twitter facebook rss
Imprimer Texte plus petit Texte plus grand

La polémique autour de la taxe sur les appels entrants s’invite encore dans les débats : Isabelle Moreau cogne, Ndongo Diao réplique

mercredi 10 novembre 2010

C’est la Sonatel et Tigo, grands absents à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du forum mondial des chefs d’entreprise du secteur des Tics qui s’est déroulée, hier, qui vont encore rire sous cape. Si l’Artp se plait à vanter les mérites de la taxation des appels entrants, sa démarche pose sérieusement problèmes aux opérateurs. Pour s’en expliquer d’ailleurs, la directrice des relations extérieures de l’association Gsm ne met point de gants.

Isabelle Moreau, qui représente les intérêts de plus de 800 entreprises dans le monde et de plus de 100 fabriquants de mobiles, est convaincu d’une chose : les consommateurs sont les grands perdants de la taxation des appels entrants. Non seulement, indique-t-il, il va y avoir une réciprocité du pays destinataire mais, en plus cela va affecter les appels. « Ce sont des millions de Sénégalais qui vont devoir payer beaucoup plus pour les appels entrants. Ceci a été fortement noté pour ce qui est du Congo qui a eu à intégrer déjà une telle taxe ». Les Congolais qui habitent à Paris, renseigne-t-elle, « quand ils essaient d’appeler au pays, la durée de leur appel sur prépayé était beaucoup plus courte que ce qu’ils avaient avant. D’autre part, le trafic international entrant au Congo a baissé de 30% depuis que cette taxe a été imposée. Cela affecte aussi les opérateurs. Il y a des taxes qu’ils doivent payer en plus ».

Isabelle Moreau attaque : « Global Voice coûte dix fois plus cher... »

Ce qui est grave et que les autorités veulent occulter, c’est la dynamique qu’elles veulent imposer au peuple. À son avis, il est bon pour un gouvernement de créer des « revenus supplémentaires pour le compte de l’Etat en imposant plus, en se disant que les recettes vont être plus grandes ». Seulement, poursuit-elle, « quand on voit l’incidence que cette taxe a, (baisse du trafic par exemple), forcément, les revenus qui sont imposables pour les opérateurs seront des moindres ». Donnant l’exemple du Congo, elle explique : « si le Congo a perdu 30% des trafics internationaux cela veut dire que 30% des revenus de ses opérateurs, l’Etat ne va pas pouvoir les imposer. Et donc à la longue, ils vont perdre sur les bénéfices qu’ils vont recevoir des opérateurs. Sur le long terme, c’est contre-productif par rapport au but qu’ils recherchent initialement ». Et à son avis, contrairement à tout ce qui est soutenu pour vanter les mérites « d’une entreprise (allusion à Global Voice), les autorités se doivent de revoir leur copie ». Aussi, indique-t-elle : « on s’est rendu compte en fait que cette entreprise coûte cher. Dix fois plus cher, d’autant que ceci pourrait être fait par une autre entreprise à un prix qui est dix fois moins cher. Il faut faire attention ».

Ndongo Diao contre attaque : « Il ne s’agit pas de taxe, il y a un problème sémantique il s’agit de la régulation tarifaire des appels »

Même s’il assure que tout se passe dans le meilleur des mondes entre lui et les autres opérateurs que sont la Sonatel et Tigo (absents de la journée d’hier), le directeur général de l’Artp, qui n’avait que le ministre chargé des Tics et le Dg de Expresso-sénégal...à ses côtés, ne partage pas du tout le point de vue d’Isabelle Moreau. Pour le Sénégal, Ndongo Diao démonte les arguments de Moreau : « nous avons les statistiques du mois d’Août et du mois de Septembre, et le trafic a augmenté de 2,62%. C’est une réalité et cela a été une surprise, parce que le mois de septembre est de 30 jours et le mois d’août de 31 jours, normalement on s’attendait à une baisse des trafics. Mais paradoxalement le trafic a augmenté et cela a généré des ressources substantielles pour l’Etat du Sénégal ». Le secteur des télécommunications, a-t-il ajouté, « se porte très bien. Il ne s’agit pas de taxe, il y a un problème sémantique, il s’agit de la régulation tarifaire des appels à destination du Sénégal ».

Même la Cour suprême...

Ndongo Diao croit toujours dur comme fer à la nouvelle tarification des appels entrants. Se fondant sur les arguments de la Cour suprême qui a rejeté le sursis à exécution demandé par la Sonatel, le Dg de l’Artp d’indiquer : « le fondement du tribunal c’est que rien n’a été constaté qui va à l’encontre du trafic ou du client. Voilà encore une preuve palpable. Je crois qu’aujourd’hui, il faut aller au-delà des déclarations et observer les faits, parce que les faits ne mentent pas ».

MM

(Source : L’As, 10 novembre 2010)

Inscrivez-vous a BATIK

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez toutes nos actualités par email.

Navigation par mots clés

INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante : 50 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 10 449 579 abonnés Internet

  • 10 183 289 abonnés 2G+3G+4G (97,47%)
  • 115 978 clés et box Internet (1,11%)
  • 130 612 abonnés ADSL (1,25%)
  • 17 961 abonnés bas débit (0,17%)
  • 1739 abonnés aux 4 FAI

- Liaisons louées : 22 006

- Taux de pénétration des services Internet : 68,49%

(ARTP, 30 septembre 2018)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 59,80%

(Internet World Stats 31 décembre 2017)

- 4710 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 25 septembre 2018)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 299 774 abonnés
- 234 433 lignes résidentielles (78,20%)
- 65 257 lignes professionnelles (21,80%)
- 84 lignes publiques (0,03%)
- Taux de pénétration : 1,96%

(ARTP, 30 septembre 2018)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 16 403 402 abonnés
- Taux de pénétration : 107,52%

(ARTP, 30 septembre 2018)

FACEBOOK

- 2 900 000 utilisateurs

(Facebook Ads, décembre 2017)