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La Cour des comptes sur les traces de 14 milliards de Sudatel, Keba Keinde nie toute implication : La vérité par les faits !

mercredi 8 février 2012

Plus d’une année après la publication par La Gazette de documents bancaires et de correspondances ayant révélé au grand jour la vaste magouille ayant marqué l’octroi de la 3e licence de téléphonie à Sudatel, Keba Keinde a profité du micro de la Radio Futurs Médias pour dégager toutes responsabilités dans cette affaire. Il a été contraint et forcé d’évoquer la question par une nouvelle révélation de la Cour des comptes qui décèle un gap de 14 milliards FCfa dans la transaction. La Gazette revient sur les différentes péripéties de cette affaire pour démontrer le bien fondé de son enquête bâtie sur une interrogation légitime : Comment sont gérés les deniers publics ?

« On aura beau cacher la vérité, elle finit toujours par jaillir », dit l’adage. Aussi l’affaire Sudatel et le trou de milliards FCFA révélé par La Gazette sont-ils remis au goût du jour. En effet, la Cour des comptes a décelé, la semaine dernière, un gap de 14 milliards FCFA dans la transaction qui a offert à Sudatel son ticket d’entrée au Sénégal. Dans le journal « Enquête » du 14 janvier 2012, on pouvait lire à la Une : « Dans l’acquisition de la 3ème licence de téléphonie, Sudatel a versé une somme supérieure à celle déclarée par le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop. Le Sénégal a finalement empoché 103,604 milliards dans la vente de la troisième licence de téléphonie mobile à Sudatel et non 89,08 milliard comme le déclarait en mars 2010 le Trésorier général de l’Etat du Sénégal. Soit un gap de 14 milliards révélé par la loi de règlement ». Cette sortie qui est venue s’ajouter dans l’affaire Sudatel a obligé Kéba Keinde à sortir du bois. Seulement, au lieu d’éclairer l’opinion sur son degré d’implication, M. Keinde fait dans la dénégation totale. A l’en croire, c’est son frère qui, depuis Dakar, lui a téléphoné pour le mettre au courant d’une publication l’ayant placé au cœur d’un scandale lié à la vente de la 3e licence de téléphonie mobile.

Dans sa ligne de défense, Kéba Keinde a donc récusé tout bonnement toutes les informations livrées par le journal la Gazette il y a de cela plusieurs mois. Ce faisant, il a fait un certain nombre d’insinuations tendant à accréditer l’idée selon laquelle une campagne de presse et de dénigrement contre lui, dont la Gazette fait largement l’écho, est menée. « Cette accusation est le résultat d’une réflexion à haute voix engagée par le journal la Gazette pour porter atteinte à mon honorabilité », soutient-il. La Gazette ne sera jamais un acteur d’une campagne de presse contre qui que ce soit. Rappelons les faits pour que nul n’en ignore. Point de départ de La Gazette Notre enquête sur l’attribution de la troisième licence à Sudatel est partie de la valse des chiffres entretenue par les autorités en charge de l’affaire. Dans une conférence de presse tenue dans les locaux de l’Agence de régulation de télécommunications et des postes, le vendredi 07 septembre 2007, pour annoncer le choix de Sudatel, le directeur de l’agence de l’époque, Daniel Goumalo Seck disait : « La troisième licence de téléphonie est attribuée à la compagnie Soudanaise Sudatel pour un montant de 200 millions de dollars, soit une valeur 100 milliards FCFA ». Au cours de ce face-à-face avec les journalistes, M. Seck faisait une comparaison teintée d’ironie avec la deuxième licence accordée à Tigo en 1998 pour un montant de 50 millions FCFA. « Cette présente transaction est une multiplication par 2000 du prix de la deuxième licence ». Une semaine plus tard, lors du conseil des ministres du 13 septembre 2007, le chef de l’Etat, après avoir félicité ses conseillers Karim Wade et Thierno Ousmane Sy pour la réussite de cette opération a annoncé un chiffre de 80 milliards. La différence servie ensuite par la version officielle proviendrait de la fluctuation du dollar. Qu’importe ! La valeur réelle de la licence avait alors intrigué toute la presse et tous les citoyens. C’est ainsi que le journal « Le populaire » dans sa livraison du 24 septembre 2007 a interrogé l’économiste Moubarack Lô pour recueillir une explication à cette importante fluctuation. Ce dernier soutient : « pour éviter ces fluctuations qui peuvent engendrer des pertes énormes, l’Etat devrait recevoir les offres des soumissionnaires en FCFA à la place du dollar. Au pire des cas, il aurait pu les recevoir en euro puisque la parité est fixe ». A ces interrogations s’ajoute celle de l’inspection générale d’Etat (IGE). Dans son rapport sur « les primes exceptionnelles » à l’Artp, les inspecteurs avaient trouvé que les membres du conseil ont calculé le dollar à 400 FCFA, ce qui donne une somme de 80 milliards. Au regard de cette appréciation hasardeuse du dollar les inspecteurs ont formulé l’observation suivante : « il y a lieu de souligner que certains paramètres, notamment le montant en dollar, le cours du dollar, la liste des bénéficiaires et les critères utilisés par le Conseil de Régulation pour procéder à la répartition du milliard six cent millions de FCFA (prime exceptionnelle) n’étaient pas maîtrisés, au moment du partage ». Une observation qui en disait long sur les doutes des inspecteurs face aux explications de l’Artp. 103, 604 ; 100 ; 80 ; 96 ou 89 milliards ?

