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Outils du Web 2.0 : Un besoin pour les mécontents aussi

mercredi 24 octobre 2007

Les Technologies de l’information et de la communication (Tic) peuvent être au service de la démocratie et des populations défavorisées ou qui souffrent. C’est le cas des outils du Web 2.0. Cet instrument qui favorise le partage, la mise en place de réseau et de communauté virtuelle pourrait être utilisé à bon escient par les organisations politiques, sociales ou de la société civile pour mobiliser, sensibiliser et mener leurs actions à bien.

Il y a juste un mois jour pour jour commençait à Rome une conférence sur le Web 2.0 pour le développement (Web2fordev). Cette rencontre internationale a été organisée par le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) en partenariat avec la FAO, l’IICD et la GTZ avec la participation de l’Institut Panos pour l’Afrique de l’ouest (Ipao) pour la couverture médiatique.

Le Web2fordev a eu le mérite d’avoir contribué à faire la promotion d’un puissant instrument qui favorise la mise en place de réseau, le partage d’expériences et surtout la mobilisation d’acteurs d’un domaine ou de plusieurs secteurs autour d’un sujet ou d’une préoccupation.

Le Web 2.0 communément appelé deuxième génération d’Internet pourrait être considéré comme un instrument bien Africain. En effet, le continent Africain est l’un des coins de la terre où le partage, la cohésion et le lien social valent leur pesant d’or. Or, ces valeurs constituent l’essence de la deuxième génération d’Internet. Celle-ci est une technologie « révolutionnaire » qui favorise l’existence de communauté virtuelle et d’interaction entre individus et groupes de divers horizon sans discrimination. Le Web 2.0 offre, par ailleurs, l’occasion aux Africains de renforcer les pratiques démocratiques dans leurs pays respectifs. Justement au Sénégal, une dynamique est en train de se créer. Elle prend petit à petit forme depuis quelques semaines. Ulcérés par les hausses répétitives des produits de consommation courante, par l’absence de dialogue politique, par le comportement des gouvernants, entre autres, des pans de la société s’organisent, se mobilisent pour créer « une force alternative ».

Outils sociaux au service des couches lésées

Les jeunes du Parti socialiste (Ps) sont à pied d’œuvre pour l’organisation d’une grande marche contre les « dérives » du régime libéral. L’initiative de cette action est du responsable de « Convergence socialiste », Barthélemy Dias. La société civile exige une meilleure prise en compte des préoccupations de la population. De son côté, elle est en train de réunir les organisations qui la composent pour tenir tête aux politiques aussi bien ceux du pouvoir que de l’opposition. Le Mouvement « Doyna Seuk », « ça suffit » en français est porté, cette semaine, sur les fonts baptismaux à Kaolack (au centre ouest) du Sénégal et est en passe d’étendre ses tentacules sur l’étendu du territoire. Ces organisations sont, pour le moment, les seules qui se sont déclarées. D’autres pour des raisons stratégiques sont tapies dans l’ombre et sont en train de tisser petit à petit leur toile, leur réseau. La quasi-totalité de ces structures ignore les opportunités que leur offrent les outils du Web 2.0. Les responsables de ces organisations peuvent consubstantiellement réduire leur frais de communication en utilisant des technologies et applications relatives au VOIP comme Skype, Msn ou yahoo messenger. La deuxième génération d’Internet a, par ailleurs prévu des espaces virtuels de collaboration et échange des connaissances à distance qui peuvent être mis à profit par ces franges de la population qui ont ras-le-bol des pratiques du gouvernement.

« Le blog est en train de mettre des gouvernements en crise », avait déclaré l’un des maîtres d’œuvre de la conférence sur le Web 2.0 pour le développement rural qui s’est tenue du 25 au 27 septembre à Rome et qui a réuni plus de 350 participants venant des quatre coins de la terre. L’agent du CTA est revenu sur l’évolution et l’émergence de cet instrument qui est, selon lui, l’œuvre de la société civil.

Le citoyen est un potentiel journaliste

Le Web 2.0 fait, en outre, de tout citoyen sans distinction de race ou d’origine un potentiel journaliste. Il peut s’exprimer à souhait par le texte, l’image, le son ou la vidéo sans être conditionné. C’est, en effet, ce qui fait dire au futurologue et spécialiste des nouvelles technologies, Joël de Rosnay : « le web 2.0 est un grand mot qui veut dire beaucoup de choses et dont tout le monde s’empare. En réalité, il signifie l’usage de nouveaux outils donnés aux internautes pour créer des contenus numériques. Ce qui constitue ce que l’on appelle de plus en plus " des contenus générés par les utilisateurs" (user generated contents). Pour moi c’est surtout cela le web 2.0. Mais de manière plus précise il est représenté par les blogs, les journaux citoyens, les wiki, MySpace, Flikr, Delicious, facebook, etc... »

Avec ces technologies et applications du Web 2.0 que l’on qualifie d’outils sociaux, les responsables de ces organisations sénégalaises peuvent davantage tisser leur toile, étendre leur réseau. L’utilisation de cet instrument peut leur permettre de mobiliser, de sensibiliser avec des photos (Flickr), des images (Youtube), du son (podcasting), des textes (blog) en vue d’un meilleur impact, d’une bonne réussite de leurs actions.

Le Web 2.0, autrement dit l’Internet deuxième génération est, entre autres, caractérisé par des applications et technologies comme la téléphonie sur Internet (Voip), le partage de vidéo via Youtube, le partage de photos via Flickr, le tagging, système de balisage qui permet de sauvegarder et de classer des contenus et des liens et de les partager avec d’autres utilisateurs, Dgroups qui est une plate forme en ligne destinée aux communautés et groupes intéressés par les questions de développement international, le Skype qui permet la téléphonie sur Internet, Wikipédia qui est une encyclopédie en ligne... Ces outils, qui nécessitent qu’un compte pour s’en approprier, ont comme dénominateur commun le partage au sens large du terme et assurent la jonction entre différentes communautés.

Ibrahima Lissa Faye

(Source : Sud Quotidien, 24 octobre 2007)

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