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Moustapha Guirassy, ministre de la Communication... : « La presse en ligne apparaît comme une nouvelle religion »

lundi 15 novembre 2010

« Liberté d’expression et modèles économiques de la presse en ligne à l’ère de la société de l’information » est le thème d’une table ronde organisée par l’Institut Panos en collaboration de Pressafrik à l’occasion de son deuxième anniversaire. Juristes, professionnels des médias en ligne, des médias tout court, se sont penchés sur la question pendant une journée (vendredi dernier) pour tracer les contours de la presse en ligne. L’atelier devrait servir de cadre de réflexion et de dialogue pour restituer les recommandations de l’étude sur la liberté d’expression à l’ère de l’information en ligne, identifier des actions de plaidoyer pour une évolution du cadre juridique en matière positive et favorable à l’expression citoyenne, la recherche de modèles économiques fiables pour son développement, entre autres.

Venu présider la cérémonie d’ouverture de cette table ronde, le ministre de la Communication, des Télécommunications et porte-parole du gouvernement, M. Moustapha Guirassy a estimé que « la presse en ligne apparaît comme une nouvelle religion, car ce n’est pas un blasphème, il faut prononcer le nom de Seneweb, de Pressafrik..., avant de prononcer celui de Dieu. Simplement pour dire qu’il faut la consulter tôt le matin avant d’aller au bureau ». Une façon pour lui de reconnaître que le sous secteur de la presse en ligne est en train de se développer dans le monde. Ce qui l’amène d’ailleurs, à penser que la presse classique doit repenser son plan d’action, même s’il regrette, cependant, cet essor des médias en ligne caractérisé par l’absence des mesures d’accompagnement en termes de régulation juridique... Il se félicite, par contre du fait que le gouvernement comprenne maintenant les enjeux de la presse en ligne en tentant de la prendre en compte dans l’attribution de l’aide à la presse », révèle-t-il.

A sa suite, Ibrahima Lissa Faye, Directeur de publication de Pressafrik, co-organisateur de la table ronde se dit convaincu que la presse en ligne est en bonne voie comme le prouvent les statistiques. Alassane Diallo, Archiviste-Journaliste, Master II en Droit de Régulation à l’Ucad, Sénégal, Fondateur de Ferloo.com et Secrétaire général de l’APPEL/S est d’accord avec Ibrahima Lissa Faye pour dire que les annonceurs ne semblent pas trop imprégnés des enjeux de la presse en ligne. Animant le sous-thème de « la viabilité de la presse en ligne : nouveaux modèles économiques », M. Diallo s’est désolé du fait « qu’avec un marché publicitaire de près de 20 milliards de francs Cfa par an, au Sénégal, la presse en ligne n’en bénéficie même pas de 200 millions ». Il listera l’ensemble des modèles actuellement en vogue ailleurs, comme le Freemium qui est un modèle assez récent (le terme est apparu en 2006), dans lequel le service de base est gratuit (free) et les services avancés (premium) sont payants, l’abonnement, les smartphones (téléphones portables intelligents), le crowfunding (paiement des cyberjournalistes par les lecteurs qui deviennent une sorte d’actionnaires) qu’il assimile à « claquer le pot pour percevoir de l’aumône ».

Il sera complété M. Aboubacar Sedikh Ndiaye, Consultant et auteur du dernier classement des journaux en ligne au Sénégal paru vendredi dernier qui reviendra en long et en large sur le crowfunding et le crowsourcing. M. Ndiaye a tenu également dès le départ à faire une distinction nette entre les quotidiens en ligne (journaux traditionnels qui mettent en ligne leurs contenus), les portails (qui sont une plateforme proposant le contenu de beaucoup d’autres journaux mais qui ne produisent rien par eux-mêmes), les blogs et la presse en ligne comme définie dans le nouveau projet de code de la presse.

C’est à dire comme , « tout service de communication au public en ligne édité à titre professionnel par une personne physique ou morale qui a la maîtrise éditoriale de son contenu, consistant en la production et la mise à disposition du public d’un contenu original, d’intérêt général, renouvelé régulièrement, composé d’informations présentant un lien avec l’actualité et ayant fait l’objet d’un traitement à caractère journalistique, qui ne constitue pas un outil de promotion ou un accessoire d’une activité industrielle ou commerciale ».

Il reconnaîtra tout de même qu’il n’y a, pour l’instant, pas un modèle économique adapté à la presse en ligne qui fait comme la radio et la télévision. C’est-à-dire, là où on peut se servir gratuitement, laissant le support confier son sort aux annonces ou aux annonceurs.

Auparavant, le Dr Mamadou Camara animant le thème sur la liberté d’expression à l’ère de la société de l’information (problématiques du cadre juridique) a tout d’abord défini les enjeux de la presse en ligne caractérisés par la démocratisation des réseaux, l’ouverture des espaces de promotion des informations, une opportunité de la liberté d’expression et le fait que la presse en ligne constitue aujourd’hui un contre-poids au monopole des médias traditionnels.

Et après avoir montré les limites de la presse en ligne, relatives à la diffusion de fausses nouvelles, à la diffamation, aux délits d’opinion, le juriste prône la création d’organe de régulation devant servir de relai de la censure étatique. Il estime aussi qu’il y a un standard international en la matière pour protéger la vie privée des personnes, protéger le citoyen et en même temps garantir l’accès de tout le monde à l’information. « Ce qu’il faut, soutient-il, c’est inviter les Etats de l’Afrique de l’Ouest, par exemple à faire un audit juridique pour enlever toutes les entraves à l’accès à l’information et créer un organe d’alerte et de prévention à toute menace contre la liberté d’expression ».

Le juriste Pape Alassane Touré a, quant à lui, axé son intervention sur l’encadrement juridique du journaliste de la presse en ligne. C’est ainsi qu’il dégage comme principaux critères : la maitrise du contenu, le traitement professionnel des informations, l’exigence d’

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