latif Coulibaly, Alioune Badara Coulibaly et Alioune Niane, auteurs des articles incriminés, restera certainement dans les annales. Pour cause, c’est la première fois qu’une preuve électronique, faite sur la base de projection, a été acceptée en faveur d’un prévenu, pour une offre de preuves. D’aucuns diront certainement que l’enjeu était de taille. Me El Hadji Diouf, qui a assimilé cette projection à « du cirque », n’a pas lui manqué de s’écrier : « Depuis que j’ai prêté serment, je n’ai jamais vu un prévenu aussi à l’aise, exposant pendant des heures, comme un professeur qui donne un cours magistral à ses étudiants ».

Soutenant que Abdou Latif Coulibaly a été vraiment gâté par le tribunal, le tonitruant avocat est sorti de ses gonds lorsque, à un certain moment des interrogatoires, le juge l’a rappelé à l’ordre. « Ñakuma fayda ba ñu may yémalé. Le prévenu est plus bavard que les avocats et on l’a laissé nous lire des plaidoiries d’avocats », s’est-il exclamé, soulevant ainsi l’ire de toute la salle.

Lors de son exposé qui a quasiment retracé toute l’enquête ayant mené à cette affaire des 20 milliards de commissions dans l’attribution de la licence de la société de téléphonie Sudatel, le journaliste, qui soutient avoir la conviction de ses écrits, a révélé qu’il « dispose même d’autres documents écrits où le président de la République a décidé du sort de la licence, avant même son attribution ».

Revenant sur les propos jugés diffamatoires par le conseiller en Ntic du président de la République, Abdou Latif Coulibaly a expliqué au cours de son exposé qu’il a vérifié et contre-vérifier l’existence de cette commission de 20 milliards avec les responsables de Sudatel. Ceux-là même qui ont mené les négociations. Répondant à une question du juge qui lui a demandé si, avec le recul, il ne pense pas qu’il devait faire preuve de prudence, le journaliste a rétorqué que l’existence de ce deal lui a été confirmée à l ’Artp. Il a aussitôt lancé au juge : « La prudence justement m’a amené à ne citer que les gens dont j’ai vu les noms impliqués dans cette affaire ».

Tenant encore à préciser que la licence de Sudatel a été vendue à 100 milliards de francs Cfa, dont les 20 milliards ont servi de commission, le journaliste écrivain a soutenu : « J’ai trouvé des anomalies inacceptables et que je sois le seul à le dénoncer, je le revendique ».

Le fantôme de Kéba Keinde a plané sur l’audience

Dans le dossier publié par le journal « La Gazette » d’Abdou Latif Coulibaly, Thierno Ousmane Sy et Kéba Keinde, un financier sénégalais établi à Dubaï, avaient été cités comme étant impliqués dans cette affaire de commissions occultes. « 15 milliards ont été versés dans le compte de Keinde, tandis que les 5 autres milliards ont été versés dans le compte d’autres personnes », selon le journaliste, qui a souligné que Keinde est officiellement le conseiller financier de Celtel et qu’il est coutumier des fait

Post-Scriptum

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Moustapha Niasse, Secrétaire général de l’Alliance des forces du progrès (Afp)

« Abdou Latif Coulibaly est une référence dans ce pays » « Abdou Latif Coulibaly est une référence dans ce pays, du fait du combat qu’il mène avec son équipe au niveau de ‘La Gazette’. Ma présence ici dépasse le procès. Il s’agit de confirmer mon choix qui est celui de tous les leaders politiques pour que le Sénégal retrouve le plus rapidement possible les valeurs qu’il est en train de perdre en matière de bonne gouvernance démocratique. Je viens soutenir Latif Coulibaly au-delà du procès d’aujourd’hui (hier : Ndlr). Et poursuivre le combat auquel je prends part pour que le Sénégal retrouve la paix, la liberté sans laquelle il n’avancera pas dans le domaine du développement ».

Jean Paul Dias, Secrétaire général du Bloc des Centristes Gaïndé (Bcg) « On ne peut pas débroussailler un appel d’Offres pour ensuite venir le lancer » « J’ai été conseiller à la Présidence du temps de Senghor mais je ne croyais pas que les conseillers faisaient ce genre de travail. On ne peut pas débroussailler un appel d’Offres pour ensuite venir le lancer après qu’on a trouvé un minimum. Vraiment, ça me perturbe un peu. J’ai un sentiment, sans qu’on accuse tel ou tel. C’est clair que, avoir vendu une licence à 200 millions de dollars, c’était pour récupérer 100 milliards de francs. Et qu’il y ait des pertes d’échange, techniquement démontrées que ce sont des pertes de change normal, personnellement, je n’aurais pas perdu 11 milliards sur 100 milliards de francs. Je trouve anormal que quelqu’un écrive à un conseiller du président en lui disant : veuillez intervenir pour qu’on me paye des commissions pour le travail que j’ai fait pour Sudatel. Ça me paraît anormal ».

