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Jean Philémon Kissangou : « Le bureau de Développement des télécommunications de l’UIT doit davantage être un lieu d’équilibrage des forces en présence »

jeudi 15 septembre 2022

La 21e Conférence des plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications (UIT) aura lieu au Palais du Parlement de Bucarest, la capitale de la Roumanie, du 26 septembre 2022 au 14 octobre 2022.

Cette conférence des plénipotentiaires de l’UIT qui se tient tous les quatre ans est la plus grande rencontre de de cet organisme des Nations-Unies spécialisé dans les télécoms et le numérique. Elle réunit les représentants des 193 États membres de l’organisation pour superviser l’attribution du spectre radioélectrique mondial, la création de normes techniques mondiales pour les réseaux et services des technologies de l’information et de la communication (TIC) et les efforts visant à promouvoir l’inclusion numérique dans les communautés mal desservies.

Après la PP-21 à Dubaï aux Émirats arabes unis en 2018, la PP-22 va définir les politiques générales de l’UIT, adopter des plans stratégiques et financiers quadriennaux et traiter les principales questions relatives aux TIC, à la demande des membres de l’UIT.

Mais aussi et surtout, la Conférence élira le prochain Secrétaire général de l’UIT, le secrétaire général adjoint et les directeurs des Bureaux des radiocommunications, de la Normalisation des télécommunications, du développement des télécommunications, ainsi que les membres du Comité du Règlement des radiocommunications.

Tout comme la Conférence de plénipotentiaires élira également les États Membres qui constitueront le prochain Conseil de l’UIT, lequel fait office d’organe directeur de l’UIT dans l’intervalle entre les conférences de plénipotentiaires.

DIGITAL Business Africa a choisi de vous présenter les Africains qui aspirent à diriger les organes de l’UIT ainsi que les chances et atouts de ces candidats africains et des pays qui aspirent à intégrer le Conseil de l’UIT.

Parole ce jour à Jean Philémon Kissangou, candidat de la République du Congo, au poste de directeur du Bureau du développement des télécommunications de l’UIT.

Digital Business Africa : Vous êtes candidat au poste de directeur du Bureau de Développement des Télécommunications (BDT). Comment le BDT devrait-il évoluer pour rester pertinent dans le monde d’aujourd’hui  ?

Jean Philémon Kissangou : Le secteur de développement de l’UIT (UIT-D) est à peine né en 1992 lors des plénipotentiaires (PP92) de Genève en Suisse. Le processus de création du nouveau secteur a échoué dans le transfert des attributions du secteur de standardisation (UIT-T) au secteur de développement l’UIT-D.

L’UIT aurait dû transférer l’ensemble des attributions en lien avec le développement au nouveau secteur, en l’occurrence l’ensemble des attributions relatives à l’exploitation commerciale des applications et services de télécommunications.

De ce fait là, l’UIT-D était née affaiblie voire désarmée. Aujourd’hui, plus de 30 ans après, les choses n’ont pas davantage évolué.

Le travail de l’UIT-D va davantage être visible et pertinent lorsque les questions en lien avec le développement (l’économie, le social, le commerce, la régulation) vont réellement être gérées par le secteur de développement.

L’UIT-D pourrait par exemple être le siège des différentes négociations économiques et commerciales liées à l’exploitation des nouvelles applications/services de télécommunications, ou encore celle de la régulation des applications IP.

À cause de cela et du fait que ce problème n’a jamais été posé, le BDT est réduit à faire du support administratif avant, pendant et après les réunions des commissions d’études et des groupes consultatifs qui préparent les Conférences Mondiales de Développement des Télécommunications (CMDT). On peut y ajouter la gestion des bureaux régionaux et aussi la gestion et le suivi des programmes et projets comme le plan de Busan 2014 qui au demeurant reste assez opaque.

Le plan de Kigali 2022 (24,5 milliards USD) a été annoncé en juin 2022. Pendant ce temps, la mission constitutionnelle première du BDT qui est celle d’encourager la coopération et la solidarité internationale est réduite à la portion congrue.

A mon sens, le Bureau de développement de l’UIT doit davantage être un lieu d’équilibrage des forces en présence, d’attribution de nouvelles compétences et de négociation pour tous, sur un même pied d’égalité.

Digital Business Africa : Qu’apporteriez-vous de plus à l’UIT si vous êtes élu Directeur du Bureau de Développement des Télécommunications  ?

Jean Philémon Kissangou : Le BDT est un secteur quelque peu affaibli par la pauvreté de ses attributions. Son rôle essentiel étant réduit beaucoup plus à la gestion des réunions, certes importantes. Je commencerai par travailler avec l’appui du comité de coordination de l’UIT pour renforcer le pouvoir du BDT. En y associant des négociations y compris commerciale, la formation du staff, y compris dans les cinq zones régionales de l’UIT, la gestion plus efficiente des projets en particulier ceux arrêtés après chaque conférence et dans la mesure du possible une meilleure gouvernance et moralisation.

Digital Business Africa : Quelles seront vos trois priorités et comment planifiez-vous les atteindre  ?

Jean Philémon Kissangou : Si je suis élu, mes trois priorités seront l’amélioration continue par la formation et la qualification des fonctionnaires de l’UIT-D/BDT afin d’améliorer leurs actions sur le terrain à travers le monde ; l’ouvrage pour l’accès aux réseaux et services de large bande par des mécanismes de partenariats innovants et enfin le travail avec l’appui du levier recherche, pour une collecte et une exploitation plus efficientes des données et des statistiques internationales dans le secteur des technologies numériques. Ceci en vue d’élaborer et de calculer un index plus efficient qui mesure la société de l’information et qui aide à élaborer les politiques et les régulations qui répondent aux problèmes réels des populations dans le monde.

Digital Business Africa : Vous êtes cinq candidats au BDT, dont quatre Africains. Ne pensez-vous pas que cette multitude des candidats de l’Afrique puisse diminuer les chances du continent africain à remporter l’élection au BDT de l’UIT ?

Jean Philémon Kissangou : Que le directeur ou la directrice du BDT vienne de l’Afrique ou non, cela ne me pose aucun problème. En 20 ans d’existence le BDT, on a eu deux Africains comme directeur. Ce qui compte vraiment c’est d’avoir une personne qui connait les enjeux et les problèmes des télécommunications dans le monde, un/une travailleur/se, un/une leader qui répond aussi aux exigences d’éthique et de moralité.

Digital Business Africa : Quelle place occupera l’Afrique dans vos actions si vous êtes élu directeur du Bureau de Développement des Télécommunications à l’UIT  ?

Jean Philémon Kissangou : La convention de l’UIT donne mission au BDT de s’occuper de manière particulière des pays ayant des besoins spéciaux, en en général les pays les moins avancés (PMA), les petits États insulaires en développement (PEID), les pays sans littoral. De manière générale, des pays ayant des problèmes particuliers, des plus simples, comme la non-conformité aux standards E164 des pays comme le Bénin, le Cameroun, Congo, la Côte d’Ivoire, la RCA, aux plus complexes comme la construction des infrastructures de télécommunications à large bande comme le projet (Central Africa Backbones) CAB ou le projet HIPSSA (Harmonisation des politiques des TIC en Afrique subsaharienne).

Digital Business Africa : Apparemment vous vous plaignez de ce que vos challengers utilisent dans leurs démarches de campagne des stratégies non conformes aux règles de l’UIT. De quoi s’agit-il  ?

Jean Philémon Kissangou : Oui, l’UIT a adopté en 2018 des principes d’éthiques qui encadrent l’activité des campagnes électorales des fonctionnaires de l’UIT qui sont candidats aux élections. Le code éthique de l’Union interdit aux fonctionnaires de l’Union de faire campagne avant d’avoir déclaré leurs candidatures. Il leur interdit de profiter des missions et des moyens de l’UIT pour mener des campagnes déguisées. Or, tous mes challengers fonctionnaires de l’Union auraient allègrement violé ces dispositions sur une longue période.

J’ai pour cela saisi le secrétaire général de l’UIT et le comité d’éthique pour réclamer justice et demander que ces personnes soient sanctionnées sans attendre. Et ce, de la plus belle des manières, car l’UIT que nous voulons c’est l’UIT des grandes ambitions pour le développement des télécommunications et pour connecter le monde. Une UIT elle-même dirigée par des personnes qui comprennent les enjeux, mais aussi conduite par des hommes et des femmes irréprochables sur le plan de l’éthique et de la morale.

Au demeurant nous avons aussi saisi les Nations unies et si nous ne sommes pas satisfaits dans les meilleurs délais vous pourrions saisir la justice. L’UIT a des valeurs et des principes et ceux -ci doivent être respectés par tous, à tout moment et en toute circonstance.

Au-delà de tout cela, ce qui nous intéresse c’est de contribuer au développement des télécommunications dans le monde et nous y travaillons tous les jours, jusqu’à ce que cela soit possible.

Digital Business Africa : Quel est votre point de vue sur le rôle des technologies numériques dans un monde en perpétuelle mutation rapide comme celui dans lequel nous vivons  ?

Jean Philémon Kissangou : Comparée à la première, la 4e révolution industrielle dans laquelle nous sommes aujourd’hui sera 10 fois plus rapide, 300 fois en termes d’échelle et 3000 fois en termes d’impact.

Dans le futur, les technologies numériques dites de rupture vont apporter davantage de changements sur notre façon de vivre, de produire, de travailler ou d’entretenir des relations interpersonnelles. Les transformations qui en résulteront seront différentes de celles que l’humanité a connues jusqu’à présent ; difficile d’imaginer un secteur qui ne sera pas touché.

En outre, face aux défis de développement intégral des 8,7 milliards d’individus que nous serons sur terre en 2030, le rôle des technologies numériques sera d’apporter de nouvelles opportunités de développement, d’atténuer de nouveaux risques y compris de contribuer à la réduction des émissions de CO2, avec impact sur le climat de façon à permettre à la terre de continuer à accueillir la vie !

Au demeurant, la réponse des technologies numériques aux défis du monde sera intégrée, globale et impliquant toutes les parties prenantes : public, privé, monde académique et société civile.

Propos recueillis par Beaugas Orain DJOYUM

(Source : Digital Business Africa, 16 septembre 2022)

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