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Lettre de politique sectorielle de la Sonatel : Dans la psychose d’une faillite programmée

mercredi 9 février 2005

La dernière mouture de la lettre de politique sectorielle des télécommunications publiée par le gouvernement du Sénégal laisse un goût amer à l’Intersyndicale des travailleurs de la Société nationale des télécommunications (Sonatel) et les cadres de cette boîte. Pour cause : « Elle conduit à une libération mal maîtrisée ainsi qu’elle comporte nombre d’incohérences et de dessous inavoués. » Cette position des travailleurs a été évoquée hier lors d’une conférence organisée à cet effet.

Pour le secrétaire général de l’Intersyndicale, Ibrahima Konté, cette lettre de politique sectorielle, bien qu’elle ait été attendue, a suscité « une grande déception du fait des ambiguïtés, de la démarche tatillonne et de la non-transparence qui la caractérisent ». Ainsi, l’inquiétude des syndicalistes réside sur le fait que cette mouture publiée est très différente de la première d’autant « qu’elle est en porte-à-faux d’avec l’esprit, les débats, les conclusions et les contributions de la concertation nationale sur le secteur des télécommunications de juillet 2004 ». « Donc, cette concertation n’était qu’un moyen de faire du saupoudrage si l’on sait que rien de ce qui y est ressorti n’a été pris en compte. A quoi bon alors de convier les acteurs si, par devers soi, on nourrit des desseins inavouables et louches qu’on est disposé à réaliser quoi qu’il advienne », se demande M. Konté.

D’une part, il est d’avis que les incohérences contenues dans le document sont relatives à « l’option claire de l’Etat pour un schéma de libéralisation politico-spéculativo-financière avec sa volonté de se retirer du capital de la Sonatel ». Une démarche que les syndicalistes trouvent impertinente compte tenu du fait qu’un secteur aussi stratégique que les Télécommunications ne peut être géré sans que la puissance publique n’y ait un droit de regard. « Si l’Etat cède ses 27 % de parts au capital, la société sera totalement privée et France Telecom, qui préside actuellement le conseil d’administration, aura les coudées franches dans la mesure où elle aura en face des travailleurs qui ne possèdent que 10 % du capital. » De même, poursuit El Haji Sarr de l’Amicale des cadres, « les 80 milliards produits par la vente des actions de l’Etat seraient utilisés à des fins autres que la volonté de construire autour de l’existant ».

DESSOUS POLITIQUES

En effet, M. Sarr soupçonne que « ces fonds qui devraient servir à investir dans ce secteur soient utilisés à des fins électoralistes ou pour enrichir certains groupes ». D’ailleurs, renseignent les camarades de M. Konté, « cette lettre cache bien des dessous politiques en ce sens qu’il existe des lobbies tapis dans l’ombre de la Présidence de la République et du ministère des Télécommunications nourrissant des ambitions personnelles. Ce qui est la cause de la non-prise en compte des conclusions issues de la concertation nationale ».

D’autre part, les travailleurs de la Sonatel s’indignent contre la volonté de l’Etat de recourir à des opérateurs régionaux dans le service universel car, argumentent-ils, « ceci est en parfaite contraction avec l’option d’un nouvel opérateur global. Comment peut-on prévoir des opérateurs régionaux et d’autres dits globaux dans un même marché déjà étroit. Cette option est d’autant plus inopportune qu’elle réduit considérablement les marges de bénéfices et constitue un frein à la possibilité de diversifier les investissements nécessaires à un service de qualité ».

Par ailleurs, autre inquiétude évoquée par les syndicalistes et les travailleurs, ce sont les conditions de choix du troisième opérateur. Bien qu’ils soient pour la concurrence et la libéralisation, ils restent convaincus que cette concurrence ne doit pas être « sauvage ». « Les conditions d’attribution doivent être clairement définies au lieu de tailler un cahier des charges à la mesure d’un opérateur privilégié. Nous exigeons la mise en place d’un calendrier et d’un chronogramme précis pour la mise en œuvre de toutes les phases administratives, financières et techniques du schéma de libéralisation. Cela, pour mettre la Sonatel à l’abri d’une faillite issue d’une mauvaise politique de libéralisation qui a déjà mis à genou des géants du secteur comme Mci et Att », conclut M. Konté.

Ndiaga NDIAYE

(Source : Le Quotidien, 9 février 2005)

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