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Perturbations sur l’Internet et la téléphonie : Les usagers dans tous leurs états

vendredi 6 août 2010

La journée nationale d’action décrétée par les syndicalistes de la Sonatel a été durement ressentie hier par les usagers de la téléphonie et de l’Internet en particulier. Impossible d’envoyer ou de recevoir des emails hier au Sénégal, encore moins d’effectuer d’autres opérations via la toile. La connexion sur le net était bloquée. Pendant que les usagers s’indignent, en ordre de bataille contre le contrôle des appels entrants par Global Voice, les travailleurs de Sonatel n’écartent pas d’aller en grève pour sauvegarder le patrimoine qu’ils estiment menacé.

Au cœur de la Médina, à la Rue 6X11, deux jeunes sont assis devant un cybercafé. A l’intérieur de la salle, c’est le calme plat. Les machines affichent écran noir. Le visiteur non averti pense peut-être que ce sont encore les délestages. Mais un regard à gauche du bâtiment indique le contraire. L’approvisionnement en électricité n’est pas perturbé. Le jus est présent dans les autres bâtiments. Le gérant du Cybercafé, un jeune de teint clair fait la remarque sur un ton amer. Le visage barré par de grandes lunettes noires, il lance : « c’est vraiment désolant. Depuis 9 heures, nous n’avons pas de connexion. Nous ne savons quoi faire. Nous poireautons depuis ce matin ». L’air également désolé, le second gérant poursuit : « Nous avons tenté d’en savoir plus, mais la Sonatel ne daigne même pas répondre à nos appels. Ce n’est pas respectueux de sa part ». Ce centre de connexion sur le web est bien fréquenté en période normale. Les gérants gagnent environ 20 000 Fcfa par jour. Aujourd’hui, mercredi 05 août, les recettes journalières ont considérablement baissé. « On n’a même pas encaissé 3 000Fcfa. La connexion est partie très tôt », déplore Sadibou Sy, le visage renfrogné. Notre interlocuteur constate avec amertume les va-et-vient des clients. « Les gens viennent et repartent sans se connecter. Certains ont peut-être des dossiers très importants à gérer. La Sonatel devait au moins avertir les gens afin qu’ils puissent prendre des dispositions », dénonce-t-il.

Sadibou a vu juste. Devant la porte du cyber situé sur la Rue 6 X 22, en face d’une institution de Microfinance, un jeune de grande corpulence, tout en sueur, vêtu d’un tee-shirt vert vient aux nouvelles. Comme s’il l’attendait, le gérant lui lance : « on n’a encore rien. Jusqu’à présent la connexion n’est pas venue ». Le regard hagard, le jeune homme tourne la tête de gauche à droite. « Je dois voyager. Mes partenaires m’avaient envoyé le billet par Internet, mais puisqu’il n’y a pas de connexion, je ne parviens même pas à le récupérer », se désole-t-il. Malgré la perturbation, le jeune homme n’a pas abdiqué. « J’ai tenté d’appeler pour qu’on me faxe le billet, mais les appels internationaux sont bloqués. C’est vraiment grave. Je risque de rater mon vol », confie-t-il. Une ultime solution s’offre à notre interlocuteur. « J’irai à l’aéroport. Comme les compagnies sont interconnectées, mon nom doit certainement être dans leur système. Peut-être, les responsables de ma compagnie accepteront de me laisser voyager », espère-t-il. Il n’est pas le seul obligé de trouver des stratagèmes pour voyager. « Une fille est venue ici ce matin. Elle doit imprimer un billet d’avion électronique, mais elle n’a pas pu récupérer ce sésame. Elle avait promis de prendre contact avec les responsables de la Sonatel pour ne pas rater son vol », renseigne Adama Sow, le gérant. Le jeune homme se désole aussi de voir de l’argent lui filer entre les mains. « Aujourd’hui, mes recettes sont nulles. Je n’ai rien encaissé. Pendant les périodes normales, je gagne entre 6 000 et 7 000 Fcfa », s’indigne-t-il. Avant que le jeune Adama Sow ne termine sa phrase, un homme, la cinquantaine sonnée, se pointe. « Je veux une heure de connexion », dit-il. L’air toujours désolé, le gérant lui fait remarquer que « la Sontalel est en grève ». « C’est inadmissible. Sans la communication, beaucoup de perturbations seront notées. Ce n’est pas bon pour le pays », confie-t-il. Un constat qu’il partage avec nombre de Sénégalais.

Babacar Dione et Seydou Ka

(Source : Le Soleil, 6 août 2010)

Post-Scriptum

Réaction - Hamidou Dia, Secrétaire général du Cnp : « Un énorme manque à gagner pour les entreprises »

Du côté du patronat, on estime que cette situation est « un énorme manque à gagner pour les entreprises ». Selon Hamidou Dia, secrétaire général du Cnp, « la communication est un important facteur de compétitivité ». C’est pourquoi, une pareille perturbation « peut avoir de graves conséquences pour une entreprise notamment en ce qui concerne les retards par rapports à ses fournisseurs ou ses clients extérieurs. Actuellement, on est totalement bloqué, coupé de l’extérieur et c’est très préjudiciable car, encore une fois, l’information est au cœur du système économique. Je reviens de voyage et j’avais des informations à partager avec mes membres, en temps réel, mais c’est impossible », explique M. Dia. Il va sans dire que les pertes sont importantes pour les entreprises. « On n’a pas encore évalué, mais les dégâts sont importants, moins importants que ceux causés par la Senelec, mais importants quand même », indique-t-il.

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 10 770 683 abonnés Internet

  • 10 512 647 abonnés 2G+3G+4G (97,60%)
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  • 2164 abonnés aux 4 FAI

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- Taux de pénétration des services Internet : 68,49%

(ARTP, 31 mars 2019)

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(Internet World Stats 31 décembre 2018)

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(NIC Sénégal, 25 septembre 2018)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

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- 70 363 lignes professionnelles (22,86%)
- 84 lignes publiques (0,03%)
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(ARTP, 31 mars 2019)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
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- Taux de pénétration : 107,95%

(ARTP, 30 septembre 2018)

FACEBOOK

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- Taux de pénétration de Facebook : 18,6%

(Facebook, Juin 2019)