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Montage d’ordinateurs : Pari risqué ou aubaine pour le Sénégal ?

mardi 27 juin 2000

La fabrication d’ordinateurs à partir de l’assemblage de pièces détachées importées est une activité qui prend de plus en plus d’ampleur au Sénégal. La preuve, au moins deux entreprises s’investissent dans ce créneau avec des prix qui défient la concurrence des ordinateurs fabriqués par les grandes usines. Mais, la baisse progressive des prix de ces produits finis, pousse les adeptes de l’assemblage à une diversification et à une spécialisation sur des machines avec les lesquelles la marge bénéficiaire reste importante comparée aux grandes marques.

L’assemblage d’ordinateurs relève, selon Willem Verhagen, directeur de Numéro Un, une société informatique, le défi de la qualité et du prix. Si l’on en croît cet Hollandais installé au Sénégal depuis deux ans, et qui a décidé de parier sur le marché de l’assemblage des ordinateurs, « avec du bon matériel, on peut fabriquer sur place des ordinateurs de qualité », qui tiennent la dragée haute face aux ordinateurs sortis des puissantes firmes américaines, européennes ou de l’Asie du Sud-est. Souleymane Sall est le directeur de Sillicon Valley, une autre société créée en 1989 qui s’investit dans le secteur . Il affirme pour sa part qu’il est possible de fabriquer des ordinateurs de qualité moyenne et qui coûtent moins cher. « Ce qui, poursuit-il, n’est pas le cas au Sénégal où nous avons misé sur la qualité au point d’être moins compétitifs sur les prix ».

A ce sujet, M. Verhagen soutient qu’il y a, au premier chef des avantages comparatifs, « le bon niveau de formation des techniciens sénégalais »,. Ainsi, le travail d’assemblage mobilise dans sa boîte une équipe de quatre techniciens, tous Sénégalais.

Par ailleurs, la faible taxation des pièces détachées qui tourne autour de 2,5%, alors que celle des ordinateurs s’élève à près de 7,5%, en plus du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (Tva), est un autre atout non négligeable, précise M. Verhagen. Le matériel est importé de l’Asie du Sud-est, des États-Unis et, dans une moindre mesure, de l’Europe.

Le client sénégalais est, en outre, assuré d’acquérir du matériel conforme à l’environnement géographique et climatique, puisque, selon le directeur général de Numéro Un, « dans les commandes au niveau des fournisseurs, nous prenons en compte l’impact sur le matériel d’éléments endogènes, comme la chaleur et la poussière ».

L’achat d’un ordinateur obtenu grâce à un montage de pièces dans des usines installées au niveau local offre un avantage substantiel à l’acquéreur : celui de pouvoir bénéficier, tant au niveau technique qu’à celui de la formation, de la possibilité des services après vente. Tel est l’avis de Willem Verhagen pour qui, le défi ne se trouve plus au niveau de la qualité du matériel puisque chacun peut être en mesure de s’en procurer mais sur le plan des conseils et de l’accompagnement des clients.

Le pari n’est-il pas pour autant risqué vu l’étroitesse du marché sénégalais d’autant plus que seuls près de 10 000 ordinateurs y sont vendus par an ? « Non », rétorque Willem Verhagen qui considère que « même si on en est à 150-200 ordinateurs par an, avec les bonnes perspectives économiques au Sénégal et dans la sous-région, on table sur 500-600 ordinateurs ».

La baisse progressive des prix des produits finis est aussi un autre facteur à prendre en compte puisque le différentiel entre le prix des ordinateurs complets et celui des ordinateurs montés sur place est passé de près de 50% à 10-15% aujourd’hui.

Pour s’ajuster à cette nouvelle donne, Sillicon Valley, une des rares sociétés informatiques à capitaux 100% sénégalais, s’oriente de plus en plus vers le montage de machines haut de gamme comme les serveurs, au détriment des ordinateurs. Souleymane Sall, s’en explique : « Nous sommes beaucoup plus compétitifs que les grandes marques au niveau des grandes machines. Nous pratiquons, par exemple pour les serveurs, des prix 50% moins élevés ». Sa société offre, dans ce créneau, « des services clés-en-mains sur le plan des réseaux d’entreprises, des connexions intra et extranet ». Une diversification qui contribue au développement d’un savoir-faire nouveau. En dehors du Sénégal, M. Sall exporte ses services vers le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina faso, la Mauritanie et l’Afrique du Sud. Ainsi, Sillicon Valley écoule près de 1 000 serveurs par an.

Les professionnels du secteur de l’informatique estiment que le développement du montage d’ordinateurs, au niveau local, peut aider le Sénégal à une meilleure entrée dans l’ère de la société de l’information. A moindre coût, il va être possible d’équiper des secteurs clés comme l’éducation et la santé.

Hawa BA

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