twitter facebook rss
Imprimer Texte plus petit Texte plus grand

Naafyo : la StartUp qui veut (et va ?) révolutionner l’entrepreunariat au Sénégal

vendredi 25 octobre 2013

Dans l’Afrique qui bouge, le secteur technologique occupe une place de choix. On aime à croire que l’innovation apportée par de jeunes start-up du continent annonce l’avènement d’une ère nouvelle.

Au Sénégal, depuis maintenant plus d’un an, une start-up baptisée Naafyo met au cœur de sa stratégie la notion d‘innovation dans la performance. AfriqueITNews est allé à la rencontre de cette start-up dirigée par deux entrepreneurs sénégalais, Assane Goumbélé, Général manager, Ingénieur logiciel et sécurité informatique et Pape Abdoulaye Ly, Directeur général adjoint ingénieur en technologie mobile. Coup de projecteur sur le parcours d’une entreprise qui veut révolutionner l’usage des technologies dans les entreprises au Sénégal. Interview.

AfriqueITNews : Parler nous de votre structure Naafyo et de l’expérience de ses fondateurs

Naafyo : Naafyo est une startup de droit sénégalais créée par deux jeunes férus de technologie, Assane Goumbélé, Général manager, Ingénieur logiciel et sécurité informatique et Pape Abdoulaye Ly, Directeur général adjoint ingénieur en technologie mobile. Après une bonne dizaine d’années d’expérience dans l’industrie des télécoms et de l’informatique en France, nous avons décidé de revenir au bercail pour apporter notre expertise et ainsi participer à notre manière au développement de notre cher pays le Sénégal. Nous avons laissé derrière nous privilèges et vie confortable pour porter notre maillot d’entrepreneur afin de faire profiter aux entreprises sénégalaises et africaines notre modeste expérience sur les technologies de l’information et de la communication.

AfriqueITNews : D’où vous est venue cette envie de créer une entreprise ?

Naafyo : L’envie nous est venue tout d’abord de notre désir d’entreprendre, de créer, de partir de zéro pour aboutir à un système technologique innovant. Nous partageons l’idée selon laquelle l’heure est venue pour l’Afrique de relever ce dos courbé et ainsi se redresser grâce à l’apport des TIC. La mondialisation numérique est universelle. Que l’on soit à Kuala Lumpur, Helsinki ou à Dakar on a les mêmes chances que tout le monde de réaliser des success stories qui peuvent avoir un écho jusqu’au fond fin de l’Indiana. Nous avons cet outil extraordinaire qu’est l’Internet qui nous permet d’avoir toutes informations pertinentes de la même manière que le chinois ou le suédois. Nous jeunes Africains avons la chance de vivre à l’époque de l’universalisme de l’information. Permettons à nos petits enfants d’être ceux qui feront véritablement entrer l’Afrique dans l’ère de la prospérité en leur balisant le terrain.

AfriqueITNews : Quelles sont les difficultés rencontrées dans la mise en place de votre structure et comment avez vous réussi à mettre la main sur des partenaires ?

Naafyo : Entrepreneuriat rime avec difficultés. Les deux premières années, toutes les start-up naviguent dans un océan d’incertitude non pas à cause d’un produit non innovant mais par la non maîtrise de leur marché. Les entreprises qui gagnent ne sont pas celles qui ont le plus d’argent ou celles qui ont levées le plus de fonds mais celles qui savent être proactives, celle qui s’adaptent le mieux à leur environnement.

La principale difficulté était qu’ après une bonne dizaine d’années d’expérience en occident, sans nous en rendre compte, nous étions formatés de manière positive à une certaine manière de faire dans nos expériences professionnelles en mettant en avant l’éthique, la rigueur et la qualité du travail bien fait. C’est donc tout naturellement dans cette dynamique qu’on est rentrés à Dakar. Un mois après notre retour, nous nous sommes rendus compte que les choses n’étaient pas aussi évidentes que cela car très souvent les personnes en face prenaient tout leur temps pour étudier un dossier ou accepter de vous recevoir pour au final vous promettre des choses qui ne seront jamais tenues. Après nous être imprégnés de cette culture d’entreprise, nous passâmes à l’étape de réadaptation pour avoir toutes les cartes en mains afin d’être écouté et ainsi de pouvoir parler de nos produits technologiques.

