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Journée sans télécommunications : Les consommateurs entre adhésion et réticence

vendredi 6 février 2009

« Black out », « trou noir ». Les mots ne manquent pas pour qualifier la journée d’aujourd’hui qui sera pour les populations de Dakar, une journée sans télécommunications (portable, Sms, Mms, serveur vocal etc). Ainsi en a décidé l’ensemble des associations consuméristes du Sénégal à l’issue de leur conférence de presse du mardi 3 février dernier. Ceci pour protester contre la hausse des tarifs sur les trois réseaux de téléphonie (Orange, Tigo et Expresso) du Sénégal. Mais pour les populations, cette journée sans télécommunications va créer un « vide béant ». Si les unes disent être de tout cœur avec les associations consuméristes, les autres avouent que ce sera difficile car, « ils ne peuvent se passer de portables encore moins de Sms. Du côté des vendeurs de cartes de recharge, cette journée sera « lourde de préjudices ».

Une journée sans télécommunications, c’est le « lourd » mot d’ordre décrété par l’ensemble des associations de défense des droits des consommateurs ce vendredi. Ceci, pour protester contre la mesure de hausse annoncée par le gouvernement sur les tarifs des télécommunications. Et cela pour tout opérateur de téléphonie officiant au Sénégal. A savoir « Orange », « Tigo » et le tout nouveau venu « Expresso ». Ainsi donc, cette journée du vendredi est déclarée journée sans télécommunications sur l’ensemble du territoire. Ainsi en a décidé l’ensemble des associations de consommateurs du Sénégal. Elles en appellent ainsi à la participation des consommateurs pour faire de cette journée sans télécommunications, un grand succès. C’est-à-dire qu’elles recommandent à tout utilisateur des services de téléphonie de ne point avoir recours aux services et produits des sociétés de téléphonie. Donc, pas d’appels, ni d’usage des serveurs vocaux, ni de recharges de cartes de crédit, de « Seddo » et « Izi », encore moins de Sms ou de Mms. Cette mesure est valable pour tous les services et produits des opérateurs de téléphonie. Une décision certes lourde de préjudices mais face à la flambée, sans cesse, du coût de la vie à laquelle vient s’ajouter ce « coup de grâce », les associations consuméristes, debout comme un seul homme, ont décidé de corser la dose. Et par ce moyen, elles espèrent marquer le coup et se faire entendre.

Adhésion des uns...

« Une journée sans télécommunications », ce sera la « monotonie assurée » argue Mathilde Tavarez, hôtesse d’accueil dans une société d’ameublement sise au Centre-ville. « Je suis de tout cœur avec cette décision des associations des consommateurs car, elles luttent pour la défense des droits des consommateurs et je les soutiens dans leur combat mais franchement, cela promet d’être monotone. Ce sera une journée obscure et je demanderais à toute la population de soutenir leur action en boycottant tous les produits et services de téléphonie. Ce ne sera pas du tout intéressant » lâche t-elle. Mais, s’empresse t-elle d’ajouter, « c’est pour une cause noble ». Même son de cloche du côté d’Ousseynou Sène, moniteur d’auto-école. La quarantaine, casquette bien vissée sur des cheveux sel et poivre, ce longiligne ne conçoit pas de passer, ne serait-ce qu’une demi journée sans son portable. « Mon portable, c’est ma compagne inséparable. Mais, comme le jeu en vaut la chandelle, je vais m’y plier et essayer de respecter le mot d’ordre de boycott dans la mesure du possible. Et puis, une demi-journée (le mot d’ordre prend fin à 15 heures), ce n’est pas la fin du monde. La journée du vendredi sera un véritable trou noir pour nous les accros de téléphones portables, mais, les opérateurs de téléphonie seront les plus pénalisés dans cette affaire. Donc, c’est une petite consolation » avance t-il. Son voisin, Pape Diop, confortablement assis à l’ombre d’un arbre et apprenti-conducteur abondera dans le même sens.

Soutenant que « le gouvernement en fait trop » Assane ne blâme pas pour autant les « défaillants » qui ne participeront pas à cette journée. « Nous sommes dans une démocratie et s’ils ne sentent pas concernés en ne participant pas à cette journée, je les invite à revoir leurs copies car ils se doivent de soutenir la décision des associations de consommateurs car, il y va de notre avantage à tous » termine t-il.