Abdoulaye Bathily, Secrétaire général de la Ligue démocratique (Ld) « On ne comprend pas qu’un conseiller du président pilote cette affaire en lieu et place de l’Artp »

Aujourd’hui, il a été très clair que cette affaire Sudatel a été, de bout en bout, montée de manière frauduleuse. Un procès est en train de se dérouler actuellement à Dubaï, c’est une autre illustration du caractère frauduleux de cette licence. L’image de notre pays est ternie dans cette affaire. Le procès a montré très clairement que l’attribution de la licence Sudatel a été faite de manière illégale, non transparente. Dans la mesure où on ne comprend pas qu’un conseiller du président de la République, comme il l’a dit lui-même, pilote de bout en bout cette affaire en lieu et place de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp). Et ce qui est encore plus grave, c’est que jusqu’à présent, on voit très clairement qu’il y a des gens qui ont touché de l’argent, parce qu’entre 200 millions de dollars qui sont annoncés et les sommes que le Trésor a encaissées, il y a un gap que l’on n’explique nullement. Il faut qu’on nous dise où est passé cet argent. La lumière sera faite et dans le cadre d’un audit systématique de la gestion de Wade. Je l’ai dit depuis longtemps, notre justice marche sur la tête même si nous avons çà et là de bons juges. Elle est au service de l’Exécutif. Il n’y a pas de justice indépendante dans notre pays. L’affaire Sudatel est un scandale parmi d’autres. Tant qu’ils sont au pouvoir, jamais on ne pourra faire la lumière sur cette affaire ».

Me El Hadji Diouf, Avocat de Thierno Ousmane Sy « Cette fois-ci, Latif s’est trompé » « Abdou Latif Coulibaly n’est pas en mesure de rapporter la moindre preuve sur la responsabilité de Thierno Ousmane Sy par rapport à ce qu’il appelle le scandale des commissions dans l’affaire Sudatel. Je l’ai toujours dit, il n’apportera aucune preuve parce qu’il a tout inventé. Il est incapable de prouver une quelconque part de responsabilité de Thierno Ousmane Sy dans des commissions qui n’existent pas. Comment peut-on être au c ?ur d’un scandale qui n’existe pas ? Je l’ai toujours dit, il n’a qu’à présenter ses excuses à Thierno Ousmane Sy. C’est un grand journaliste d’investigation pour qui j’ai beaucoup d’estime, mais pour cette fois-ci, Latif s’est trompé. L’erreur est humaine et Latif n’est pas Dieu, il peut se tromper ».

Bara Tall Mouvement « Yamale » "J’ai vécu le procès passionnément, on serait resté jusqu’à demain s’il y avait encore des choses à dire" Je laisserai au tribunal le soin de se prononcer et je respecterai la décision du tribunal. J’ai vécu le procès passionnément ; on n’a pas senti passer le temps et on serait resté jusqu’à demain s’il y avait encore des choses à dire. Mais je pense que tout a été dit. Maintenant, attendons le verdict. Pour ce qui est de la pétition, je vous dis qu’une pétition qui est commencée doit aller jusqu’au bout ; c’est le moindre respect que je dois aux Sénégalais.

Thierno Ousmane Sy « Je suis là parce que je sais qu’ils n’auront jamais la preuve, parce qu’il n’y a jamais eu de commissions » Abdoulatif Coulibaly et ses avocats, à chaque fois qu’ils parlent, ne disent jamais que Ousmane Sy a volé de l’argent ou a pris des commissions. Ce qui m’a étonné car jusqu’hier, ils me disaient qu’ils allaient apporter les preuves. Je suis là parce que je sais qu’ils n’auront jamais la preuve, parce qu’il n’y a jamais eu de commissions. Ils devraient fournir des preuves, montrer que j’ai touché des commissions, montrer qu’il y a eu corruption. Ils en auraient été incapables. Et donc la stratégie, c’était de renvoyer le bébé vers Ousmane Sy et ses avocats en demandant des productions de documents. Ben, c’est une tactique bien connue dans le milieu.

Abdoulatif Coulibaly « Ce que j’ai déclaré, ce que j’ai écrit, je l’ai entièrement maintenu » Je suis toujours optimiste. C’est facile d’organiser des fuites en avant en disant : moi, on m’a fait des copies, non je n’étais pas concerné ; ce ne sont pas des réponses, vous l’avez même constaté, les mensonges, les dénégations. Moi, je n’ai jamais menti. Je m’en suis tenu toujours à la même ligne de défense. Ce que j’ai déclaré, ce que j’ai écrit, je l’ai entièrement maintenu. C’est lui qui vient avec des mensonges.

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