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Notre Télévision gangrenée et ridiculisée

mercredi 7 juillet 2004

Décidément chaque jour que Dieu fait la Rts, la télévision en particulier, fait l’objet de critiques dans la presse qui, même si elles sont souvent acerbes, force est de reconnaître qu’elles sont pour la plupart bien fondées. Mamadou Malaye Diop, que j’apprécie bien au passage, s’offusquait l’autre jour dans l’émission Grand-place de Aziz Samb, que leurs confrères sont allés jusqu’à baptiser injustement la Rts, « Rien Tous les Soirs ». Mais à y voir de près, ces critiques, si virulentes qu’elles soient, ont encore de beaux jours devant elles. car à dire vrai, il y a beaucoup de choses à reconsidérer dans la manière dont notre petit écran est présentement géré. Par conséquent, Daouda Ndiaye et ses hommes devront prendre leur mal en patience, et chercher à étoffer davantage leur carapace, car d’autres flèches plus pointues y seront encore décochées. Et surtout, qu’ils ne cherchent pas à tromper l’opinion en faisant croire qu’ils gèrent un médium public, et que ces critiques ont pour auteurs des opposants au pouvoir, des syndicalistes, ou des confrères journalistes jaloux. Nous disons NON. C’est même loin de là. Certes, parmi ces gens, les opposants occupent une bonne place, ce qui est tout à fait juste. Mais des milliers de simples citoyens, depuis l’étranger même, sont quotidiennement outrés par ce qui se passe sur leur télévision. Nous en donnons quelques illustrations.

Le journal Infos dernières n’affiche jamais à l’écran les noms et fonctions de ceux qui parlent, et pour le téléspectateur qui a raté la première édition, ou qui ne connaît pas la personne qui parle, ces écritures sont fondamentales pour sa compréhension globale de l’élément qu’il suit. Et pourtant, le nom du journaliste présentateur est affiché, de même les éléments venus des agences étrangères, notamment TV5 et Reuters, affichent ces écritures. Les interruptions brutales et prolongées sont devenues monnaie courante. Plus grave, elles surviennent le plus souvent à des moment de grande écoute. Cela a été le cas lors du Jt le soir de l’arrivée du roi du Maroc, mais aussi le mardi soir durant le téléfilm de Malick Ndiaye. Et à chaque fois, l’on nous sert des excuses fondées sur une panne d’électricité.

L’excès de zèle et de populisme dont font montrent, ostensiblement certains journalistes, Mohammed Gassama, Mbaye Pekh, et tout dernièrement, Fofana Seck lors du reportage du match Sénégal-Zambie. Il a voulu faire croire à l’opinion que seule la télévision s’est investie dans la campagne de mobilisation des supporters vers le stade. Heureusement que son confrère Malick Thiandoum l’a rectifié en disant que ce sont tous les mendias de la place qui y ont contribué. Ce même Fofana Seck a récidivé encore à la fin du match par ces questions trop complaisantes à l’endroit du coach, au lieu de l’interpeller aussi sur les nombreuses maladresses de nos Lions. A cela s’ajoutent les nombreux et fréquents reportages avec des propos ennuyeux et dithyrambiques qu’on nous sert régulièrement. Récemment, un digne fils du pays, un sapeur pompier, a perdu la vie en chutant dans une fosse en présence du ministre de l’Intérieur. Ne méritait-il pas, à l’image de Ismaila Mbaye, que sa levée de corps soit couverte par la télévision. Cette même télévision n’a pas couvert la démission du ministre directeur de cabinet du président de la République, Pape Samba Mboup, éclaboussé par une affaire de pédophilie. Et comme si le ridicule ne tuait pas, on nous sert à coup d’écran, les bureaux politiques de Djibo Leyti Ka et de Marième Wone Ly, qui ont récemment rejoint la Cap 21, pour ne pas dire les prairies libérales.

Nous pouvons continuer à égrener ce chapelet, mais nous nous en limitons là, pour dire que la direction de la télévision refuse de changer de fusil d’épaule. Mais le peuple sénégalais est suffisamment mature. Et comme si la providence nous aidait, les opérateurs de matériels électroniques se lancent en promotion, et ceux qui ne peuvent zapper sur les chaînes étrangères, mettront des films au prix désormais accessibles dans leur Dvd. Et les au-tres jeunes, eux, se ruent sur les Cyber le soir après avoir tourné le dos, ou tout bonnement éteint leur télévision.

A la lumière de ce qui précède, nous pouvons affirmer que le combat de la libéralisation de la télévision dépasse le cadre des partis politiques. C’est l’affaire de tout citoyen épris de justice. Et puis, c’est inadmissible qu’au XXIe siècle, le Sénégal, qui compte 77 partis politiques, plus d’une dizaines de radios et 16 quotidiens, avec son alternance légendaire, dispose d’une seule chaîne de télévision. Et que celle-ci soit prise en otage par un lobby politico-affairiste, que l’actuel locataire de l’avenue Senghor n’a jamais cessé de dénoncer durant ses 26 années de traversée du désert.

Bara GAYE
Enseignant à Mbacké
Baragaye72@yahoo.fr

(Source : Le Quotidien 7 juillet 2004)

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