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La banque mobile en Afrique, pilote pour la banque mobile française

mardi 24 octobre 2017

A l’instar de Orange qui avait lancé son application mobile de paiement, puis sa banque en ligne en Afrique, la Société Générale suit cette stratégie en proposant YUP. Comment s’y prend-elle ? Décollage vers un continent où le paiement mobile favorise l’inclusion bancaire.

Paiement mobile en Afrique : le succès en chiffres

30 000, c’est le nombre de transactions effectuées par minute via le paiement mobile dans le monde selon l’association des opérateurs de téléphonie mobile GSMA dans son étude « State of The Industry Report on Mobile Money – Decade Edition 2006-2016 ». Ce rapport évalue à 277 millions de comptes enregistrés en décembre 2016 en Afrique subsaharienne, un chiffre supérieur à celui des comptes détenus dans un établissement bancaire. Sur le continent africain, le paiement mobile est régulièrement utilisé par 227 millions d’utilisateurs. Ainsi, plus de 40 % de la population active du Kenya, de la Tanzanie, du Zimbabwe, du Ghana, de l’Ouganda, du Gabon et de la Namibie utilisent les services financiers via leur mobile. Outre les transactions numériques et des outils de gestion de finance personnelle, le rapport GSMA note que « son impact a été ressenti bien au-delà des transactions et des comptes : la vie des gens s’est enrichie d’une plus grande sécurité personnelle, d’un sentiment d’autonomisation et bien plus encore. ».

Si le paiement mobile a démarré aux Philippines en 2001, c’est bien en Afrique qu’il confirme tout son intérêt et surtout la pérennité de son modèle économique. En 2007, le groupe Safaricom, filiale du britannique Vodafone, ouvre eu Kenya sa plateforme de paiement mobile M-Pesa. L’objectif : permettre aux citadins de reverser une partie de leurs revenus à leur famille localisée dans les zones rurales. En 8 mois, l’opérateur séduit 1 million de clients, revendiquant aujourd’hui 30 millions d’utilisateurs réguliers (dont 18 millions pour le seul Kenya). M-Pesa a depuis été rejoint par l’opérateur français Orange Money (30 millions d’utilisateurs également) et dépassé par la multinationale sud-africaine MTN Money (41 millions d’utilisateurs). Et le secteur est en expansion notamment en Afrique de l’Ouest qui regroupe un tiers des comptes actifs, servant à payer les recharges téléphoniques (58,9 %), effectuer des virements entre particuliers (24,4 %), régler des factures (11,8 %) ou faire ses achats chez un commerçant (2,8 %).

Avec YUP, la Société Générale s’inscrit dans les pas d’Orange Money

Face à tel marché en plein essor, la Société Générale a lancé en septembre dernier sa banque mobile en Afrique baptisée YUP. La solution de paiement mobile propose des services financiers et transactionnels sans disposer de compte bancaire. Accessible grâce à un réseau de tiers, YUP s’attaque aux marchés de la Côte d’Ivoire et du Sénégal où sont déjà positionnés d’autres acteurs majeurs en Afrique, respectivement Moov (Etisalat), Orange, MTN, et Orange et Tigo (Millicom, en cours de rachat par NJJ Capital de Xavier Niel en partenariat avec Teyliom et Sofima). La Société Générale vise les marchés du Ghana et du Cameroun à la fin de l’année 2017 et ceux du Burkina Faso, du Togo et de la Guinée en 2018. Le but est d’ouvrir un million de portefeuilles mobiles à l’horizon 2020, sachant que la Société Générale enregistre 3,5 millions de clients bancarisés dans 18 pays du continent.

Pour Alexandre Maymat, Responsable de la région Afrique, Méditerranée et Outremer, l’ambition de YUP est aussi de s’adresser aux non bancarisés, « 80 à 90 % de la population selon les pays » et participer au « challenge majeur [qu’est] l’inclusion financière » en Afrique. Et le modèle à dupliquer est tout trouvé comme l’indique Valérie-Noëlle Kodjo Diop, responsable innovation à la Société Générale pour la région Afrique, Méditerranée et Outremer : « C’est un modèle de banque alternative sans agence, qui offre les mêmes services transactionnels qu’Orange Money, tels que le cash-in cash-out (dépôt et retrait), mais en plus nous proposerons des services financiers comme du crédit et des produits d’épargne ». Il est logique qu’Orange inspire la concurrence puisque l’opérateur téléphonique est présent dans 21 pays en Afrique (160 000 points de vente) et recense 127 millions de clients. Parmi eux, 34 millions utilisent Orange Money, solution de transfert d’argent et de services financiers sur mobile.

A l’heure du lancement d’Orange Bank sur le marché français, la Société Générale espère bien mener bataille en Afrique où le paiement mobile a démontré son intérêt dans le quotidien des habitants mais aussi la solidité de son modèle économique depuis une décennie.

(Source : Banque en ligne, 24 octobre 2017)

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