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Libéralisation des télécommunications : Le bip sera donné en juillet prochain

samedi 3 avril 2004

Le directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications, Malick Guèye, n’y est pas allé par le dos... du combiné : « La libéralisation des télécommunications est déjà lancée. Et l’option de l’Etat est de ne plus prolonger le monopole de la Sonatel. Il a décidé de mettre un terme à ce monopole et va préciser, dans les jours à venir, le schéma de la libéralisation. » Malick Guèye intervenait ainsi, le 30 mars dernier, lors de l’enregistrement du premier numéro de Mutations, animé par Ibrahima Souleymane Ndiaye, qui sera diffusé demain, dimanche. Une émission mensuelle co-produite par l’Agence nationale chargée de la promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix) et la Rts. « La libéralisation des télécommunications est une décision irrévocable prise par l’Etat. Et pour mieux attirer dans ce sens les investisseurs, les téléservices feront partie du champ d’application du Code des investissements », avance pour sa part Souleymane Diallo de l’Apix. Les potentiels opérateurs intéressés par la libéralisation pourront donc retenir une date : le 19 juillet 2004. « C’est une date importante parce qu’elle marquera la fin du monopole de la Sonatel. L’Etat prendra l’initiative politique en lançant un appel d’offres et en fixant le nombre d’opérateurs », souligne Malick Guèye. Cette sortie du responsable de l’organe chargé de la régulation des télécommunications ne traduit pas un coup de pied dans la fourmilière. « Les choses sont claires depuis 1997, avec la libéralisation de la téléphonie mobile, a précisé, de son côté, le Dg de la société des télécommunications, Cheikh Tidiane Mbaye. Nous n’avons jamais peur de la fin du monopole, mais ce n’est pas seulement la Sonatel qui détient un monopole ». La Sonatel a la possibilité de demander une prolongation de trois ans sur le fixe, mais son directeur général n’entend pas exploiter cette disposition de l’article 3.22 du Cahier des charges. « Nous n’allons pas le faire. Naturellement, toute entreprise cherche à transférer un monopole de droit à un monopole de compétences. Quand on s’apprête à aller en guerre, on doit se préparer. La Sonatel est prête depuis 1997 pour affronter la concurrence. Cependant, précise M. Mbaye, cette concurrence doit être saine et bien régulée ». Sous ce volet, le directeur général de l’Agence de régulation rassure : « L’Etat veillera à ce qu’il y ait une règle de concurrence loyale et saine. L’Art sera à équidistance des acteurs. Nous ferons tout pour que l’anarchie ne s’installe pas dans le secteur », soutient pour sa part le Dg de l’Art. Pour les travailleurs de la Sonatel, l’Etat doit faire tout pour éviter une libéralisation sauvage. « La Sonatel est prête, mais l’Etat ne l’est pas encore. A trois mois de l’échéance, il est inquiétant que les textes ne soient pas encore prêts pour définir le choix du modèle. Pire, aucun acteur ne participe à l’élaboration des textes », s’inquiète Gabou Guèye, secrétaire général du Sntpt. En plus, ajoute-t-il, « nous doutons des capacités de l’Art pour réguler un marché de plusieurs milliards de francs comme les télécommunications ». Comme s’ils s’étaient passé le combiné, le secrétaire général de l’Intersyndicale de la Sonatel, Ibrahima Konté, renchérit pour dénoncer ce qu’il appelle le « requiem » qu’on veut vite faire de leur entreprise. « Les clés du succès de la Sonatel ne viennent pas du monopole comme d’aucuns peuvent le laisser croire. Si on compare le Sénégal avec le reste de l’Afrique, la Sonatel est très en avance. Le peuple sénégalais a donc intérêt à aller vers un débat national. Et si on fait un mauvais schéma de libéralisation, nous irons vers une régression dans le secteur », avertit le syndicaliste. Dans son entretien, le ministre de l’Information et de la Coopération panafricaine dans les Ntic, Mamadou Diop « Decroix » a rendu le réseau plus clair. « Nous allons convoquer tous les acteurs autour d’une table afin d’éviter certains travers que nous avons connus lors de tentatives de privatisation de certaines sociétés (Senelec par exemple) », assure le ministre. Mais Sos Consommateur n’est pas pour un débat national. « Il ne peut pas y avoir de débat préalable à la libéralisation. D’autant plus que les responsables de la Sonatel ont déclaré qu’ils sont prêts depuis 1997. La Sonatel se préparait donc depuis 7 ans », relève Me Massokhna Kane. Le président de l’association consumériste estime que la Sonatel est en train de faire du lobbying pour retarder l’échéance du 19 juillet prochain. « Nous allons nous aussi faire du lobbying pour qu’il y ait une libéralisation saine. Nous ne souhaitons pas que la Sonatel qui est une fierté nationale, connaisse des difficultés, mais que la libéralisation soit menée au profit des consommateurs qui veulent des tarifs à la portée de leur pouvoir d’achat », soutient Me Kane. Dans ce cadre, le Dg de la Sonatel est d’avis que la régulation doit se faire au bénéfice des consommateurs, et que les télécommunications doivent s’organiser autour d’un opérateur leader comme cela se fait partout dans le monde.

Johnson MBENGUE

(Source : Wal Fadjri 3 avril 2004)

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