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Mme Fatim Sèye Syllla, coordinatrice nationale de la composante tic du projet usaid / éducation de base : « L’intégration des Tic dans l’éducation est une clé pour répondre au défi de la qualité »

lundi 15 avril 2013

Depuis octobre 2008, sous l’égide du Ministère de l’Education et en partenariat avec d’autres acteurs du secteur public, du privé et de la société civile, le projet Usaid/Edb (Education de base) a développé et mis en œuvre des outils d’un curriculum amélioré, de bonne gouvernance, d’appui aux enfants vulnérables, de promotion du partenariat public privé et d’intégration des Technologies de l’information et la communication intégrées dans l’éducation (Tice). Dans l’interview qui suit, Mme Fatimata Sèye Sylla, coordonnatrice de la composante Tice dans le projet Usaid/Edb, détaille les bons points de ce programme : équipement des établissements, formation des enseignants et administratifs, dispositif de suivi appui. Selon Mme Sylla, l’intégration des Tic dans l’éducation est une clé pour répondre au défi de la qualité.

Qu’est ce qui a motivé l’institutionnalisation des Tic dans le système éducatif sénégalais ?

L’utilisation des Tic dans le système éducatif sénégalais remonte au début des années 80. C’est de là qu’est partie l’initiative d’introduire les Tic comme outil d’enseignement dans les matières scientifiques (maths, physiques...). Parce qu’on avait vu chez les enfants leurs capacités à manipuler les outils sans nervosité et sans appréhension aucune. Ils pouvaient faire des choses extraordinaires allant jusqu’à programmer l’ordinateur. Evidemment à cette époque, les coûts liés à l’accès aux Tic étaient très chers et l’internet n’était pas développé au Sénégal. L’intégration des Tic dans l’Enseignement au niveau de l’élémentaire et du secondaire a ainsi représenté un véritable défi.

A cela, se greffent d’autres défis du secteur de l’Education : il s’agit de celui de la qualité et de la rareté des ressources (manuels scolaires, informations et ressources pédagogiques). L’Education coûte cher et mettre ces ressources sus-énumérés à la disposition de tous les enfants et élèves quelque soit leur niveau socioéconomique, a un prix. Mais aujourd’hui, grâce à l’internet, l’accès aux connaissances et aux ressources pédagogiques est facilité. De plus, le coût de l’équipement informatique a baissé. Dès lors, l’intégration des Tic dans le système éducatif a représenté une clé pour répondre au défi de la qualité.

Au regard de cette évolution, quel est l’état des lieux du dispositif que vous avez mis en place ?

Le contexte sus-présenté a conduit le ministère de l’éducation et le bailleur Usaid à introduire les Tic comme outils d’enseignement-apprentissage-gestion au niveau du système éducatif sénégalais notamment au niveau du cycle moyen, pour améliorer la qualité de l’éducation.

Nous avons dû faire un état des lieux car pour introduire les Tic il faut des pré-requis qui sont la disponibilité de l’électricité, et un accès à l’internet. Nous nous étions fixés comme objectif d’équiper 408 établissements. Seulement, les résultats d’étude de faisabilité que nous avions commandité nous ont indiqué que 50% des établissements ciblés n’avaient pas accès à l’électricité et c"était un gros problème. Face à cette situation, nous avons mobilisé tous les acteurs autour de l’éducation et des Tic pour réfléchir ensemble.

Nous avons ainsi mis en place un noyau dur dénommé Imed (Internet pour une meilleure éducation) constitué de professeurs d’université, d’enseignants chevronnés, d’inspecteurs du système, d’agents de l’Adie (Agence de l’informatique de l’Etat), de la Cime (Cellule informatique du ministère de l’éducation), le Résefad (Réseau pour l’enseignement et la formation à distance), et la Fastef, entre autres acteurs. Ensemble, nous avons travaillé sur un modèle de Cem numérique. Nous avons travaillé sur des modules de formation pour les enseignants et comment, dans la pratique, introduire les Tic dans les apprentissages pour les élèves, mais aussi dans la gestion de l’établissement. Nous avons aussi réfléchi ensemble sur les modèles et types de matériel que l’on pourrait introduire dans ces établissements.

Dans le schéma d’organisation, figurent aussi en pôle-position, les clubs Tic des élèves appuyés par les enseignants. Une première phase pilote, a permis de former des enseignants, et le modèle de Cem numérique a été testé dans 15 établissements. Nous avons évalué et nous avons élargi à partir de la 2ème année. Aujourd’hui, d’ici la fin du mois de mars nous serons à près 300 Cem équipés à travers 10 régions du Sénégal.

