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Le Startup Act en Tunisie un an après : des leçons à tirer pour les pays africains

vendredi 23 octobre 2020

L’économie numérique n’est plus une simple vue de l’esprit en Afrique depuis de nombreuses années déjà. La transformation profonde qu’elle traduit a induit l’éclosion d’un écosystème économique nouveau : celui des start-up. Mais, sur le continent, ces entreprises innovantes peinent à éclore véritablement. De nombreux écueils, notamment administratifs et financiers, entravent leur croissance. C’est conscient de cette réalité et soucieuse de donner à son tissu économique une chance de tirer pleinement parti de la quatrième révolution industrielle que la Tunisie s’est dotée d’un outil de gouvernance spécifique. Un an d’expérimentation plus tard, le Startup Act a tout changé et ses résultats pourraient inspirer ailleurs.

La Tunisie compte aujourd’hui un total de 248 start-up labélisées. Ce sont celles qui ont rempli un certain nombre de critères définit par le Startup Act, le cadre juridique innovant et unique lancé en avril 2019 par le gouvernement tunisien pour accompagner les jeunes entrepreneurs locaux qui décident d’investir dans le pays et les entrepreneurs étrangers qui ont décidé de s’y installer.

De nombreuses autres ont échoué à acquérir ce titre mais ne baissent pas les bras. Au total, pour la période avril 2019-avril 2020, c’est 416 start-up qui ont demandé le label pour obtenir une série d’avantages et d’incitations.

Au total, pour la période avril 2019-avril 2020, c’est 416 start-up qui ont demandé le label pour obtenir une série d’avantages et d’incitations.

« Depuis ma prise de fonctions en tant que ministre des Technologies de la Communication et de la Transformation Digitale, l’une de mes routines préférées est sans doute la cérémonie de remise des labels aux start-ups tunisiennes innovantes. Ce rituel, auquel je me fais un point d’honneur de présider chaque mois, me permet de découvrir avec émerveillement l’incroyable potentiel d’innovation de notre jeunesse. Cette jeunesse qui innove, nous nous devons de lui venir en aide, sans complaisance et avec la ferme conviction que c’est à travers elle que la transformation digitale de la Tunisie s’opèrera. Pour aider cette jeunesse qui entreprend, le cadre juridique unique du Start-up Act donne déjà d’excellents résultats, mais il nous faut aller encore plus loin », estime Mohamed Fadhel Kraiem, le ministre des Technologies de la communication.

Retombées

Selon le rapport annuel du Startup Act Tunisie 2019-2020, publié par Smart Capital, l’ensemble des 248 start-up labellisées a généré un chiffre d’affaires cumulé de 66 millions de dinars (env. 20 millions d’euros) en 2019, dont 72% a été réalisé sur le marché tunisien. Plus d’un tiers de ces start-ups (38%) n’ont pas réalisé de chiffre d’affaires tandis qu’environ un tiers (32%) ont réalisé un chiffre d’affaires inférieur à 100 000 dinars (environ 30 000 euros).

Par ailleurs, 23% des start-ups labélisées ont généré un chiffre d’affaires entre 100 000 et 1 million de dinars et près de 7% d’entre-elles ont un volume d’affaires supérieur à 1 million de dinars. Les start-ups labélisées ont réalisé la moitié de leur chiffre d’affaires à l’export avec l’Europe. Pratiquement trois quart du chiffre d’affaire à l’export a été réalisé avec les marchés européens, la région MENA et l’Afrique. Sur les 66 millions de dinars de chiffres d’affaires, 72,4% a été généré par des start-up tunisiennes alors que le reste est le fruit du travail des start-up étrangères qui sont déjà au nombre de quatorze dans le pays.

Pratiquement trois quart du chiffre d’affaire à l’export a été réalisé avec les marchés européens, la région MENA et l’Afrique.

Les start-up labélisées employaient 2829 personnes jusqu’en avril 2020, y compris les fondateurs, avec une moyenne de 11 personnes par startup. Quasiment le tiers de ces emplois a été créé durant la première année de la start up, et 4 emplois sur 10 dans les start-up labellisées sont déclarés comme effectif féminin, indique le rapport. 549 personnes ont été enregistrées comme fondateur de start-up. Parmi elles, 52,3% ont entre 20 et 34 ans ; l’âge de 43,4% varie entre 35 et 49 ans ; 3,6% ont entre 50 et 65 ans et 0,7% sont âgés de plus de 65 ans.

