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Microsoft Afrique de l’Ouest : 85% des logiciels piratés

lundi 13 octobre 2008

Microsoft vient d’ouvrir à Dakar son bureau pour l’Afrique de l’Ouest et du centre. Le tout nouveau directeur général déplore que 85% des logiciels en circulation dans la région soient piratés.

Les Afriques : M. le Directeur général, que représente le bureau régional Afrique de l’Ouest et du centre en termes d’investissements et d’opportunités ?

Ibrahim Youssry : Je vais vous dire d’emblée que Microsoft est plus que jamais au service du développement de l’entreprise africaine. C’est pourquoi nous avons jugé utile d’ouvrir ce bureau à Dakar. En termes d’investissements, Microsoft a mis sur la table des millions de dollars sur ce marché africain très prometteur. Outre le Sénégal, qui abrite le siège du bureau régional, nous sommes présents en Côte-d’Ivoire et au Cameroun et nous comptons renforcer notre présence dans des pays comme le Congo, le Gabon, le Mali ou le Burkina.

LA : Quel est l’impact de votre firme sur l’économie de ces pays d’Afrique de l’Ouest et du centre ?

IY : Notre business modèle est essentiellement basé sur le partenariat, donc notre développement est intimement lié à celui de nos partenaires. Mais je vais vous dire une chose, si l’Afrique tient réellement à son essor économique, il faudra au plus vite initier une lutte acharnée contre le piratage des logiciels. A ce jour, 85% des logiciels en circulation dans notre région d’intervention sont piratés. Et la plupart des auteurs de tels actes le font par ignorance. C’est la raison pour laquelle nous avons récemment érigé un département anti-piratage pour lutter contre ce fléau des temps modernes en relation avec les Etats et le secteur privé. Mais le Sénégal représente aujourd’hui 35% de notre chiffre d’affaires sur la vingtaine de pays que nous couvrons dans ces deux parties du continent. La Côte d’Ivoire est légèrement devant avec près de 45%.

LA : Que représente le Sénégal dans votre stratégie de développement de l’entreprise africaine ?

IY : J’aurais du mal à vous parler des revenus parce que l’année fiscale vient à peine de commencer. Mais le Sénégal représente aujourd’hui 35% de notre chiffre d’affaires sur la vingtaine de pays que nous couvrons dans ces deux parties du continent. La Côte d’Ivoire est légèrement devant avec près de 45%. Nous avons des ambitions très grandes pour le Sénégal au vu de ses potentialités importantes dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. C’est dans ce cadre que nous venons de démarrer la première phase d’un programme mené avec Planet Finance Sénégal, une structure de promotion du microcrédit. Nous venons d’initier 450 microentrepreneurs clients d’institutions de microfinance à l’utilisation de l’outil informatique pour la gestion d’une microentreprise et d’un crédit. Il s’agissait concrètement de former ces acteurs de la microfinance à la pratique des logiciels Word, Excel, Outlook... outils de base nécessaires à la bonne gestion et à un management efficace de leur entreprise. Cette maîtrise entraîne de fait, à terme, une meilleure pérennisation de la microentreprise.

LA : Quelle relation Microsoft fait-elle entre le développement des TIC et l’essor de l’économie africaine ?

IY : Selon notre firme, dans l’économie d’aujourd’hui, basée sur la connaissance, la maîtrise de l’informatique est devenue une compétence essentielle. Au cœur de nos affaires, le modèle est notre confiance en d’autres compagnies qui établissent un lien entre le matériel et le logiciel, fournissant des solutions, et offrant des services basés sur la plateforme de Windows. Ce réseau interdépendant global de 650 000 associés de Microsoft crée des occasions énormes pour les communautés locales. Il crée des emplois, produit de la recette fiscale pour des gouvernements, offre des qualifications et des programmes de développement de main d’œuvre et fait des investissements significatifs dans le nouveau monde d’innovation technologique. Saviez-vous qu’au Sénégal et au Mali ce programme a permis de former les agents des 46 centres multimédia communautaires en partenariat avec l’UNESCO ?

Propos recueillis par Mamadou Lamine Diatta

(Source : Les Afriques, 13 octobre 2008)

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