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Les gérants de télécentres inquiets aussi

samedi 17 janvier 2004

M. Bassirou Cissé, le président de l’Union des gérants des télécentres et télé services du Sénégal, n’est pas resté silencieux face à la nouvelle donne de la libéralisation. Il assure que son organisation a toujours été pour « une libéralisation assainie du secteur, mais que ce ne soit pas pour aller vers un désordre infernal ». M. Cissé déclare que son but et celui de l’union qu’il dirige, est de protéger un secteur qui contribue de manière conséquente à l’économie nationale. Il rappelle volontiers que : « L’union nationale des télécentres et télescripteurs du Sénégal, c’est 17 000 télécentres, 24 000 gérants, un chiffre d’affaires annuel de 50 milliards de francs, pour 7,5 milliards de francs de Tva reversés à l’Etat. » Tous ces « acquis » ne devraient pas être remis en cause par une libéralisation mal maîtrisée, pense-t-il.

Il demande donc, notamment, que tous les opérateurs qui voudraient investir dans le secteur évitent d’instaurer une guerre de prix de l’unité de téléphone. « Personne n’y gagnerait. Les gérants de télécentres seraient obligés de mettre la clé sous le paillasson, et à la longue, c’est le client qui se retrouverait perdant », signale-t-il. La Sonatel avait fini par comprendre cela et, depuis deux ans, a mis en place une politique nouvelle pour l’agrément des télécentres, dont tout le monde a vérifié l’efficacité.

Bassirou Cissé rappelle qu’il a fallu beaucoup de temps pour que sa structure et la Sonatel arrivent à des rapports civilisés. A un moment, la Sonatel accordait trop facilement des autorisations d’ouverture de télécentres. Il régnait un grand désordre dans les contrats d’agrément. « On trouvait souvent des boutiques-télécentres, des maisons de coiffure-télécentre, ou même des dibitérie-télécentre. Aujourd’hui, cela n’est plus possible. Aucun gérant n’a plus le droit de commercer autre chose que des produits ayant un rapport direct avec les communications. » C’est ce progrès que ses camarades et lui craignent de voir remis en cause par une libéralisation non limitée du secteur. Mais M. Cissé a néanmoins fait montre de son optimisme sur la suite des évènements. Il est convaincu que le président Abdoulaye Wade, qui l’avait reçu en audience, partage les mêmes vues sur la question.

Mohamed GUEYE

(Source : Le Quotidien 17 janvier 2004)

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