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La face cachée d’Abou Lo

vendredi 30 novembre 2012

Il a été l’un des ministres les plus en vus du premier gouvernement à cause de la polémique sur sa double nationalité et de son masque de fer. Pourtant, derrière ce cliché ce cache un homme direct, certes, mais plein d’humour.

Abou Lô sourit. Qui l’eût crû ? Pourtant, celui que l’on a surnommé « l’Allemand » du premier gouvernement de l’ère Macky Sall rit à pleines dents. Et fait mieux : il lance des boutades d’une drôlerie intense qu’il accompagne de proverbes Peul, sa langue maternelle. Une langue qui revient souvent dans son discours. Ses origines, il ne peut les renier. Son accent le trahirait. Une attitude enjouée qui fait tiquer, surtout si l’on n’a pas l’occasion de le voir ainsi. L’on se demande alors si cela est dû à la présence de son collaborateur parce que devant le petit écran, ce bout d’homme a le masque dur. Il rit encore aux éclats avant d’avancer « A la télé, je m’adresse à tous les Sénégalais et tout ça, c’est nouveau pour moi. Je ne suis pas littéraire, c’est peut être lié à ma formation. Les scientifiques sont plutôt portés par le résultat. Je ne suis pas politique de formation. Je me considère comme un technicien. Je suis devenu politique avec l’APR ». Vrai ou faux ? Les Allemands sont, en tout cas, vus par les Sénégalais comme des gens froids. Et comme l’ex-ministre de la Communication a longtemps séjourné dans le pays de Goethe, il n’échappe pas à cette caricature qui lui colle à la peau. Même s’il reconnaît qu’il est en train de faire des efforts. « Ki Allemand la » (celui –là, c’est un Allemand) ».

Comme la plupart des étudiants, il avait cherché et obtenu une préinscription en France après sa maîtrise en Maths-Physique obtenue en 1989. Mais obtient par « un coup du hasard » une bourse pour l’Allemagne. Il saute sur l’occasion d’autant plus qu’il ne voulait pas devenir professeur de Mathématiques. Il atterrit en Allemagne et suit pendant un an des cours préparatoires en langue Allemande. En 1995, il termine avec brio un Master en Mathématiques, option « Statistiques et assurances » à la prestigieuse université d’Humboldt de Berlin. L’année suivante, Abou Lô s’initie à l’informatique deux ans durant. Spécialiste en assurance et développement de logiciels pour les modules de calcul et système d’administration de contrat en assurance, Abou Lô occupe plusieurs postes de responsabilités dans de grandes firmes allemandes d’assurance (FJA-AG, LV-BERATING, HBA, IDSTEIN, AGENS, IN PACT). Il dirige également le département Mathématiques du géant de l’assurance Generali et, est aussi expert international en actuariat et a eu à exercer dans les pays d’Europe de l’Est. Aussi pensait –il prendre sa retraite en Allemagne.

Doué et remuant

Entre les Maths et le natif de Sinthiou Garba dans la région de Matam, c’est une longue histoire. Elève très doué dans cette discipline, il lui arrivait de contester les démonstrations de son professeur de mathématiques à l’école normale supérieure d’enseignement technique et professionnel de Dakar (ENSEPT). « Je me chamaillais toujours avec le professeur de Maths qui était un blanc. Furieux à cause de mes répliques, il me disait « je peux enseigner les mathématiques à ton père ». Je lui rétorquais que moi-même je peux enseigner les mathématiques à son père car il est un paysan. Malgré nos désaccords, lorsque je lui ai dit que j’allais à l’Université il m’a dit que certes, je lui en ai fait voir de toutes les couleurs, mais qu’il me conseillait de suivre les mathématiques car j’avais les potentialités d’y réussir ».

Aujourd’hui, Abou Lô a coupé tous les ponts avec l’Allemagne. « J’ai résilié mon contrat de travail pour être un soldat su service du président Macky Sall et du peuple Sénégalais ». Depuis quelques mois, son épouse et ses enfants qui étaient restés en Allemagne l’on rejoint. Lô et famille se sont installés définitivement au Sénégal. Sa femme ? « Une Hal pulhar bon teint », dit-il comme pour couper court à ceux qui conjecturent toujours sur sa double nationalité et qui font passer la rumeur selon laquelle il aurait épousé une blanche. Sa nationalité ? C’est le sujet qui fâche. Il précise toutefois : « je ne me sentais pas alourdi par toutes ces polémiques. L’essentiel pour moi était de montrer que j’étais à la hauteur de la tâche qui m’étais confiée ».

