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Plates-formes et revues électroniques : L’Internet au secours de l’éducation

vendredi 25 juillet 2003

Si l’on se réfère au site internet de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), il y a certainement de quoi s’inquiéter dans le domaine de l’utilisation des Nouvelles technologies par certains de nos établissements éducatifs. Ce site n’a pratiquement pas évolué depuis de nombreuses années, peut-être depuis sa création. Sa pauvreté, aussi bien en informations que sur le plan esthétique, étonne encore (et détonne) dans un environnement qui pourtant ne manque pas de ressources en informatique (on pense ici à l’Ecole supérieure polytechnique) aptes à changer sa « face » et à lui permettre de répondre aux normes de ce que devrait être le site d’une université comme celle de Dakar, à vocation africaine et internationale. A vrai dire, le site www.ucad.sn mériterait amplement d’être refait avec des ambitions à la hausse.

En attendant, pourtant, quelques éducateurs sénégalais s’approprient petit à petit les Nouvelles technologies. Même si, globalement pour l’Université, les choses n’avancent pas forcément à la vitesse de la lumière, ces éducateurs essaient de « faire quelque chose » pour améliorer l’environnement éducatif sénégalais en utilisant les possibilités des Nouvelles technologies. Parmi eux, il convient de citer deux ou trois initiatives portées respectivement par Abdourahmane Mbengue, Bachir Wade et l’équipe Modou Ndiaye-Papa Alioune Ndao. Des initiatives qui, sans être révolutionnaires, certes, méritent notre attention pour leur contribution à une meilleure implémentation des NTIC dans l’espace éducatif.

1. Enseignement secondaire : expériences scientifiques en ligne

Abdourahmane Mbengue est un inspecteur d’enseignement secondaire en sciences de la vie et de la terre. Il y a un peu plus d’un an, il s’est inscrit dans un programme de TICE (technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement), disponible via le Campus numérique francophone. D’une durée d’un an, ce programme aboutit au diplôme de troisième cycle en utilisation des TIC dans l’éducation et la formation (DESS UTICEF), dont les cours sont donnés en ligne. Délivré par l’université française Louis Pasteur, le DESS UTICEF est une formation élaborée conjointement par des universités du Nord et du Sud. Au Sénégal, l’Ecole supérieure polytechnique a participé à la création de son contenu pédagogique.

C’est flanqué de ce diplôme que M. Mbengue a entrepris de mettre en œuvre une plate-forme en ligne à l’usage des professeurs des sciences de la vie et de la terre. Ainsi naquit son site de formation aux pratiques expérimentales dans les sciences de la vie et de la terre. Une telle plate-forme a été créée, a-t-il expliqué au cours d’une présentation lors conseil national d’orientation du Campus numérique francophone de Dakar, le 10 juillet dernier, pour venir en aide aux vacataires, aux contractuels et aux professeurs débutants. On sait que ces catégories d’enseignants - notamment les contractuels et les vacataires -, qui ont tendance à être de plus en plus nombreux (du fait de la « modicité » de leur coût pour l’Etat), ne charrient ni expérience ni formation suffisante susceptibles de leur donner l’efficacité nécessaire dans la transmission du savoir, pour laquelle ils sont pourtant commis. Après leur recrutement, ils sont formés pour ainsi dire à la va-vite (quatre semaines) parce qu’il leur faut tout de suite entrer dans la « production ». C’est conscient de ces lacunes que M. Mbengue a conçu sa plate-forme éducative (http://www.refer.sn/experimentations/svt).

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, c’est souvent lorsque l’on ne dispose pas de beaucoup de moyens que le web devient intéressant. Dans une classe de sciences de la vie et de la terre, l’expérimentation est, pour paraphraser Léopold S. Senghor, « au début et à la fin » des enseignements. Mais beaucoup d’établissements du secondaire éprouvent des difficultés pour satisfaire à cette norme pourtant essentielle pour la bonne compréhension des élèves. La cherté du matériel de laboratoire, constante qui pèse sur les budgets de l’Education nationale, les coûts de leur maintenance font que la plupart des établissements sont mal, peu ou pas équipés.