Perspectives

Les données révélées par le rapport sur l’an un du Startup Act témoignent du dynamise impulsé à l’industrie tunisienne de l’innovation. Elles laissent présager une montée en puissance graduelle car le Startup Act n’est que le premier pilier du programme Startup Tunisia dont l’objectif est de développer l’entreprenariat innovant local.

Le second pilier qui devrait bientôt être mis en place porte sur le nouveau cadre d’investissement. Il fera émerger une industrie de capital-risque solide et dynamique. Ce cadre repose sur 3 instruments : le Fonds de Fonds ANAVA, un incubateur de sociétés de gestion, et le Fonds de garantie des start-ups. Il viendra résoudre le problème d’accès au financement des innovateurs qui, en 2019, ont effectué un total de 70 opérations de levées de fonds d’une valeur de 60,6 millions de dinars (18,6 millions d’euros). 64 de ces opérations (92%) ont été faites pour des montants inférieurs à 1 million de dinars. 43 opérations d’investissement ont été réalisées pour des montants entre 100 et 600 000 dinars alors que 6 de levées de fonds dépassent le million de dinars. La majorité de ces fonds a été prélevée sur l’épargne personnelle des fondateurs de start-ups ou via l’appui familial.

Le second pilier qui devrait bientôt être mis en place porte sur le nouveau cadre d’investissement. Il fera émerger une industrie de capital-risque solide et dynamique.

Enfin, deux autres piliers viendront compléter le programme de développement de l’industrie stat-up tunisienne. Il s’agit du nouveau schéma d’appui aux start-ups et aux structures de soutien de l’écosystème (SSO) et du nouveau plan d’appui à l’innovation dans le secteur public (dématérialisation des services administratifs, les services connectés et simplifiés...).

Pour Mohamed Fadhel Kraiem, le ministre des Technologies de la communication, « la Tunisie dispose d’un gisement important de compétences ainsi que d’une grande appétence pour l’entrepreneuriat chez les jeunes : Il nous revient de mettre en place les mécanismes nécessaires afin de canaliser toute cette énergie et appuyer nos start-ups dans leur développement. Je crois fermement que la transformation digitale de la Tunisie est un processus déjà amorcé. Ce processus ne fera que gagner en puissance à mesure que nous multiplierons le nombre de startups innovantes et que nous poursuivrons les efforts entrepris en vue de faciliter encore et toujours le quotidien des porteurs de projets ».

Muriel Edjo

(Source : Agence Ecofin, 23 octobre 2020)

Post-Scriptum

Avantages du label pour les entrepreneurs

La bourse de start-up

Allocation donnée au co-fondateur et actionnaire d’une start-up en lancement pour couvrir les charges de vie pour une (01) année. Son montant est indexé sur la rémunération antérieure durant les 12 derniers mois pour un salarié et prend la forme d’une indemnité fixe pour les non-salariés. Son montant maximum est de 5000 dinars net/mois et le minimum est de 1000 dinars net/mois.

Les brevets

Prise en charge par l’Etat des procédures et des frais d’enregistrement des brevets des start-ups au niveau national et international.

Le bon échec

Le Startup Act encourage le bon échec en favorisant la liquidation amiable des start-ups à travers la conjugaison de mesures comme le Fonds de garantie des start-ups, l’exonération de l’impôt sur les sociétés et la prise en charge par l’Etat des charges salariales et patronales.

Le congé pour création de start-up

C’est un congé d’une (01) année renouvelable une (01) fois accordé au co-fondateur d’une Startup pour qu’il se dédie à plein-temps au lancement et au développement de sa start-up. L’employeur, public ou privé, ne peut pas s’opposer au départ du bénéficiaire du congé (hormis le cas d’un employeur privé employant moins de 100 salariés). Le bénéficiaire de ce congé peut y mettre fin à tout moment et revenir à son emploi d’origine moyennant préavis.

Le SIVP et les programmes d’emploi

Tout jeune diplômé éligible aux programmes d’emploi, dont le stage d’initiation à la vie professionnelle (SIVP), qui créé sa start-up et rejoint une start-up en tant que salarié peut conserver cet avantage et s’en prévaloir à la fin de sa relation avec ladite Startup et ce dans un délai de trois (03) ans.

Source : startupact.tn

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