... Réticence totale chez d’autres

Une opinion que ne partage pas Doudou Ndiaye, chef logistiques à la Coopération allemande. Au volant de sa voiture, M. Ndiaye est d’avis que « les associations des consommateurs en font trop. C’est un mot d’ordre trop radical. Ils n’ont pas le droit d’exiger de la part de la population de se priver d’une chose aussi vitale que les télécommunications, même si c’est pour une demi-journée. Pour ma part personnelle, je n’adhère pas à ce mouvement. Mon téléphone est mon outil de travail. Je ne peux pas me payer le luxe de l’éteindre ». Poursuivant de plus belle, M. Ndiaye, très en verve, de soutenir, « certes, je ne suis pas d’accord pour une éventuelle hausse mais je ne puis adhérer à ce mot d’ordre. Le préjudice n’atteindra pas le gouvernement, bien au contraire, c’est nous qui travaillons avec nos portables qui en pâtiront » conclut-il excédé. Si les uns se plaignent du tort que cette journée sans télécommunications va leur causer, d’autres par contre s’en moquent royalement. Sauf peut être pour les inconditionnels de Sms. Et encore ! Khady Ndoye, lycéenne dans un établissement de la place nous fait partager ses sentiments. Férue des Sms dont elle avoue qu’ « ils lui tiennent compagnie dans ces moments de spleen », elle lance, « Je ne sais pas comment je vais passer cette journée. Je suis une reine du tchat via les Sms et vu que je n’ai pas d’occupation avec ses débrayages intempestifs, je passe tout mon temps scotchée à mon portable à discuter avec mes copines. Les Sms sont mes seuls compagnons durant mes journées oisives ». Et que dire une fois la nuit tombée ! « C’est sûr qu’on va s’ennuyer à mort. On dira que je ne suis pas une bonne adhérente des causes nobles mais tant pis, je ne peux pas me passer de mon portable. Désolée ! » lâche t-elle. Moi ? Passer une journée sans télécommunications ? » balance Ass Malick, « c’est carrément impensable. Je travaille à la maison via le net, donc, c’est im.po.ssi.ble » tonne t-il en détachant bien ses mots. « A la rigueur, je peux consentir à éteindre mon portable entre 13 heures et 15 heures mais plus que cela, je ne peux pas. Encore que cette tranche horaire coïncide avec l’heure de se préparer pour aller à la mosquée, pour la prière du vendredi. Cela, au moins, c’est faisable » conclut-il avec un sourire en bretelles.

Grosse perte pour les vendeurs

Du côté des vendeurs de cartes et recharges « Seddo et Izi » et des gérants de cyber, on attend cette journée avec appréhension. Même s’ils se rallient à la cause des consuméristes. Ibrahima Diallo, vendeur de cartes de son état et ressortissant guinéen est de ce lot. Pour lui, « il est normal que les associations des consuméristes défendent le droit des consommateurs. C’est important. Seulement, pour nous vendeurs, c’est le profit qui nous intéresse même si nous sommes aussi des consommateurs. Nous allons beaucoup perdre mais nous n’y pouvons rien. »Ayant comme habitude de finir sa journée avec 3000Fcfa voire 5000Fcfa par jour, Ibrahima qui vit au jour le jour avance comme palliatif la solution suivante : « il ne me restera qu’à puisez dans mes maigres réserves ou d’aller squatter chez des parents pour pouvoir manger ce jour-là ». Même rengaine du côté de M. Thioub, tenancier d’un cybercafé. « Mon local va désemplir si les gens suivent le mot d’ordre. Je pense même que je vais baisser rideau demain (aujourd’hui, Ndlr). Le bénéfice sera revu à la baisse, certes mais puisqu’il faut participer, j’apporterai ma pierre à l’édifice, je suis prêt à adhérer au mouvement et j’appelle tous mes camarades gérants d’en faire autant ». Comme qui dirait, à tous malheurs, quelque chose est bon ! Adhésion ou réticence ? Vendredi promet d’être une journée de black out total et risque d’être marqué d’un trou...noir dans les annales de l’histoire des télécommunications au Sénégal. Reste à savoir si le mot d’ordre sera suivi en masse ou pas. Donc, wait and see !!!!!!

Ndèye Fatou Seck

(Source :24 heures chrono, 6 Février 2009)

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