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Paiements électroniques : des enjeux financiers au cœur du bras de fer entre la BEAC et l’État du Cameroun

lundi 20 avril 2020

La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) a rejeté, en fin de semaine dernière, une demande d’autorisation d’un système de compensation et règlement des transactions monétique au Cameroun. Cette demande a été introduite par l’opérateur postal public Cameroon Postal Services (Campost).

La raison officielle du rejet, selon la lettre du 15 avril 2019 signé du gouverneur Abbas Mahamat Tolli (photo), tient au fait que le dossier de la Campost a été rédigé en anglais (et non en français, langue de travail au sein de l’institution d’émission monétaire). Mais des sources proches du dossier indiquent qu’il s’agit du début d’un nouveau conflit ouvert entre le Cameroun et les instances sous régionales.

En effet, ce même 15 avril 2020 le gouverneur de la Beac a procédé au lancement officiel, de l’interopérabilité des systèmes de paiement en zone Cemac. Le mécanisme fonctionnait déjà chez certains opérateurs, mais sous la forme de tests. Le 31 mars 2020, le ministère camerounais des Postes et Télécommunications a inauguré son propre système d’interopérabilité.

«  L’objectif principal de la mise en place de ce Switch national, qui sera géré par la Campost, est de favoriser à travers une passerelle unique, l’interopérabilité des différents services proposés par les opérateurs utilisant le réseau national de communication électronique. Ceci dans le but de placer l’opérateur public postal au cœur du développement de l’économie numérique  », a expliqué en cette circonstance Minette Libom Likeng, la ministre camerounaise des Postes et des Télécommunications.

Au cœur des enjeux : relancer la Campost grâce aux retombés des flux de transactions via le mobile et autres modes individuels de paiement électronique. Les plus récentes données officielles sur le mobile money en zone Cemac datent de la période allant de janvier à septembre 2017. Il en ressort que la valeur des paiements effectués via ce système, uniquement pour le Cameroun, était de 2224,7 milliards de FCFA. Les experts estiment qu’actuellement, ce volume a été multiplié par au moins 4. Or 30% à 40% des transactions se déroulent entre opérateurs, ce qui ouvrirait la voie à d’importantes retombées financières.

Pour défendre sa démarche, le ministère camerounais des Postes et Télécommunications soutient que ces systèmes de paiements utilisent la technologie des réseaux de télécommunication pour mener les opérations. À la Beac on défend l’idée que c’est avant tout des services financiers et que la technologie n’est qu’un accessoire. C’est dans ce sens que la règlementation a évolué pour consacrer la création au sein des sociétés de téléphonie mobile des entités spécialisées dans les paiements électroniques.

La sécurité est un autre argument de ce ministère. La plateforme nationale permettrait de mener une meilleure veille sur les risques de financement de terrorisme et d’autres activités d’atteinte à la sûreté et la sécurité de l’État y soutient-on. Mais la Beac a son propre système de compensation qui jusqu’ici se montre efficace (Systac) et une institution de gestion de la monétique (Gimac).

Les opérateurs restent assez discrets sur le sujet et se refusent à se prononcer sur cette divergence de législation. Mais sous le couvert de l’anonymat, le personnel de ces entreprises exprime une préférence en faveur du système de la Banque centrale qui serait plus cohérent. La Cemac semble de nouveau confrontée à une dualité sur des opportunités d’intégration sous régionale. De telles divergences avaient poussé à la création de deux bourses dans la sous-région, l’une à Douala, l’autre à Libreville. Au final les deux instances ont été unifiées.

Idriss Linge

(Source : Investir au Cameroun, 20 avril 2020)

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