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Mobile money : malgré les réticences, Kenyatta persiste à relever la taxation des transactions

jeudi 20 septembre 2018

Juin dernier, l’opérateur de téléphonie mobile kényan Safaricom est monté au créneau pour opposer son niet à la hausse des taxes sur les transactions par mobiles. Faisant fi des protestations du leader du secteur, le président Uhuru Kenyatta vient de soumettre au parlement un texte en faveur d’une hausse des taxes.

Le chef de l’exécutif Uhuru Kenyatta veut relever le niveau des taxes sur les frais de transfert d’argent via le mobile de 10% à 12%, en passant par le Parlement qui doit entériner la mesure lors de sa session de ce jeudi 20 septembre. La proposition d’augmentation intervient alors que Kenyatta, espère financer des projets de développements majeurs de son quinquennat à travers ces hausses de taxes. La revalorisation de la taxation ne se limite pas aux services de transferts mobiles. Les autorités de Nairobi ont institué une taxe sur les produits pétroliers, d’abord à 16% elle a été établie à 8% face à la pression de la société civiles et des consommateurs.

Les taxes de la discorde

Une démarche similaire a été adoptée par Safaricom, qui a déclaré en juin dernier qu’il s’opposera à une augmentation des taxes sur les transferts mobiles. L’opérateur estime que de telles mesures nuiront aux plus pauvres, sans comptes bancaires et principaux clients de M-Pesa, la branche de ses services bancaires mobiles. Ces nouvelles taxations sont également perçues comme un frein au développement de ce mode de paiement.

« L’augmentation des taxes sur les transferts d’argent mobile aura un impact négatif sur les services de transferts et les paiements mobiles et ralentira les efforts du gouvernement vers une économie numérisée », a déclaré le directeur financier de Safaricom, dont le nombre d’utilisateurs est estimé à plus de 27 millions au Kenya.

Cette revue à la hausse proposée devra inclure une nouvelle taxe « Robin Hood » de 0,05% applicable sur les virements bancaires de plus de 500 000 shillings (près de 5000 dollars) et qui devrait être redirigés au financement d’une couverture maladie universelle. L’opérateur qui traite des transactions de plusieurs milliards de shilling par jour, devrait ainsi permettre à l’Etat d’engranger des sommes colossales.

Cette politique de hausse généralisée des taxes passe mal auprès des entreprises kényanes et les citoyens ordinaires qui fustigeaient déjà la lourdeur fiscale du pays. Ces derniers proposent à la place de ces mesures la réduction des dépenses, du gaspillage des fonds publics mais aussi une lutte efficace contre la corruption, à l’origine d’un manque à gagner équivalant au tiers du budget annuel du Kenya, selon plusieurs études.

Maimouna Dia

(Souce : La Tribune Afrique, 20 septembre 2018)

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