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Mamadou Aidara Diop SG intersyndicale Sonatel : "Il est anormal que l’Etat français soit majoritaire dans le capital de l’opérateur historique du Sénégal"

lundi 20 avril 2009

La cession des actions détenues par l’Etat dans le capital de la Sonatel à France Télécom était le sujet principal de l’émission « Grand Jury » de la Rfm ce dimanche 19 avril. Mamadou Aidara Diop, le secrétaire général de l’intersyndicale de la Sonatel était l’invité du jour.

Mamadou Aïdara Diop, secrétaire général de l’Intersyndicale des travailleurs de la Sonatel apporte la réplique au ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, M. Abdoulaye Diop. Le 15 avril dernier, M. Abdoulaye Diop a tenté de justifier la transaction qui a conduit à l’Etat du Sénégal de vendre une partie de ses actions dans le capital de la Sonatel à France-Télécom. Une transaction qui, à terme, fera de cette dernière, l’actionnaire majoritaire de l’opérateur historique des télécommunications au Sénégal.

« Nous avons été informés par un communiqué que l’Etat a décidé de lui vendre 10% de ses actions. Nous considérons que c’est vraiment une hérésie sur le plan économique. Dans le cadre de la gestion budgétaire d’un pays, la cession des parts de l’Etat ne doit pas être inscrite dans un objectif à court terme », a estimé Mamadou Aïdara Diop, secrétaire général de l’Intersyndicale des travailleurs de la Sonatel sur les ondes de la Rfm au cours de l’émission dominicale "Le Grand Jury".

M. Mamadou Aïdara Diop estime par ailleurs, que le ministre de l’Economie et des Finances, M. Abdoulaye Diop gagnerait à se rapprocher des cadres de la Sonatel pour mieux comprendre les rouages de la gestion d’une société de télécommunications.

Dans le même ordre d’idées, il estime qu’ Abdoulaye Diop a monté ses limites dans la gestion de cette affaire. « Quand un ministre des Finances en arrive à un point où sa signature ne lui permet plus de lever la modique somme de 200 milliards sur le marché financier, il a atteint son seuil d’incompétences », juge Mamadou Aidara Diop.

Et de poursuivre : « Si la seule alternative budgétaire de l’Etat est la cession de ses actions Sonatel, c’est qu’ils sont incompétents. Sur les 17% qui devront rester à l’Etat, il y a 9% qui sont déjà nantis à une banque sous régionale. Sans compter que la Sonatel avait donné 48 milliards à l’Etat en novembre ».

S’y ajoute, fusrtige Mamadou Aïdara Diop, « France Télécom va utiliser la richesse créée par la Sonatel pour acheter des actifs. La Sonatel a investi des centaines de milliards en infrastructures par an, c’est le matériel importé qui donne ces recettes douanières dont le ministre a parlées. Toutefois, avec les 52% de France Télécom, les investissements vont baisser. Les Français vont réorganiser le groupe Sonatel comme font les multinationales ».

« Le bénéfice net de Sonatel tourne autour de 20 à 27 milliards. Avec France Télécom, les bénéfices vont diminuer et les impôts sur les sociétés également. Le gouvernement français est en train de s’organiser pour consolider sa position dans France télécom. Il est anormal que l’Etat français soit majoritaire dans le capital de l’opérateur historique du Sénégal. France Télécom est en train de concurrencer le Sénégal au Mali alors qu’elle n’était pas d’accord pour ouvrir cette filiale. Au Niger, elle nous a contourné pour acheter la licence », déplore t-il également.

Et de rappeler : « En 1997, nous nous sommes jetés dans la gueule du loup car France Télécom s’est muée avec le temps, en devenant une multinationale uniquement préoccupée par la recherche du profit. Nous devons rediscuter de la répartition. Notre objectif est que France Télécom reste à 42%.

Pour rappel, l’Etat du Sénégal a signé un protocole d’accord avec France Télécom le 08 avril dernier. Selon les termes de cet accord, le tiers des actions Sonatel de l’Etat va être cédé à France Telecom. Avec cette acquisition France Télécom détiendra 52% des actions de la Sonatel.

(Source : Nettali, 20 avril 2009 )

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