AfriqueITNews : Comment êtes-vous entrés dans la communauté tic au Sénégal, puisqu’étant resté un certain moment à l’étranger ?

Naafyo : Au Sénégal, aucune startup ne peut réussir sans au préalable faire partie de la communauté tic, de l’écosystème en participant à des forums, etc. Nous avons alors contacté le centre d’incubation CTIC pour dire « Assala mou Aleikoum, bonjour ». C’est comme quand on emménage dans un nouveau quartier la coutume veut qu’on dise bonjour à nos voisins pour se présenter. La deuxième semaine qui a suivi notre entretien avec le CTIC, nous avons par l’intermédiaire de cette structure participer au « Jeudi de l’entrepreneuriat » forum durant lequel Naafyo a gagné la somme de « 750.000 CFA » en remportant la seconde place du concours « Tekki 48« .

AfriqueITNews : Croyez-vous que le secteur des Tic peut être une solution à la lutte contre le chômage des jeunes au Sénégal ?

Naafyo : Je pense profondément que ce secteur qui nous passionne tant peut lutter efficacement et de manière durable contre le chômage dans le cas ou nos gouvernants et politiques commencent dès à présent à prendre les mesures idoines qui s’imposent. Arrêtons les discours stériles et passons aux choses concrètes en mettant dès à présent à disposition des acteurs de l’écosystème des moyens conséquents.

Si j’étais ministre en charge des tics, la première mesure que je prendrais serait d’exonérer de TVA tout produit technologique entrant dans le territoire de telle sorte à créer une dynamique numérique partout au Sénégal. La deuxième mesure serait d’apprendre aux enfants dès l’école primaire le codage informatique. [CHEIKH ANTA DIOP] ne disait-il pas : « A formation égale, la vérité triomphe. Formez-vous, armez-vous de sciences jusqu’aux dents (…) et arrachez votre patrimoine culturel. Ou alors traînez-moi dans la boue, si quand vous arrivez à cette connaissance directe vous découvrez que mes arguments sont inconsistants, c’est cela, mais il n’y a pas d’autre voie. ». Depuis presque 10 ans, on assiste à l’émergence de société de télé services à Dakar. Oui ceci peut résorber le chômage mais je pense qu’à ce stade on a besoin plus de développeurs, d’ingénieurs logiciels, d’ingénieurs informaticiens en systèmes embarquées capables de répondre en un temps record à des problématiques technologiques africaines et mondiales.

AfriqueITNews : Quelles sont les solutions (services) que Naafyo propose ?

Naafyo propose 3 solutions phares pour le marché africain :
- Une solution de vente de recharges téléphoniques dématérialisées avec notre terminal propriétaire. Nous avons commencé à équiper depuis quelques semaines les ambulants de Dakar et quelques points de vente qui proposeront désormais des codes de recharges inscrits sur un ticket biodégradable. Le plastique sur les cartes de recharge fait énormément de mal à notre environnement immédiat. Figurez-vous que ce plastique mettra 1000 ans avant d’être complètement désintégré. Avec cette solution prepaid, nous allons soulager les opérateurs du prix de la fabrication des cartes téléphoniques, du prix de la logistique pour acheminer les recharges téléphoniques jusqu’à des contrées lointaines genre koulikoro, et surtout de participer au mouvement mondial de la green attitude.

