OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2021 > L’outrance numérique

L’outrance numérique

mardi 4 mai 2021

Point de vue

Confronté à la déliquescence de plus en plus marquée de la société sénégalaise, du fait de l’usage malsain des réseaux sociaux numériques, le chef de l’état est sorti de la quasi-indifférence qu’il semblait manifester à l’égard du sujet.

Devant le nombre de plus en plus grand de vies individuelles brisées par l’entremise du numérique qui permet de calomnier à distance, de salir et de détruire sans contact direct, comme sous la tyrannie généralisée et toute-puissante d’une lâcheté réglementaire consentie, le premier des Sénégalais a enfin ouvert les yeux sur la nécrose et reconnu ‘’qu’on ne peut pas laisser les gens détruire comme ça les réputations de personnes, de familles gratuitement, parce qu’on croit être dans l’anonymat’’. Admettant, enfin, que ‘’la régulation du secteur des médias sociaux est une urgence’’.

Le 1er Mai aura donc été, pour le président de la République, qui recevait le cahier de doléances des travailleurs, d’inscrire de plain-pied l’autorité publique dans le nécessaire combat contre la faillite morale de la société liée au numérique. Et cette faillite est d’abord une fracture : celle qui sépare ceux qui ont compris l’utilité salutaire d’un outil qui est, depuis plus de trente ans, le moteur du progrès dans tous les domaines de la vie, de ceux qui n’en ont perçu que la pernicieuse puissance au service d’une morale blette, nourrie d’échecs individuels, de colères éparses et lointaines, de misères morales.

Le secrétaire général du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication, Bamba Kassé, a bien expliqué le mal, en expliquant que le secteur pullule de ‘’prédateurs, maitres chanteurs, qui se vendent au plus offrant ou au plus promettant, qui sont dans une logique de lobby et de positionnement, qui font dans la météo politique et se promettent un lendemain de membre d’un régime politique. Pour se faire, ces bandits jouent sur l’absence d’une vraie régulation et se réfugient derrière la grande vague de la connectivité qui caractérise le monde d’aujourd’hui’’.

Une vraie régulation, donc ! Le mot est lâché ! Mais en fait, il l’est depuis : le 3 février dernier, il faut s’en souvenir, le président de la République avait déjà demandé au gouvernement, en Conseil des ministres, de mettre en place ‘’un dispositif de régulation et d’encadrement spécifique aux réseaux sociaux’’ pour, en clair, remplacer des dispositifs ‘’obsolètes et faibles’’, selon les expressions de Bamba Kassé. Ces dispositifs se retrouvent dans un arsenal juridique sur la société de l’information qui date de 2008. Obsolète et inefficace, en l’occurrence, puisqu’ils reflètent une neutralité technologique qui leur fait prendre en compte toutes les technologies, y compris les réseaux sociaux.

Dans une telle optique, on était évidemment bien loin du compte : la nature même des réseaux sociaux, leur potentiel pouvoir de nocivité individuelle, dans un contexte où ils sont pourtant considérés comme autant de marqueurs de la liberté d’expression, nécessitaient que leur soient assignés des codes spéciaux et une régulation spécifique. L’on a mis du temps à s’en rendre compte, sans doute aussi parce que les pouvoirs publics ne voulaient pas être soupçonnés de vouloir attenter à la liberté d’expression en particulier et aux libertés en général, en sortant de leur chapeau des lois à ‘’tout-va’’, dans des contextes souvent conflictuels.

Donc, sans doute surtout, parce que l’opinion elle-même n’était pas disposée à recevoir une régulation qui pourrait, par ailleurs, restreindre ses libertés et faire le jeu liberticide du pouvoir.

Personne n’a semblé réaliser l’urgence d’une réglementation qui eût permis de limiter les inadmissibles atteintes à la dignité humaine, au droit à la vie privée et à l’intimité.

Au fil du temps donc, le cyberespace sénégalais est devenu une zone de non-droit, quoique puissent en dire les idéologues de la liberté d’expression dont c’est le tropisme de brandir l’atteinte aux libertés, dès qu’un projet de loi pointe son nez, comme si la démocratie, pour rester crédible, devrait mariner indéfiniment dans ses eaux amniotiques, sans possibilité d’aménagement, quand bien même les temps et les mutations l’exigent…

Mais le chef de l’Etat nous rassure : le 1er Mai, il a indiqué qu’un texte était prêt, qui serait bientôt présenté, pour remédier à cette dictature de l’outrance numérique faite de menaces, de chantages, d’insultes, d’envois de photos obscènes sur fond de vengeance, de haine, pour ne dire que ça. Il restera à apprécier la pertinence d’un tel texte et son efficacité à l’épreuve du terrain. Il restera surtout à souhaiter qu’un tel texte intègrera dans son action l’éducation numérique des populations, notamment à travers des centres de formation professionnelle et technique.