Dans la pratique, qu’est ce que cela donne pour améliorer la qualité des enseignements ?

Aujourd’hui, on voit des enseignants qui produisent des contenus numériques. C’est très important, c’est carrément une révolution. Devant la rareté des moyens et la timidité de certains à utiliser les Tic, de jeunes enseignants utilisent ces nouvelles technologies pour créer des contenus. Leurs élèves et eux-mêmes utilisent les Tic pour faire des recherches, préparer des cours et faire des projections en classe.

Les équipements et modules de formation que nous mettons au niveau de ces établissements leur permet de faire toutes ces activités. Au niveau de l’accès aux ressources, nous avons développé un portail pour le développement professionnel de l’éducation. Ce portail permet aux enseignants de travailler en tant que communauté de pratique pédagogique et de collaborer. Ils mutualisent leurs expériences et l’avantage que cela revêt, c’est le perfectionnement dans leurs pratiques d’enseignement. S’y ajoute le gain de temps pour la production et la diffusion de l’information.

En termes de coûts, il y a un ainsi gain économique et environnemental avec moins de papier utilisé du fait des cours projetés et centralisés au niveau du serveur de l’établissement. Dans chaque établissement équipé, nous avons mis à la disposition de la salle informatique des ordinateurs fixes ou mobiles avec un vidéo projecteur, un écran de projection et des accessoires tels que des imprimantes.

Aujourd’hui, c’est quoi le principal challenge ?

Le grand défi, est de trouver des stratégies pour que chaque enfant puisse bénéficier des Tic malgré les flux importants d’élèves dans les établissements. Le challenge est aussi de faciliter la bonne gouvernance. De façon pratique, le chef d’établissement qui travaille avec son comité de gestion rend disponible le budget de l’établissement, la collecte des cotisations, le tableau des dépenses, les comptes rendus des réunions... Tout ceci peut être mis à la disposition du public à travers le site web de l’établissement géré par les enseignants et les élèves. Avec cette plateforme, l’établissement peut rendre visible ses partenaires et faire appel aussi à un appui de la part de partenaires.

Un autre défi, et pas des moindres, est celui de la mobilisation autour de l’énergie. L’étude de faisabilité que j’ai déjà évoquée nous avait indiqué que moins de 50% sur les 408 collèges que nous avions ciblé, avait accès à l’énergie. Nous avons donc fait une tournée de mobilisation pour sensibiliser et informer la communauté éducative de chaque région. Si je prends la région de Ziguinchor qui n’avait pas 30 Cem, elle se retrouve aujourd’hui avec 70 Cem équipés.

La région a pu mobiliser et faire en sorte que les établissements aient accès à l’énergie. C’est quelque chose de très important. Nous sommes aussi en train de cultiver l’excellence à travers une compétition saine. Le concours national Oscar Tice Edition 2013 a pour but de rendre visibles les établissements scolaires de par leurs résultats, le dynamisme des enseignants, les performances des comités de gestion d’entreprise avec une gouvernance saine et participative. La finalité de cette démarche est de mobiliser les partenaires pour appuyer les établissements vers l’excellence.

Avec un tel investissement, avez-vous prévu un dispositif de suivi-appui ?

Au niveau de chaque région nous avons formé et équipé cinq encadreurs de système : inspecteurs ou inspecteurs spécialisés. Ils sont souvent des encadreurs pédagogiques de haut niveau. Nous les avons formés sur l’intégration des Tic et nous les avons équipés. Nous les appelons les supercoachs régionaux qui ont appris à produire des contenus numériques à partir du curriculum que le projet a amélioré.

Ils ont travaillé avec des coachs, parce qu’au niveau de chaque établissement, nous en avons formé deux pour encadrer leurs pairs au sein de l’établissement. Nous avons fait en sorte que les Tic puissent avoir des alliés sûrs qui veillent et travaillent pour un bon ancrage dans l’établissement. C’est cela la grande innovation et le véritable dispositif d’Institutionnalisation et de suivi-appui. Les IEF sont également au cœur de ce dispositif. Ils ont été équipés pour le suivi et ont également été impliquées dans la planification et la mise en œuvre des activités Tice du projet Usaid/Education de Base.

(Source : Le Soleil, 15 avril 2013)

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