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Marché de l’informatique : 85% des logiciels en circulation sont piratés

vendredi 12 septembre 2008

Les sociétés en informatiques tirent-elles leur épingle du jeu dans le commerce des logiciels ? Une interrogation qui s’impose du moment que Microsoft avance que 85% des logiciels en circulation sont illégaux.

L’activité du piratage des logiciels continue son bonhomme de chemin dans la sous-région. Le directeur des Pme-Pmi et solutions de la filiale Afrique de l’Ouest et du centre de Microsoft, Babou Diallo, a fait savoir, lors d’une conférence de presse que le nouveau directeur Microsoft de la zone, M. Ibrahim Youssry animait ce jeudi 11 septembre à Dakar que : « 85% des logiciels en circulation sont piratés ». Une situation jugée paradoxale vu le taux de pénétration et de l’évolution des Technologies de l’information et de la communication surtout dans le secteur formel.

Le directeur général de la filiale Afrique de l’Ouest et du Centre de Microsoft, M. Ibrahim Youssry, a averti sur les conséquences que cette situation pourrait engendrer. Pour lui, ce fléau n’affecte pas seulement un concepteur comme Microsoft qui va faire les frais. « Le piratage touche l’économie du pays par ce que chaque logiciel piraté c’est une partie de moins du tissu industriel ». Sur cette lancée, son directeur des Pme-Pmi et solutions, M. Babou Diallo a rappelé que « pour un logiciel, il y’a un prix de base et tout autre vendu en dessous est piraté ».

Cette démarche semble gangrener la majeure partie des salles informatiques des écoles où sont généralement utilisées des machines de seconde main. Samba Guissé, directeur du programme citoyenneté de Microsoft Afrique de l’Ouest et du centre, avise que : « au niveau des écoles, généralement ce sont des ordinateurs de seconde main qui sont utilisés et le réflexe est de chercher un logiciel piraté ». Ce qui, selon lui, pose un problème d’information parce que : « elles ignorent que ces logiciels peuvent être acquis presque gratuitement ». A l’en croire, cette tendance à se ruer sur les logiciels piratés non protégés explique la fréquence de virus dans les machines.

La menace que présentent les logiciels piratés ne semble pas être la même pour les logiciels libres. Le responsable avant-vente du bureau Afrique de l’Ouest et du Centre, M. Coulibaly avise que : « il n’y a pas de risque avec les logiciels libres mais quand vous vous engagez dans cela, il faut trouver les moyens de l’entretenir contrairement aux logiciels de Microsoft où il y’a tout un dispositif derrière ».

Face aux menaces que constituent les logiciels piratés, Microsoft ne semble pas se laisser faire. En plus des moyens de protection qu’elle est en train de développer, ce géant de l’informatique compte sur des méthodes consistant en partie à communiquer sur les avantages de ses logiciels et plancher sur les moyens de sécuriser les plateformes informatiques des entreprises en sensibilisant les revendeurs et les utilisateurs. Ce constat amène le directeur général de la filiale Afrique de l’Ouest et du centre de Microsoft a concédé que : « il y’a beaucoup de chemins à faire pour le développement des Tic dans la région ». Selon M. Ibrahim Youssry, « il y’a des parties qui ont les moyens technologiques et ne savent pas les utiliser et une autre partie qui n’en on pas ».

L’entreprise compte solidifier son encrage dans les pays tout en continuant son investissant dans les secteurs économique et social. C’est ainsi, le Sénégal qui représente 35% du marché de Microsoft dans la sous-région, derrière la Côte d’Ivoire (40%), devra bénéficier d’un projet consistant à travailler avec les télécentres. Selon Samba Guissé, ce programme consiste à aider les télécentres à se doter de matériel informatique afin de diversifier leurs activités et leurs sources de revenues. Un projet dont la finalité est de contribuer à la lutte contre la fracture numérique.

Bakary Dabo

(Source : Sud Quotidien, 12 septembre 2008)

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