Lorsque nous avons été en possession du rapport de l’IGE nous avons décidé de pousser nos investigations pour en savoir plus. C’est ainsi que nous avions écrit dans notre publication numéro 51, qu’à « la date du 07 septembre 2007, au moment de la transaction entre l’Etat du Sénégal et Sudatel, le cours du dollar était de 481,18. Du coup, la conversion des 200 millions de dollars représentant le prix de cession d’une licence à Sudatel, devrait donner 96 milliards de francs Cfa, au lieu de 80, comme annoncé par les autorités ». A la suite de cet article, le Ministère de l’Economie et des finances a sorti un communiqué dans les journaux pour expliquer les différents versements effectués par Sudatel pour le compte de l’Etat du Sénégal. A la suite de la publication du communiqué, La Gazette a fait un commentaire dans le numéro 52 daté du 1er avril au 8 avril 2010, intitulé « 89 milliards, tiens du nouveau ! ». Dans ce texte, le journal marquait son étonnement devant la valse des chiffres sur la contrepartie financière de la vente de la licence de téléphonie à Sudatel. Le président de la République, le ministère des finances, et Thierno Ousmane Sy, en somme trois voix autorisées, ont avancé des chiffres différents avec des écarts assez grands (Thierno Ousmane Sy et l’inspection générale d’Etat ont donné les mêmes chiffres). Ainsi écrivions nous : « Le communiqué signé par le directeur du trésor renseigne que deux virements ont été effectués pour encaisser l’enveloppe financière. Un premier à la date du 19 novembre correspondant à la somme de 44 775 228 727 CFA et un second virement de 44 306 437 814. Soit un total de 89 081 666 541. Pour avoir cette somme, un taux de 445, 508 23 27 a été appliqué aux 200 millions de dollars ». Or ce montant qui vient d’être avancé par le ministère des Finances est différent de celui annoncé à l’époque par l’ex Dg de l’Artp, Daniel Goumalo Seck qui avait parlé de 100 milliards. Il bat également en brèche les arguments du chef de l’Etat et ceux de son conseiller en Tic, Thierno O. Sy qui ont donné le chiffre de 80 milliards. Un écart assez substantiel sur lequel le communiqué reste muet.

Des documents compromettent Keinde

Par la suite, une autre enquête de La Gazette (no56), révélera que dans le cadre de la vente de la troisième licence globale, des étrangers en association avec des nationaux très haut placés dans les structures de l’Etat se sont partagé la rondelette somme de 40 millions de dollars (20 milliards Cfa). Notre journal annonçait par ailleurs détenir plusieurs documents bancaires et des actes de poursuites déposées contre Sudatel, devant les autorités judicaires de l’Etat de Dubaï. Des actes et documents que nous avions publiés en fac-similé et qui, par ailleurs, établissaient de façon formelle le paiement de commissions. Aussi, La Gazette a-t-elle suivi les traces des virements effectués au nom de la compagnie off shore Red Sea Holding, jusque dans des banques européennes et asiatiques.

Ce n’est que dans notre livraison du 28 mai au 3 juin que nous avons publié, documents à l’appui, les noms de deux Sénégalais, Thierno Ousmane Sy et Kéba Keinde sur la trace de l’argent. Kéba Keinde, le Directeur de Red Sea Holding (la compagnie offshore basée à Dubaï par laquelle les 20 milliards de commissions ont transité) et Thierno Ousmane Sy, le conseiller en technologie de l’information et de la communication du président de la République figurent en bonne place dans les échanges de correspondances entre le cabinet d’expert et le Groupe Sudatel concernant le paiement des commissions. Dans un message adressé au directeur du groupe Sudatel Emad Ahmed, Kéba Keindé demande à ce dernier « de payer la facture de 10 millions de dollars », avait-on écrit.

L’intégralité du mail s’énonce comme suit : « félicitations pour la clôture du projet. « Conformément à notre accord, il vous est demandé de payer immédiatement la facture de 10 millions de dollars US qui a été soumise à votre collègue Ihab Othman à Dubaï. S’il vous plait, renvoyez-moi par email une copie du code Swift. J’attends votre réponse ». Comme on peut le constater, ce mail fait formellement foi d’une demande de paiement d’une partie des commissions que doit le groupe Sudatel aux intermédiaires de PCG. Il faut préciser toutefois que ce mail est un message que Kéba Keinde a fait suivre (« forwarded message » selon la terminologie anglaise plus usitée) c’est-à-dire réexpédier à son premier destinataire à savoir le Directeur du groupe Sudatel, Emad Ahmed.

L’adresse email « Keba Keinde andrew.daviss@yahoo.com » indique une seule et même personne. Le nom vient en premier et la partie entre guillemets est ce qu’il convient d’appeler « alias ». Il s’agit donc de l’adresse email de Keba Keinde qui se fait appeler Andrew Daviss sur yahoo.com. Kéba Keinde, à l’image de son complice, Thierno Ousmane Sy, peut spéculer, en tentant par une sorte d’érudition empruntée et suspecte de sauver les meubles, Il demeure que les faits que nous avions publiés depuis la conduite de nos enquêtes mettent à nu certaines autorités de ce pays qui ont pris part aux transactions des commissions versées dans l’attribution de la troisième licence de téléphonie.

Alioune Badara Coulibaly

(Source : La Gazette, 8 février 2012)

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