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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2017 > Mars 2017 > L’Afrique a enfin son nom de domaine

L’Afrique a enfin son nom de domaine

lundi 13 mars 2017

Noms de domaine

Pour mener à bien sa révolution digitale, manquait au continent un nom de domaine, c’est désormais chose faite avec l’extension « .africa ».

Il faut dire que les Africains se sont montrés particulièrement patients dans cette affaire. Il aura fallu attendre trente-deux ans après la naissance du premier nom de domaine internet « .com », pour que l’Union africaine annonce le 10 mars dernier le lancement du domaine « .africa ». Objectif : donner « une identité numérique » au continent. Voilà pour les ambitions. Et maintenant pour le côté pratique, ce nom de domaine est disponible au grand public depuis ce 4 juillet. Concrètement, ce nom « .africa » donne une indication géographique, mais pas que. Puisque son coût de 18 dollars permet d’être très compétitif sur le marché des noms de domaine. En comparaison, dans certains pays il faut payer très cher pour les extensions locales. Jusqu’à 2 000 dollars en Namibie, mais aussi 200 dollars au Burkina Faso. Là où l’Afrique serait gagnante, c’est sur le plan du financement de l’Union africaine. En effet les recettes liées au nouveau domaine iront directement dans les caisses de l’Union africaine.

Comment ça marche ?

« Avec .africa, je dirais que l’Afrique a enfin son identité numérique », déclarait l’ancienne présidente de l’institution, Nkossazana Dlamnini-Zuma. Elle estime que ce nom de domaine permettra aux Africains, notamment les entrepreneurs, d’être plus visibles sur Internet. Attribué il y a à peine quelques jours, le nom du domaine « .africa » a été réclamé par une société sud-africaine (ZA Central Registry) dans le cadre d’un long processus menée de bout en bout par l’Union africaine. Parmi les premiers noms de domaine, on note les « .com », les « .edu », etc., et le processus est toujours en cours pour l’attribution de nouveaux noms de domaine sous l’autorité de l’Icann (l’organisation d’attribution des noms de domaine internet). Donc, l’Afrique rattrape un train déjà en marche, mais pas à quai.

Quelle conséquence sur le plan stratégique ?

Quelque 22 % de la population d’Afrique subsaharienne a accès à Internet, selon la Banque mondiale, soit un des taux les plus faibles au monde (moyenne mondiale de 44 %). L’Union africaine souhaite augmenter ce taux de 10 % d’ici l’année prochaine, dans le cadre d’un programme de développement. Le nom de domaine à plusieurs catégories. Certains appartiennent aux États, d’autres sont du domaine public. Mais pour les spécialistes du numérique, cette nouvelle attribution va surtout permettre aux entreprises africaines de faire se faire connaître plus facilement, mais aussi de pouvoir affirmer leur « africanités » pour celles qui le souhaitent.

Plus de la moitié des 2 millions de site internet africains proviennent d’Afrique du Sud, l’économie numéro un du continent, estime Lucky Masisela, directeur de la société ZA Central Registry, qui sera chargée de gérer le nom de domaine .africa. « .africa va venir perturber le marché et permettra de diminuer le coût des noms de domaine », a assuré M. Masisela, notant qu’un nom de domaine .africa ne coûtera que 18 dollars (17 euros), alors que l’enregistrement d’un site sur un domaine national peut coûter jusqu’à 250 dollars dans certains pays Afrique.

Quels accès pour l’utilisateur ?

Le principal enjeu pour l’utilisateur reste l’accès. Le nom de domaine est finalement qu’un outil, qui permettrait l’accès aux applications, et donc il pourrait avoir un impact sur l’inclusion, par exemple dans le domaine bancaire (m-pesa), de la santé ou encore de l’éducation. Dans les faits, des sites seront activés et pourront devenir des leviers de l’économie numérique.

Voilà pour l’aspect technique. Et pour le volet commercial, le modèle choisi consiste à verser une partie des revenus du lancement de ce domaine internet à l’Union africaine afin notamment de financer la Commission de l’UA. L’Union africaine cherche de fait par divers moyens à être moins dépendante des donateurs internationaux, qui contribuent à 70 % de son budget.

Joyce Edimo

(Source : Le point Afrique, 13 mars 2017)

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