Mais avant tout, il devra démontrer sa crédibilité, à l’aune de la confiance qu’il inspire et de l’absence de tout trait dans son contenu qui porterait à accréditer la thèse d’un arsenal visant, avant tout, à la restriction des libertés fondamentales.

Tout se jouera donc sur la clarté des objectifs qui y seront inscrits.

Le Sénégal, il est important de le souligner ici, a reculé de deux places dans le classement mondial de la liberté de la presse 2021, de Reporters sans frontières (RSF) passant de la 47e à la 49e place. Les suspicions des acteurs de l’écosystème de l’information et de tout ce qui s’y rapporte, ne sont donc pas totalement de l’ordre de l’hérésie…

Il faut simplement savoir raison garder et, devant le péril sociétal qu’incarnent ces nouvelles menaces médiatiques, comprendre que seule l’intervention intelligente, avisée et ferme de la puissance publique, pourra tuer le mal dans l’œuf et préserver nos dignités individuelles qui ont aussi valeur de liberté.

Philippe d’Almeida

(Source : Enquête, 4 mai 2021)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4475/5393 Régulation des télécoms
  • 355/5393 Télécentres/Cybercentres
  • 3562/5393 Economie numérique
  • 1888/5393 Politique nationale
  • 5393/5393 Fintech
  • 527/5393 Noms de domaine
  • 2336/5393 Produits et services
  • 1488/5393 Faits divers/Contentieux
  • 777/5393 Nouveau site web
  • 4942/5393 Infrastructures
  • 1830/5393 TIC pour l’éducation
  • 192/5393 Recherche
  • 257/5393 Projet
  • 3824/5393 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1924/5393 Sonatel/Orange
  • 1655/5393 Licences de télécommunications
  • 284/5393 Sudatel/Expresso
  • 1123/5393 Régulation des médias
  • 1286/5393 Applications
  • 1079/5393 Mouvements sociaux
  • 1735/5393 Données personnelles
  • 135/5393 Big Data/Données ouvertes
  • 614/5393 Mouvement consumériste
  • 369/5393 Médias
  • 664/5393 Appels internationaux entrants
  • 1586/5393 Formation
  • 185/5393 Logiciel libre
  • 2421/5393 Politiques africaines
  • 1117/5393 Fiscalité
  • 180/5393 Art et culture
  • 591/5393 Genre
  • 1762/5393 Point de vue
  • 1180/5393 Commerce électronique
  • 1524/5393 Manifestation
  • 325/5393 Presse en ligne
  • 126/5393 Piratage
  • 217/5393 Téléservices
  • 919/5393 Biométrie/Identité numérique
  • 309/5393 Environnement/Santé
  • 355/5393 Législation/Réglementation
  • 394/5393 Gouvernance
  • 1772/5393 Portrait/Entretien
  • 146/5393 Radio
  • 812/5393 TIC pour la santé
  • 290/5393 Propriété intellectuelle
  • 62/5393 Langues/Localisation
  • 1071/5393 Médias/Réseaux sociaux
  • 2013/5393 Téléphonie
  • 199/5393 Désengagement de l’Etat
  • 1087/5393 Internet
  • 119/5393 Collectivités locales
  • 476/5393 Dédouanement électronique
  • 1249/5393 Usages et comportements
  • 1059/5393 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 579/5393 Audiovisuel
  • 3675/5393 Transformation digitale
  • 393/5393 Affaire Global Voice
  • 160/5393 Géomatique/Géolocalisation
  • 326/5393 Service universel
  • 671/5393 Sentel/Tigo
  • 177/5393 Vie politique
  • 1614/5393 Distinction/Nomination
  • 35/5393 Handicapés
  • 703/5393 Enseignement à distance
  • 702/5393 Contenus numériques
  • 599/5393 Gestion de l’ARTP
  • 179/5393 Radios communautaires
  • 1794/5393 Qualité de service
  • 444/5393 Privatisation/Libéralisation
  • 137/5393 SMSI
  • 477/5393 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2994/5393 Innovation/Entreprenariat
  • 1368/5393 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 49/5393 Internet des objets
  • 173/5393 Free Sénégal
  • 795/5393 Intelligence artificielle
  • 204/5393 Editorial
  • 3/5393 Gaming/Jeux vidéos
  • 25/5393 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous