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Pour aider à souder la fracture numérique : Enda cyberpop se met au service du plus grand nombre

mercredi 20 juillet 2005

En se retrouvant pendant deux jours (18 et 19 juillet 2005) autour de "L’économie numérique, l’économie solidaire, quels enjeux pour une information citoyenne ?", thème principal d’actualité débattu à Enda écopole sous l’égide de Enda Cyberpop et le Forum Social des Acteurs Populaires du Sénégal, les mouvements sociaux sont dans la dynamique non pas de s’intégrer mais d’intégrer l’information et la démocratisation de son accès dans la société.

C’est plus que d’actualité, à quelques mois du deuxième sommet mondial sur la société de l’information, et à l’heure où fracture numérique et fonds de solidarité numérique se connectent. Dans un contexte où se développe partout un discours sur la puissance des outils de l’information et de la communication, et leurs capacités à créer des richesses immatérielles dont la source est le plus souvent d’origine commerciale, ils sont une centaine d’acteurs de différents réseaux de l’économie populaire de presque toutes les régions du Sénégal à avoir pris part, les 18 et 19 juillet derniers, au dialogue initié par Enda cyberpop, à Enda ecopole. Ils ont ainsi manifesté leur intérêt non pas de s’intégrer, mais d’intégrer l’information et la démocratisation de son accès dans la société. Derrière les discours apparents en surface "généreux", de réduction de la fracture numérique, qui semblent revitaliser les anciennes utopies humanistes à travers le retour de l’accès universel aux savoirs, les femmes, les hommes, les jeunes et moins jeunes, sont convaincus qu’il ne s’agit plus de lutter contre la fracture numérique, mais de "construire des passerelles entre les secteurs de la société où les plus démunis ne soient pas les éternels exclus, ou ce qu’on appelle les infos pauvres : construire des passerelles pour qu’il n’y ait plus de fractures sociales et économiques, dont la fracture numérique, ne serait qu’une conséquence du développement inégal".

Aussi, dans cette dynamique, les groupements sociaux n’ont pas attendu les pouvoirs publics pour s’activer dans ce processus d’intégration de l’information. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le Système d’information urbain est devenu Système d’information populaire (Sip) pour mieux prendre en compte la dimension sociale des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic). Ainsi que l’a rappelé Mamadou Gaye, responsable du Sip à Yoff, "le Sip, initié au Sénégal en 1997 avec l’appui de partenaires suisses, a fait du chemin et trouve de plus en plus un écho favorable auprès des différents groupements sociaux", dit-il. Sa mission, appuyer le processus de décentralisation au Sénégal par la mise en place de bases de données pour la planification communale et un flux d’informations entre les autorités locales et leurs services techniques, les populations et leurs associations.

Cybercafés ? Cyberataya

Le projet Sip, explique monsieur Gaye, comporte une partie laboratoire où sont conçus les sites web, une autre partie base de données et une autre qui constitue un centre de formation. C’est ainsi que le projet, sur la base d’une approche de sensibilisation et de formation préalables des acteurs locaux, s’est étendu aux différentes localités du pays dont la commune de Oussouye, celle de Médina Gounass, Gandiaye, etc, où des points d’accès sont implantés et dont l’originalité réside d’abord, pour faire local, dans le nom de Cyberataya. "Des outils qui, au préalable, nécessitent une sensibilisation sans laquelle, toute initiative allant dans ce sens est vouée à l’échec", confirme M. Gaye qui ajoute qu’avec le système, "le passage de l’oralité à l’écrit est assuré."

Dans ce cadre, ce sont tout de même les contenus qui apparaissent fondamentaux parce que tirés de la localité et servant à véhiculer, valoriser et vulgariser les différentes activités de la localité.

Cette présentation du Sip a suscité beaucoup d’intérêts de la part des différents représentants et représentantes de groupements sociaux tels que l’Union nationale des femmes coopératrices du Sénégal (Unfcs) qui couvre les 10 régions du Sénégal et regroupe quelque 16 000 membres, et dont le partenaire Enda cyberpop est appuyé dans la dynamique de numérisation par Enda pronat, une autre composante de Enda tiers monde et dont la coordonnatrice, Madame Fatou Sow Ndiaye, œuvre pour vulgariser à travers internet, le travail des femmes en milieu rural. Pour elle, bien que des blocages subsistent par endroit notamment l’alphabétisation, ’les femmes doivent tout de même marcher avec le monde moderne.’

Face aux enjeux, d’autres contraintes ont cependant été soulevées par les acteurs comme la nécessité, pour rendre l’information plus accessible aux populations notamment en milieu rural, de créer des contenus en langues nationales. C’est en tout cas un des rêves de Madame Rabia Abdelkrim-Chikh, Coordinatrice du Programme Enda Cyberpop, de ’faire en sorte qu’au niveau rural, chez les producteurs et productrices agricoles, les gens puissent accéder massivement à ces outils du monde moderne’, assure-t-elle. Le mot-clé pour elle, c’est ’interagir en synergie avec tous les acteurs au service du plus grand nombre.’ Ce qui était, au départ, la vocation d’internet était de s’imposer comme une pratique populaire et comme un média de masse : toucher le plus grand nombre, le plus rapidement possible, en tous lieux possibles ; c’est là que se situe véritablement la révolution internet qui a été de bouleverser les notions traditionnelles de distance et de temps qui s’attachaient aux médias traditionnels.

Malick NDAW

(Source : Sud Quotidien, 20 juillet 2005)

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Le SIP est un projet de création et de renforcement de capacité pour lutter contre la pauvreté, afin de permettre au Sénégal d’accéder à un développement durable. Il permet à la commune ou communauté rurale de mieux se faire connaître à travers le monde via Internet. Ceci pourrait renforcer la coopération décentralisée. Ainsi de 1997 à 2002, il a été créé 20 SIP disséminés dans le pays et plus de 500 jeunes issus des organisations communautaires de base (OCB) des communes et communautés rurales ont été formés. En fait, il s’agit de créer dans chaque collectivité locale du Sénégal, des capacités en gestion de Système d’Information et d’Aide à la prise de Décision ainsi qu’en programmation de pages Web.

Les données des SIP servent en même temps aux besoins des élus locaux, qu’à ceux des populations de base et de leurs partenaires partout dans le monde. Ces pages sont réalisées par l’équipe SIP, composée des formateurs de l’ONG Centre de Ressources pour l’émergence sociale participative (Cresp), des formateurs, webmasters des associations de base ainsi que ceux des collectivités locales. La méthodologie dite « CASCADE » utilisée depuis le début du projet permet une expansion exponentielle du SIP.

Malick Ndaw

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