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Pdg du Groupe Wari : Kabirou Mbodje, une sucess-story made in Sénégal

mercredi 8 février 2017

Sa vie est un combat. Son destin l’accomplissent d’un rêve de stakhanoviste. Kabirou Mbodje, le Pdg du groupoe Wari, qui a racheté hier l’opérateur de téléphonie Tigo, filiale de Milicom, est un modèle de gestionnaire. Une grande fierté nationale.

L’histoire aurait pu tourner court. La saga ne jamais avoir lieu. Le bonhomme n’en serait pas certainement pas sorti indemne, mais pas pour autant moins fier d’avoir tenté le coup. D’ailleurs, l’image est si anecdotique qu’elle tient en sépia. Dans une pièce de l’immeuble SDIH de la place de l’Indépendance du Sénégal, au cœur de Dakar, un garçon à l’écorce diaphane, au phrasé parigot, partage le même bureau avec une jeune dame voilée. Lui est démesurément ambitieux. Elle, excessivement calme. Sérieuse ! Les deux passent la journée ensemble à essayer de transformer un rêve en réalité.

L’exercice demande beaucoup d’heures de travail, mais ne fait pas peur, le moins du monde, au duo stakhanoviste. Seulement, un monsieur souffre de cette relation, basée que sur le travail. Et rien d’autre que le travail. Lui, ne veut pas comprendre qu’un homme et une femme s’enferment toute la journée dans une seule pièce, à essayer de développer un projet que beaucoup, à l’époque, croyait chimérique. Sa solution au " problème", est tout le radical, celle de tous les hommes prévenants : il demande respectueusement à la bonne dame de se trouver un autre boulot, d’aller se faire, si possible , embaucher dans une société "normale". Là ou les patrons ne partagent pas leur bureau avec leur secrétaire.

Le bonhomme, c’est Kabirou Mbodje. La femme, Soda, sa secrétaire de toujours et le monsieur, le mari de la bonne dame. L’époque celle des vaches maigres. Quand Wari, simple société en devenir, n’était pas encore plateforme digitale et son géniteur, pas le magnat du transfert d’argent qui vient de racheter à coup de milliards, la société de téléphonie Tigo, filiale sénégalaise de Millicom. Kabirou avait juste la tenue du débutant, pas ce dressing de super boss aux costumes bien coupés et aux lunettes à monture dorée. Ses reins, siège d’une grande intelligence, était fort peu solides.

Barrière et complots

L’année, c’est 2008. C’est qui donnera suite. A un tout, matériel et immatériel : du chiffre d’affaires et de la personnalité. Un nom et des bonds. Une ascension fulgurante, à l’exorde pourtant décevant. Kabirou Mbodje, jeune ingénieur qui parti renforcer ses études chez l’Oncle Sam où il a obtenu un diplôme de Finances, décide de rentrer au bercail. Dans ses bagages, le natif de l’Hexagone qui a grandi entre le Sénégal et la France où il a décroché un Bac scientifique, cache un projet révolutionnaire. Un trésor, sorte d’assurance-vie qu’il compte vite développer pour se tailler une place de choix au soleil, mais également pour simplifier la vie des populations sans distinction de milieu social ou de pouvoir économique. Kabirou Mbodj : " Les problématiques et la connaissance du marché africain m’ont encouragé à m’investir dans des projets à fort impact social."

Mais pour donner à Wari une vitesse de croisière , Kabirou a besoin de tunes (argent en argot). Le garçon a débarqué à Dakar sans beaucoup de moula. Problème : toutes banques sollicitées lui ferme leurs portes. Aucune multinationale ne croit au projet. Seule la Caisse nationale de Crédit Agricole du Sénégal (Cncas) avait accepté de l’accompagner. Mais le garçon n’en fait pas un foin.

Bientôt il ralliera à sa cause les institutions bancaires les plus méfiantes. 154 aujourdhui à avoir signé un accord de partenariat avec Wari. Jeune pousse de l’époque devenu baobab économique qui gêne la vue de beaucoup de multinationales sur le continent. " C’est vrai que les gens ne voient que l’embellie du succès de Wari, explique un homme d’affaires sénégalais, mais Kabirou a dû batailler ferme pour mettre son entreprise sur les bons rails. Il a fait face à beaucoup de complot d’entreprises étrangères qui lui font la concurrence et qui se sont même liguées pour lui organiser sa perte. L’une d’entre elles avait même rompu son contrat avec Wari de manière unilatérale . Mais il a toujours tenu bon". Toujours porté haut et beau le flambeau national. Jusqu’à devenir aujourdhui, avec l’acquisition de de Tigo, l’une des plus grandes fiertés nationales. Voire africaine.

Capitaine de l’équipe nationale

Mais à côté du Kabirou " bosseur" pointilleux’, ’businessman aguerri", "financier réputé", qui adore "les challenges" abhorre le "travail bâclé", vit dans le même corps frêle un autre Kabirou , plus décontracté, qui a la main sur le cœur, un sportif impénitent. Môme, quand les gosses de son âge pleuraient pour un jouet, Kabirou, lui, demandait à être un contact des chevaux. De là est né une relation presque fusionnelle entre le magnat du transfert d’argent et les équidés. Son chemin vers le sport équestre. " Je pratique l’équitation depuis mon plus jeune âge", écrit-il sur son site web.

"C’est une discipline qui requiert dépassement de soi, technique, expérience, maîtrise et capacité à travailler en binôme ( homme-cheval)". Bon cavalier, Kabirou Mbodje a remporté plusieurs fois le championnat du Sénégal. Dont il a été longtemps le guide. " Je suis encore aujourdhui capitaine de l’équipe nationale", révèle-t-il par le même canal.

Footballeur du dimanche qui ne crache jamais sur partie de ballon rond entre amis ou collaborateurs, le tout nouveau boss de Tigo serait un homme affable, qui dépense sans compter pour les siens.

"Comme le font certains patrons d’entreprise, Kabirou, sentant que Wari était sur les rampes du succès, avait offert des parts à certains de ses collaborateurs", explique encore l’ami du Pdg de Wari. Mais malheureusement, les choses ont mal tourné. Que s’est-il réellement passé ? Le proche de Kabirou ne donne pas de plus amples détails. Mais quoi qu’il se soit passé, cet épisode n’a pas trop affecté le développement de l’entreprise de kabirou. Un globe-trotter qui aime aller au contact de l’autre pour mieux s’enrichir. " A travers mes voyages et missions, j’ai beaucoup échangé avec les personnes rencontrées et me suis beaucoup intéressé aux environnements multiculturels, ce qui est pour moi une manière de poursuivre et consolider ce brassage humain." De consolider surtout les gros acquis du Groupe Wari qui, depuis hier, s’est renforcé de Tigo. Une acquisition de taille.

Pape Sambaré Ndour

(Source : L’Observateur, 8 février 2017)

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