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La population africaine et les MOOCs

vendredi 14 juillet 2017

Les TIC ont contribué au développement de beaucoup de domaines. De nouvelles pratiques naissent et sont adoptées par des millions de personnes. Dans le secteur de l’éducation, les Tics ont transformé la manière d’apprendre avec de nouveaux modes d’apprentissages parmi lesquels figurent les MOOCs. Ces types de cours en ligne ont bénéficié à beaucoup d’étudiants du monde mais plus particulièrement à ceux de l’Afrique qui autrefois évoluaient dans un environnement d’apprentissage contraignant.

Éclairage conceptuel

Le MOOC est d’abord un acronyme signifiant Massive Open Online Course. En français, l’expression donne Cours en ligne ouverts et massifs. C’est une catégorie de formation en ligne ou elearning ouvert et à distance en télé-enseignement. Les participants ou étudiants ne sont pas physiquement présents, ils sont dispersés géographiquement. Leur communication est assurée par Internet, d’où le caractère massif de ces cours qui se déroulent dans un média dit de masse. Les MOOCs peuvent être catégorisés en deux types :

les XMOOCs qui servent principalement à la validation de compétences par une délivrance de certification à la fin de la formation assurée par des enseignants qualifiés.

Les CMOOCs dont les objectifs d’apprentissage sont beaucoup plus ouverts et le contenu se construit selon la participation des individus qui donnent leurs contribution et aboutissent à un édifice, une formation collective. Contexte d’adoption : une situation universitaire en crise

En Afrique, les MOOCs sont déjà devenus une réalité. Étant un continent avec une population majoritairement jeune, l’Afrique détient de ce fait un nombre important d’élèves et d’étudiants. Le système éducatif n’en demeure pas moins en crise avec de nombreux problèmes.

Il s’agit tout d’abord d’un pléthore important des effectifs dans les universités du continent. Les universités publiques contiennent un nombre insupportable d’étudiants comme par exemple l’université Cheikh Anta Diop de Dakar qui accueille 80 000 élèves pour une limite de 50 000. Chaque année, de nouveaux bacheliers frappent aux portes des universités publiques, les trouvant dans une situation de crise démographique.

Ensuite, le deuxième problème est le manque d’infrastructure qui est en réalité, en corrélation avec celui du pléthore. Cet aspect aggrave le problème de l’enseignement supérieur en Afrique. Il n’y a pas assez d’établissements publics pour recevoir les nouveaux bacheliers annuels, et ceux privés ne sont pas accessibles à cause de la chéreté de leurs tarifs, malgré leur forte présence. Ce problème d’infrastructure est tellement d’actualité qu’en 2016, pour éviter la surcharge et équilibrer le partage dans les orientations (en termes de limite du nombre d’élèves à accueillir pour les établissements publics), l’état du Sénégal a intégré certaines universités privées dans sa liste d’établissements d’accueil.

Enfin, un autre problème majeur est l’exil des professeurs. Ceux-ci préfèrent s’installer à l’étranger, là où les conditions de vie des enseignants sont plus prises en compte, que de rester dans leurs pays respectifs pour « survivre » dans la jungle du système de l’enseignement supérieur local. Préférant une vie beaucoup plus « paisible », dans un exercice de leur métier sans revendications, les enseignants africains fuient littéralement les universités de leur continent.

Les MOOCs, une alternative pour un remède au système de l’enseignement

Les MOOCs semblent donc être une alternative pour remettre un peu d’ordre dans l’univers de l’enseignement en Afrique. Conscients, de leur prépondérance grandissante, les états ont eux même commencé à adopter ce type d’enseignement. C’est donc dans cette logique que sont nées des universités en ligne, proposant des formations dans différentes filières. À titre d’exemple, nous pouvons citer l’université virtuelle du Sénégal qui a été mise en ligne par le gouvernement du pays dans une dynamique de résolution du problème du pléthore des étudiants. Cette redirection ou changement de paradigme, constitue une alternative au format brut d’un enseignement classique pour les gouvernements africains, qui se déchargent ainsi du fardeau de la saturation des universités publiques. Avec les MOOCs, les états africains ont l’opportunité de désengorger les établissements publics au profit d’un format qui ne subit pas la loi de l’effectif, ni de l’espace.

Une alternative comprise plus tôt par les étudiants

Par contre, si les gouvernements affichent aujourd’hui cette volonté d’adoption des MOOCs, elle était déjà manifestée par les étudiants africains eux mêmes qui, étant beaucoup plus avertis, s’étaient déjà orientés vers ce nouveau mode d’apprentissage. Les étudiants africains ont en effet montré un grand engouement à l’égard des MOOCs. Déjà en 2013, ils étaient 13000 à suivre les cours en ligne de l’École polytechnique fédérale de la Lausanne. Cette école ayant constaté la forte affluence des étudiants africains s’est, au vue de l’intérêt suscité, inscrite dans une dynamique d’atteinte de 100 000 étudiants africains inscrits à ses cours. Les étudiants africains ont décidé de prendre le train en marche plutôt que d’attendre des mesures de l’état allant dans le cadre de leurs conditions d’études. Ils s’orientent eux même vers les domaines qui les intéressent et suivent des Mooos allant dans ce sens. Certains étudiants sont même arrivés à monter leurs propres projets après avoir suivi ce type de formation.

Les MOOCs se mettent ainsi dans une tendance de conquête, voulant avoir une réelle place dans le système éducatif afircain ou mieux, se présenter comme une alternative sûre. Les acteurs européens du domaine ont déjà commencé à nouer des partenariats avec les universités africaines dans l’optique d’asseoir cet usage des MOOCs par les étudiants. À titre d’exemple, l’EFPL, pour mieux atteindre ses objectifs d’avoir une large couverture sur le continent s’est délocalisée en Afrique. Cette école est de ce fait présente sur le terrain, dans des universités du continent comme l’université Houphouet Boigny en Côte d’ivoire, l’École supérueure polytechnique Chiekh Anta Diop au Sénégal ou encore celle de Yaoundé.

Les MOOCs ne sont donc pas une technologie étrangère à l’africain. À l’instar du smartphone, ce mode d’apprentissage connaît un fort succès dans le continent. Cependant, malgrè ce fort taux de participation, il serait imprudent de penser à l’effet miracle. En d’autres termes,bien qu’étant riches en apports pour les africains ; les MOOCs devront faire face à plusieurs défis comme un accès à internet et aux technologies devant servir de support d’apprentissage concernant surtout certains pays à faible niveau de vie du continent, pour une implantation totale.

MFY

(Source : Qualshore, 14 juillet 2017)

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