Le web et les NTIC volent donc au secours de ces insuffisances. M. Mbengue, dont la plate-forme va évoluer, a créé pour le moment six modules de formation : Organisation de la cellule, échanges cellulaires, division cellulaire, digestion, respiration, fermentation. Chacun indique à l’enseignant comment réaliser les expérimentations essentielles au programme des classes des sciences de la vie et de la terre. Les expériences retenues sont relativement simples et peuvent s’exécuter sans équipement sophistiqué. Si la plate-forme est avant tout dédiée aux professeurs, rien n’empêche les élèves de l’utiliser comme outil de révision et complément de cours. Ils y trouveront notamment des tests, avec des questions à choix multiples qui permettent de s’auto-évaluer. Pour les professeurs, une formation complémentaire est possible à travers un espace accessible par identification et mot de passe. Un espace qui offre l’opportunité d’échanger avec un « tuteur » ou d’autres apprenants (email), de tchatcher, de discuter sur un forum ou travailler sur des ressources documentaires.

Malheureusement, les exemples d’expériences présentées dans cette plate-forme restent encore trop statiques (juste des images fixes) alors qu’aujourd’hui l’Internet permet d’aller beaucoup plus loin dans l’interactivité et l’animation. Une future version devrait cependant régler la question, selon l’auteur de la formation. M. Mbengue a aussi développé une plate-forme de formation pour les inspecteurs d’enseignement en sciences de la vie et de la terre.

2. Université : des revues scientifique sur le web

La publication d’articles est une nécessité pour les universitaires, les facultés et autres départements et instituts d’université. Les grandes universités se font un point d’honneur d’éditer des revues qui accueillent les articles des membres de leurs corps enseignant et de rédacteurs d’autres établissements supérieurs. Tout le monde sait cependant que publier une revue de haut niveau coûte cher. Entre les frais de composition, de correction, de mise en page, d’impression et de distribution, ce sont des dizaines de millions qui « disparaissent » dans des publications presque toujours déficitaires. C’est l’une des raisons - pas nécessairement la seule - pour lesquelles les revues publiées par l’Université Cheikh Anta Diop, lorsqu’elles existent, ne brillent pas particulièrement par leur régularité.

D’où l’idée de certains de remplacer l’édition traditionnelle par l’édition en ligne. La chose présente, assurément, des avantages. D’abord la mise en œuvre d’une revue électronique est bien moins coûteuse et bien plus rapide que celle d’une revue imprimée. Secundo, les problèmes d’espace sont plus gérables. Si, pour la revue imprimée, on limitera facilement le nombre de pages pour des raisons financières, sur le web, avoir un contenu équivalent à cent ou trois cent pages imprimées ne crée pas vraiment de surcoûts significatifs. Un autre avantage du web, c’est la possibilité qu’il offre de consulter immédiatement les éditions antérieures et de faire des recherches rapides. Enfin, une revue électronique ignore les pesanteurs de la distribution, car elle ne nécessite, pour l’envoi (ou l’accessibilité) de ses numéros, ni enveloppe d’expédition, ni timbres, ni délais postaux.

A la faculté des lettres et sciences humaines de l’UCAD, l’équipe qui publie « Sud Langues » (http://www.refer.sn/sudlangues)l’a compris. MM. Modou Ndiaye et Papa Alioune Ndao, enseignants dans cette faculté, en présentant leur revue à la réunion du conseil national d’orientation du campus numérique de Dakar, on estimé que le concept de revue électronique constitue « un passage obligé de la distribution du savoir ». Et pour ceux qui pourraient s’inquiéter de la qualité des articles, ils ont expliqué que les mêmes précautions prises pour produire les revues imprimées sont prises pour produire les revues électroniques, avec notamment, à la base, un comité de rédaction et un comité scientifique chargés de garantir la qualité des contributions.

Autre revue universitaire, la « Revue africaine de gestion » de Bachir Wade (http://www.rag.sn/), éditée par le Centre de recherches économiques appliquées (CREA) de la faculté des sciences économiques et de gestion de l’UCAD, a pris le relais de l’édition papier de la revue du même nom, irrégulière, et dont le contenu éditorial était limité, compte tenu de ses coûts de fabrication.

Ces projets éducatifs demeurent des exemples pratiques d’application des Nouvelles technologies dans le secteur de l’éducation. Des expériences qui mériteraient d’être soutenues et étendues progressivement à tout le secteur universitaire qui a besoin du web pour rendre la documentation plus accessible à la communauté universitaire.

Cheikh Alioune JAW

(Source : "Nouvel Horizon", N° 383 du 25 juillet 2003)

Post-Scriptum

Voir aussi :

- Académie Cisco, incubateurs d’entreprises... Tout n’a pas fonctionné comme prévu
- Sur le Web, un laboratoire des sciences de la vie et de la terre
- Une nouvelle manière de publier des revues scientifiques électroniques
- Les multiples visages du Campus numérique francophone

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