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Mobile banking, trop plein de points de transferts, arnaque, absence de réglementation… : Le secteur du transfert d’argent sous menace

mardi 7 novembre 2017

Les points de transfert d’argent, confrontés au progrès technologique, risquent de connaître le même sort que les défunts télécentres. Se développant à une vitesse fulgurante, lesdits points à l’image des défunts télécentres, restent très visibles dans la capitale sénégalaise et autres grandes villes du pays. Leral a fait une prospection de ce secteur. Enquête…

Le secteur du transfert d’argent est sur la même trajectoire que les télécentres des années 90. La concurrence exacerbée, l’arnaque, le Mobile Banking en pleine expansion, menacent l’avenir de ce secteur qui engrange plusieurs milliards de francs. Constat… Les points de transfert sont de plus en plus nombreux dans les artères de la capitale et des grandes villes du pays. Une situation étouffante qui expose le secteur aux premières difficultés, tout en affectant sa rentabilité.

L’expérience des télécentres qui ont disparu au bout de quelques années, à cause du nombre important d’acteurs, intervenant dans le secteur, a commencé dans les années 90. Une même situation semble aujourd’hui, se dessiner. Puisque l’implantation des points de transfert d’argent devient plus rapide et plus inquiétant que du temps des télécentres.

Impossible aujourd’hui, constate Leral, de faire une petite distance sans trouver un point de transfert d’argent. Certains sont développés dans des surfaces contiguës. Et, avec l’attraction ou l’implication de petits affairistes, ce secteur, exposé au syndrome des défunts télécentres, se dirige tout droit vers la saturation.

« Les acteurs sont devenus plus nombreux que ceux des cabines téléphoniques qui étaient très règlementés avec des conditions très corsées à ses débuts. Tel n’est pas le cas pour les points de transfert d’argent. Les épiceries, les boulangeries, les multiservices, les banques, les boutiques, les opérateurs, les particuliers s’activent tous dans le transfert d’argent. Il n’y a plus de distinguo entre ceux habilités à exercer et ceux-là opportunistes », découvre Leral.

Ce secteur est devenu en quelques années, un vrai fourre-tout. Sans compter la multitude d’opérateurs de transfert d’argent, en passe de devenir un phénomène de société. Les usagers sont même confrontés à des pratiques assez bizarres dans certains points de transfert.

Des gérants prennent de manière individuelle, le malin plaisir de plafonner le montant à retirer. Au même moment, d’autres comparent le montant par rapport à la commission à percevoir pour accepter ou refuser de procéder à la transaction. Pis, ne disposant pas suffisamment de liquidités pour procéder à des opérations de retrait, ces gérants n’acceptent que les envois. Ce qui semble être un signe avant-coureur d’un déclin du système.

Les victimes de cette nouvelle stratégie, se comptent à la pelle. Interpellé sur le phénomène, El Hadj Seck raconte sa mésaventure. Le jeune homme, étant dans le besoin de retirer un montant important, dit avoir parcouru sans succès des kilomètres dans la capitale. Il s’est heurté à la mauvaise foi de nombreux gérants, qui ont tous refusé son retrait.

Pourtant, dans la notification d’un transfert, précise-t-on, il est clairement écrit que le bénéficiaire peut retirer le montant transféré dans n’importe quel point de l’opérateur émetteur.

Selon notre interlocuteur, c’était le cas au début. « Je devais retirer un montant de 1 million de francs Cfa dans les points de transfert d’un opérateur mais, c’était impossible. J’ai fait le tour de beaucoup de points du quartier, je n’ai trouvé aucun point pour effectuer ce retrait. Du coup, j’étais obligé d’aller dans une banque de la place pour retirer le montant », raconte-t-il.

Frustré, El Hadj Seck regrette le fait que certains préfèrent faire des opérations d’envoi pour garder le montant transféré en caisse. Et face à cette option injuste, ils refusent de manière catégorique les retraits aux clients.

Non loin, sur le même périmètre, un autre jeune garçon, Djibril Diop sillonnant les rues, casquette bien visée sur la tête, dénonce l’anarchie du secteur de transfert d’argent. Le « Play Boy » admet difficilement que tout le monde puisse être acteur du transfert d’argent dans un pays aussi pauvre que le Sénégal.

« Il y a trop de choses à revoir dans le monde du transfert d’argent. Certains ouvrent des points pour s’enrichir. Et, avec le nombre de points actuellement, personne n’arrive à s’en sortir. Les points sont à zéro mètre, les uns aux autres. Il faut réguler le secteur », a-t-il exhorté.

Ailleurs, il relève que le secteur éprouve des défaillances gigantesques, surtout en matière d’organisation et de réglementation.

Ousseynou Wade

(Source : Leral, 6 novembre 2017)

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