Entre autres réalisations, le ministre de la Communication s’était engagé à faire adopter un projet de Code de presse, le renforcement du financement de l’audiovisuel public. Dans le secteur des Télécommunications, il a réussi à faire abroger le décret sur les appels entrants. Elaborer une nouvelle stratégie nationale de développement de l’économie numérique. C’est grâce à lui que le ministre de la Communication a déménagé de ses anciens locaux sur le Boulevard de la République qui était classé « bâtiment à risque » par la protection civile depuis 1998 pour des bureaux neufs à la rue Béranger Ferraud angle Amadou Assane Ndoye. Il satisfait ainsi à une vieille doléance du personnel de ce ministère qui craignait pour leur sécurité.

Le retour du fils prodige au bercail n’a pas du tout été facile. « J’avais du mal à m’exprimer bien en Français ». Du pragmatisme allemand, il (re) découvre le visage des Sénégalais dans leur nudité : « Tout le monde vous sourit, on a tendance à croire tout ce que l’on vous raconte. Chacun vient avec ses projets, mais l’on se rend compte que ce n’est pas désintéressé ».Heureusement qu’avec le temps, il a su reconnaître la bonne graine de l’ivraie. « C’est des beaux-parleurs, mais avec l’expérience, on prend leurs mots avec des pincettes ».

Pragmatique comme un…Allemand

Il a connu le président de la République grâce à Mamadou Talla, ministre de la formation professionnelle, un ami d’enfance de Macky Sall avec qui il a partagé sa chambre à l’Université de Dakar. En ce moment, le leader de l’APR était membre du Pds. Au fil des années, ces relations avec Abdoulaye Wade se sont détériorées et M.Lô lui promet de le soutenir s’il crée son propre parti. En 2012, il bat campagne pour le candidat de l’APR dans son fief à Matam. Bien qu’étant un bleu dans le domaine de le politique, il est parvenu à faire gagner Macky dans sa localité aussi bien à la présidentielle qu’aux législatives. Son secret : « nous avons tenu aux Matamois un langage de vérité, misé sur la proximité avant de décliner notre programme. Cela nous a réussi car Matam a connu beaucoup de personnalités, mais aucune d’elles n’a pu y réaliser quelque chose de concret ».

Direct, franc-parler. Ce sont les sobriquets qu’on lui donne. Un de ses collaborateurs témoigne : « Quand il dit quelque chose, il est très difficile de le faire revenir sur sa position. Je dirais même que c’est quasi-impossible ». Lui-même confirme : « Je préfère un dialogue sincère et franc pour éviter de gâter les relations. On dit que je suis trop direct, mais c’est comme ça et je n’aime pas qu’on abuse de ma confiance ».

Nommé ministre de la Communication dans le premier gouvernement de l’ère Macky Sall, il est démis de sa fonction après seulement sept mois passés à la tête de ce ministère. Une défénestration qu’il a prise avec sérénité : « Un ministre à un contrat aléatoire, Maintenant en tant qu’être humain, ça laisse une certaine émotion. Mais je remercie le président Macky Sall qui a placé sa confiance en moi. Je le remercie de m’avoir fait connaître des Sénégalais puisque j’étais un illustre inconnu ».

Aujourd’hui, il est nommé à la tête de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP). Un poste que beaucoup de gens assimilent à un cadeau empoisonné puisque différents Dg qui se sont succédé à la tête de cette boite ont été traînés en justice. Mais, cela ne l’émeut guère, même s’il est tout à fait conscient que « c’est une grande responsabilité ». Cependant, il espère réussir sa mission car « c’est plus technique ; c’est opérationnel. Je n’appréhende rien car dans la vie, tout est risque. Dans mon parcours, j’ai toujours été confronté aux risques. C’est pourquoi d’ailleurs, j’ai étudié la probabilité ».

(Source : Dakar Actu, 30 novembre 2012)

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