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Plusieurs milliards filent entre les doigts de l’Etat : Nébuleuse autour de la commercialisation de 351 chaînes de beIN au Sénégal

jeudi 14 juillet 2016

351 chaînes de beIN sont frauduleusement suivies au Sénégal. Alors que la chaîne n’a signé aucune convention ou concession avec l’Etat. Et le préjudice subi est estimé à plusieurs milliards FCfa. Un constat d’huissier fait par le cabinet d’étude de Me Adama Dia, a été transmis aux autorités en charge de l’audiovisuel pour prouver la commercialisation de décodeurs beIN.

beIN Group Media ne devrait-elle pas saisir le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) pour s’interroger sur la vente de ses décodeurs au Sénégal ? Si l’on sait qu’elle n’a signé aucune convention avec le pays. Alors qu’elle s’acharnait récemment sur le Groupe Excaf pour l’arrêt de la diffusion de ses programmes par le groupe sénégalais qui pourtant, reprenait le signal avec l’autorisation de Al Jazeera (Qatar). Un privilège que le groupe Excaf a perdu, depuis l’ouverture d’une filiale du groupe Qatari à Paris.

Pour suivre tranquillement les 351 chaînes de beIN, un abonné casque 350 000 FCfa, pour l’achat de son décodeur et chaque mois, il paie son abonnement auprès des revendeurs. « beIN n’a pas signé de convention avec le Sénégal et n’a cédé aucun de ses droits à des revendeurs au Sénégal. Ceux qui commercialisent les décodeurs à Dakar sont des fraudeurs », confient des sources établies à Canal+. A la question de savoir comment les revendeurs réussissent à activer la puce, « avec les nouvelles technologies, les gens sont outillés pour activer certaines puces », précise-t-on. Des arguments battus en brèche par des professionnels de l’audiovisuel. « L’activation du bouquet de chaînes Tv se fait par la fourniture par téléphone des numéros de la carte et du décodeur au service client ou distributeur », expliquent nos sources. Mieux, poursuivent nos interlocuteurs, « les systèmes de cryptage des opérateurs de bouquet de chaînes Tv sont équipés d’un procédé de reconnaissance digitale (Finger Print) qui leur permet de déterminer la zone géographique à partir de laquelle l’activation de la carte est sollicitée ». Ce qui leur fait dire que l’opérateur à la possibilité de géo-bloquer ses abonnés. Dans cette même logique, nos sources s’interrogent sur le propriétaire des fonds générés par les abonnements de beIN au Sénégal. « Le Sénégalais qui a un décodeur beIN paie au revendeur de Sandaga ou ailleurs, un abonnement mensuel ou annuel. Et le commerçant communique le numéro de la carte de l’abonné et son pays à l’opérateur qui active à nouveau la carte ».

Les milliards perdus par l’Etat

« L’Etat perd des milliards de francs Cfa avec la fraude effectuée sur les décodeurs de beIN. Car, le groupe ne paie pas de redevances annuelles, ni celles de fréquences encore moins d’impôts. Alors que toutes les chaînes qui sont là versent des centaines de millions de francs Cfa dans les caisses de l’Etat », confient des sources de l’audiovisuel. Et de poursuivre : « Des constats d’huissier du cabinet d’étude de Me Adama Dia ont été faits sur la vente des décodeurs au marché Sandaga et les autorités en charge de l’audiovisuel ont été saisies, avec des pièces à conviction. » En fait, renseignent les mêmes interlocuteurs, « l’exercice de l’activité de distribution de services de communications audiovisuelles au Sénégal est un droit attribué par décret portant approbation d’une convention de concession de service public audiovisuel et d’un cahier des charges ». En clair, la convention de concession fixe l’objet et la durée de l’autorisation, les conditions et les procédures de son renouvellement, de la modification de ses termes et de sa fin, ainsi que les dispositions relatives au règlement des litiges. Le cahier des charges fixe les conditions d’établissement et d’exploitation du réseau et de fourniture de services de communications audiovisuelles ainsi que les engagements du titulaire de l’autorisation. « Le cahier des charges prévoit également les redevances et contributions (redevances annuelles, en contrepartie de la concession et redevances de fréquences) auxquelles est assujetti le titulaire de l’autorisation, sans préjudice des droits des opérateurs légalement établis. Il faut noter que l’arrosage du signal de beIN Média Group et beIN Sports France sur le territoire national sans « droit d’atterrissage » et l’activation des cartes de cryptage couplées à leurs décodeurs traduisent une volonté de beIN de commercialiser son offre de bouquet de chaînes TV au Sénégal », expliquent des sources de l’audiovisuel.

Mamadou Seck

(Source : L’Observateur, 14 juillet 2016)

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