Nous considérons que les systèmes d’airtime existant sont très innovants mais non sécuritaire car si on donne son numéro personnel pour recharger son crédit, on risque d’armer son éventuel futur agresseur. Pour le Sénégal, cette solution est en phase de pré-production. En 2014 le système sera répliqué en côte d’ivoire et à partir de 2015 dans les autres pays de l’UMEOA (Union Monétaire Economique Ouest Africaine). Chaque année, les grossistes demi grossiste et détaillant se partage un marché de 30 milliards de FCFA rien qu’au Sénégal.

La deuxième solution phare que l’on propose au public est le Naafyo Money une solution d’achat de biens et de services grâce au mobile. Vous avez rêvé de payer votre baguette de pain ou votre paquet de sucre avec votre mobile ? C’est désormais possible grâce à Naafyo.

La troisième solution est le Bus Ticketing. 130 millions de voyages sont répertoriés chaque année par le centre d’étude du transport urbain de Dakar (CETUD). Une opportunité de business énorme pour Naafyo qui a très vite compris le potentiel business de ce secteur depuis pas mal d’années. Nous comptons lancer ce produit dans la sous-région très rapidement en 2014. Sur la page facebook de Naafyo vous pouvez visionner les tests effectués sur le terrain avec un bus de la compagnie Dakar Dem Dikk.

L’Afrique est une région à très forte croissance qui représente un très grand potentiel. Il suffit juste de bien cibler son marché et de savoir s’adapter très rapidement. D’un point de vu innovation, Naafyo créera et présentera tous les 10 mois une solution unique développée par nos ingénieurs en génie logiciel. Le thème de cette année sera : la robotique.

AfriqueITNews : Qu’est ce qui manque au secteur technologique au Sénégal pour réellement changer les choses de façon positive ?

Naafyo : Ce qui manque réellement au secteur technologique en général pour permettre à notre pays d’être parmi les références mondiales en termes d’innovation, c’est la culture de la créativité dans les écoles, dans les instituts, les universités et le manque de potentiels investisseurs pour financer les projets porteurs. Il y a un réel décalage entre l’enseignement universitaire et le monde professionnel. Pourquoi Orange ou Expresso ou Tigo ne financeraient-elle pas 10 chercheurs étudiants scientifique chaque année pour innover toujours innover encore innover ! Pourquoi les sociétés agroalimentaires de la place ne financeraient-elles pas des étudiants chercheurs agronomes chaque année pour améliorer les plats locaux en termes de qualité.

Pourquoi ne pas créer une émission mensuelle de télévision « le créateur du mois » qui désignera la meilleure invention fait par un sénégalais pour améliorer notre quotidien.

Mon intime conviction est que le développement du secteur technologique sénégalais ne passera que par l’invention et l’innovation.

AfriqueITNews : Merci Naafyo et bonne continuation

(Source : Afrique ITnews, 25 octobre 2013)

BATIK

Inscrivez-vous a BATIK

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez toutes nos actualités par email.

Navigation par mots clés

INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 13 529 883 abonnés Internet

  • 13 251 404 abonnés 2G+3G+4G (97,95%)
    • 2G : 28,14%
    • 3G : 49,01%
    • 4G : 22,05%
  • 117 023 clés et box Internet (0,86%)
  • 158 130 abonnés ADSL/Fibre (1,19%)
  • 3 325 abonnés aux 4 FAI
  • Internet fixe : 1,19%
  • Internet mobile : 98,81%

- Liaisons louées : 22 456

- Taux de pénétration des services Internet : 83,47%

(ARTP, 31 mars 2020)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 6693 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, avril 2020)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 3 opérateurs : Sonatel, Expresso et Saga Africa Holdings Limited
- 211 026 abonnés
- 169 128 lignes résidentielles (80,15%)
- 41 898 lignes professionnelles (19,85%)
- Taux de pénétration : 1,30%

(ARTP, 31 mars 2020)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 17 948 492 abonnés
- Taux de pénétration : 110,73%

(ARTP, 31 mars 2020)

FACEBOOK

- 3 171 000 utilisateurs

- Taux de pénétration de Facebook : 18,6%

(Facebook, Juin 2019)