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Les leaders africains des télécoms à l’heure de la crise boursière

samedi 8 novembre 2008

Safaricom, Maroc Télécom, Sudatel, Sonatel, Orascom, Zain et MTN. Des opérateurs télécoms qui ont ressenti dans certaines proportions la crise boursière.

Dans un environnement volatile, les valeurs télécoms des principales places financières africaines sont loin de jouer le rôle d’abri qu’on leur prête souvent quand les valeurs financières s’effritent. Au contraire, tout se passe, avec la crise d’octobre, comme si une certaine connexion avec la grande finance était responsable de la déroute de Safaricom. L’opérateur, fort de 1901 millions de dollars de capitalisation boursière, a perdu 25% sur la première semaine d’octobre. Manifestement, le leadership de Safaricom sur le marché kenyan n’a pas eu son effet dans les décisions des investisseurs. On peut presque en dire de même de la petite forme de la Sonatel à la Bourse d’Abidjan. Le leader du secteur des télécoms au Sénégal, qui traitait à un cours de 135 000 FCFA le 16 octobre dernier, est confronté, comme Safaricom avec l’arrivée de Kenya Telkom, filiale de France Télécom, au démarrage prochain d’une filiale de Sudatel au Sénégal.

Sudatel prend son temps

Sudatel a longtemps entretenu le suspens sur sa date de lancement (voir ci-dessous). Selon un spécialiste télécom du marché sénégalais, « il y a deux méthodes pour tout nouvel entrant : soit se lancer tout de suite et déployer son réseau sur le territoire en un an ou deux, soit déployer tout le réseau avant le lancement en tirant toutes les conséquences dans l’une ou l’autre méthode ». Manifestement, Sudatel a préféré la deuxième option, à savoir être disponible partout au Sénégal avant de faire un lancement « intéressant ». Il s’agit, poursuit notre interlocuteur, d’une méthode qui a déjà été mise à l’épreuve, mais dont la démarche étonne de la part d’une entreprise croulant sous le cash comme Sudatel. Par exemple, Bouygues a opté en France pour l’inverse, en déployant son réseau petit à petit. Pour accélérer son business, cette entreprise s’était adossée au réseau d’Orange et de SFR, dans une sorte de roaming en national.

Voilà autant de choix qui ne rentrent pas dans la situation d’un Maroc Télécom leader dans les différents segments au Maroc, et qui a conforté son leadership grâce à l’accroissement, au premier trimestre en cours, de 21,3% de son parc mobile qui relie désormais 14,2 millions de personnes. Le groupe qui pourrait réaliser une opération de croissance de grande envergure, après avoir été bien placée dans la short list du Malien Sotelma, devrait tirer son épingle à la Bourse de Casablanca. Les prévisions tablent sur un chiffre d’affaires de 30 milliards en 2008, en hausse de 9,2%, ce qui a sans doute motivé la recommandation de BMCE Capital, qui demande d’accumuler la valeur Maroc Télécom dans l’optique d’un cours cible de 197 dirhams.

Les leaders toujours engagés dans des projets de croissance externe

Tout comme Maroc Télécom, l’Egyptien Orascom caresse aussi le rêve d’une croissance externe. Seul bémol, des ratios d’endettement jugés élevés pour le groupe égyptien qui supporte une dette de plusieurs milliards d’euros, cumulant 15 milliards d’euros avec la dette de Telekom Austria qu’il voudrait racheter. Et pour ne rien arranger à la chose, le bénéfice semestriel d’Orascom, la plus grande société de téléphonie mobile du Moyen-Orient, a chuté de 72% au terme du premier semestre. La société dirigée par Naguib Sawiris a publié un bénéfice net de 276 millions $, alors que, l’année dernière, une plus-value de 708 millions $ sur la vente d’actions Hutchinson Télécommunications avait poussé le bénéfice à flirter avec le milliard. Pour sa part, Zain, qui a consacré ce premier semestre au raccordement de son réseau africain et à la promotion de sa nouvelle dénomination à travers une action de communication d’envergure, fait de l’acquisition d’une troisième licence au Rwanda un objectif de semestre. Auréolé d’un trophée lors de la cérémonie des Global Telecoms Business Awards tenus en septembre à Londres, Zain aurait mal digéré, selon nos informations, l’arbitrage rendu dans le différend qui l’opposait à Gabon Telecom. Pour confirmer que tous les leaders rêvent de croissance externe, citons la sortie réussie de MTN Group, qui a acquis récemment sur le marché ivoirien Arobase Telecom et Afnet Internet Services. De quoi conforter le leader sud-africain qui devra toutefois continuer à convaincre les boursicoteurs après avoir vu son cours fondre de 15% à 11 dollars. C’est sûr, quand la finance va mal, les télécoms perdent le réseau.

MBF

(Source : Les Afriques, 8 novembre 2008)

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(Internet World Stats 31 décembre 2018)

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(NIC Sénégal, avril 2020)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

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Téléphonie mobile

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(ARTP, 30 septembre 2021)

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