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Mamadou Niane, « Notre modèle, notre vision et nos stratégies sont solides »

mardi 8 novembre 2016

Mamadou NIANE, Co-fondateur et Directeur des opérations d’Afrimalin ne manque pas d’ambitions. Grâce à cette nouvelle plateforme, ses partenaires et lui s’activent à provoquer une révolution dans l’environnement africain du e-commerce.

Avant le démarrage de l’aventure Afrimalin, quel a été votre parcours professionnel ?

MAMADOU NIANE : Après mon parcours universitaire, j’ai commencé ma carrière professionnelle comme Directeur commercial et marketing au sein du groupe Allure. C’est une agence de communication spécialisée dans les supports publicitaires innovants. Ensuite, de 2014 à 2016, j’ai travaillé au déploiement de Kaymu (Jumia group) la première marketplace au Sénégal. C’était une aventure humaine incroyable. Avec mes collègues, qui sont devenus des amis proches, nous avions l’impression d’être des pionniers à la conquête de l’ouest. Nous avions la même détermination, le même sentiment. Il n’y avait de limite que celle de notre esprit. Le e-commerce était naissant au Sénégal. À chaque décision, nous explorions une piste vierge.

Comment vous est venue cette idée novatrice ? Parlez nous de la genèse du projet Afrimalin.

M.N : Afrimalin est le fruit d’un constat. L’Afrique connaît actuellement une révolution technologique. Le taux de pénétration de la téléphonie mobile en est sans aucun doute l’une des illustrations les plus éloquentes. Entre 2000 et 2014, soit moins de 15 ans, les abonnements sont passés de 15 millions à plus de 850 millions. Malgré cela, nous remarquons que les PME, les commerçants et les artisans ne profitent pas assez de cette dynamique alors que 80% des dirigeants d’entreprises espèrent accroître leur activité grâce à internet. La plupart de ces entreprises ne disposent pas des ressources internes nécessaires pour tirer pleinement profit des opportunités offertes par le numérique. Avec Afrimalin nous avons voulu déployer une plateforme spécialement conçue pour accélérer les opportunités d’affaires des PME, des commerçants et des artisans grâce au commerce en ligne.

Votre entreprise a été formellement créée en Mai 2016 et vous avez effectivement démarré les activités en Septembre 2016. A quel mode de financement avez-vous eu recours ?

M.N : Comme toutes les start-up, nous avons débuté par des économies personnelles. Financer l’amorcage est une étape assez simple. Cela dépend de sa propre capacité financière. En ça être à plusieurs est un atout. La question du financement devient complexe une fois l’étape de l’« angel investment » atteinte. Elle est capitale car elle permet à une start-up d’assurer sa croissance et son développement. Afrimalin vient de passer cette étape importante. Nous sommes parvenus à lever 400 000 € auprès de plusieurs investisseurs de référence. Il s’agit notamment de la famille Milchior, de David Kalfon et de Yannick Naud.

Au niveau opérationnel, comment ce site fonctionne-t-il exactement ?

M.N : Afrimalin est très simple d’utilisation. Par exemple, une personne souhaitant vendre un téléphone se rend sur le site afrimalin.com et crée son compte. Il a la possibilité de le faire en utilisant son compte Facebook ou en répondant à 5 questions pratiques. A partir de là, l’utilisateur bénéficie de l’ensemble de l’univers Afrimalin. Il peut, entre autres, poster son annonce quelques clics. Il décrit son article, ajoute une photo et l’annonce est en ligne. Nous avons également mis en place Afrimalin Pro. C’est un service qui permet aux PME, aux commerçants et aux artisans de bénéficier de l’expertise de nos équipes commerciales et IT. Le service se base sur trois piliers que sont : la démonstration des opportunités liées au e-commerce, la définition d’une stratégie adaptée et le suivi pour optimiser l’intégration du numérique et les ventes via Afrimalin.

Qui ciblez-vous donc précisément à travers cette offre ?

M.N : Afrimalin est une solution adaptée aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels. Nous ciblons principalement les 20-45 ans appartenant à « la classe moyenne ». Cette génération est bien connectée, voire même hyper-connectée : elle utilise quotidiennement les nouvelles technologies qu’elle considère comme des outils qui améliorent sa vie. Et l’accès à internet ne cesse de croître. Dans les huit pays que nous couvrons, le nombre d’internautes a été multiplié par 3,5 entre 2010 et 2014. En Afrique francophone, les internautes sont déjà 12% à avoir réalisé des achats via leur mobile. Nous avons également conçu notre offre pour répondre aux besoins grandissants de nos PME, commerçants et artisans africains. Afrimalin permet bien souvent à ces différents acteurs de franchir pour la première fois la porte du digital. Nous les accompagnons et nous leur permettons ainsi d’augmenter leurs ventes, en leur offrant un nouveau canal de distribution et une solution simple. C’est un véritable levier d’accélération pour leurs affaires.

Qu’en est-il des mesures de sécurité pour protéger les utilisateurs de Afrimalin contre le phénomène des arnaques et surtout pour garantir la fiabilité des offres de vente postées par vos visiteurs ?

M.N : La sécurité est une question qui nous tient particulièrement à cœur. Pour ceux nous menons deux types d’actions. Tout d’abord un travail de plaidoyer pour que les législations nationales prennent en compte la cybercriminalité. C’est aussi notre rôle, en tant qu’entrepreneur numérique, d’aider les pouvoirs publics à comprendre ce secteur d’activité qui connaît des évolutions constantes. Nous devons fournir des clés d’analyse et être force de proposition sur les mesures qui peuvent être prise pour protéger les utilisateurs. Puis, nous devons également donner l’exemple. Chez Afrimalin, nous dédions une partie de notre temps à débusquer les arnaques. Certains aspects comme des prix anormalement bas nous alertent. C’est également le cas d’un particulier qui a une activité intense. Nous avons toute une série d’éléments qui nous aide à faire une analyse prédictive et rejeter certaines personnes et annonces. Notre succès réside sur la qualité. Nous voulons plus d’annonces et d’utilisateurs mais pas à n’importe quel prix. La fin ne justifie pas les moyens.

Loh Damas

(Source : Forbes Afrique, 8 novembre 2016)

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante : 25 Gbps
- 2 FAI (Orange et Arc Informatique)
- 8 701 175 abonnés Internet

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  • 18 428 abonnés bas débit (0,2%)

- 635 liaisons louées
- Taux de pénétration des services Internet : 58,79%

(ARTP, 31 décembre 2016)

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- Taux de pénétration : 50,70%

(Internet World Stats 30 juin 2016)

- 5324 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 17 juin 2016)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 285 933 abonnés
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(ARTP, 31 décembre 2016)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 15 186 485 abonnés
- Taux de pénétration : 102, 61%

(ARTP, 31 décembre 2016)

FACEBOOK

- 2 300 000 utilisateurs

(Internet World Stats, 30 juin 2016)