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Interview Adama Méité, Directeur des Réseaux et du Système d’informations d’Orange Côte d’Ivoire

vendredi 15 juillet 2022

5G : 8 questions à Adama Méité, Directeur des Réseaux et du Système d’informations d’Orange Côte d’Ivoire

En connectant des appareils de tous genres à des débits jusque-là inégalés, la 5G promet de créer des maisons et des bureaux plus intelligents, et bien plus encore. Adama Méité, Directeur des Réseaux et du Système d’informations d’Orange Côte d’Ivoire, est convaincu que la 5G apportera une foule d’avantages pour les entreprises et les administrations, à condition de satisfaire à un certain nombre de prérequis.

Il y a quelques années, l’ARTCI et les fournisseurs de services de télécommunications mobiles présentaient la 5G comme un levier de développement essentiel pour les nouveaux usages numériques. Concrètement, la 5G c’est quoi ?

La 5G c’est la cinquième génération des technologies de réseaux mobiles. Elle arrive après la 2G qui a introduit les appels voix mobiles et l’usage du SMS, puis la 3G qui a vu la vulgarisation de l’internet et enfin la 4G avec le développement du streaming haut-débit. Cette évolution rapide de l’internet mobile a fait naitre de nouveaux besoins et services avec des contraintes réseaux différentes pour lesquelles la 5G est une réponse.

La 5G concrètement c’est, à terme, un débit de téléchargement internet 10 fois supérieur à la 4G : par exemple, il sera possible de télécharger un film HD de 4 Go en 2 à 3 minutes (valeur estimée selon temps de téléchargement moyen) au lieu de 13 minutes ou plus en 4G.

La 5G c’est aussi la promesse d’un temps de latence très faible (de 10 à environ 1 milliseconde) qui se traduit par la compression des délais entre l’envoi et la réception des données ; fonctionnalité capitale pour certaines applications critiques telle que la sécurité des futurs véhicules autonomes. Mais en plus, la 5G a été pensée pour exploiter pleinement le potentiel de l’IoT avec sa capacité à connecter des millions d’objets. La 5G sera donc le réseau multi-service avec une performance et une flexibilité jusque-là inégalées.

Faut-il déduire que grâce à des solutions reposant sur l’Internet haut débit, les entreprises et les administrations disposeront de nouvelles clés pour élargir et optimiser leurs capacités ? Notamment, en matière de télétravail, d’expérience client, de formations à distance, etc. ?

Effectivement, la 5G promet de catalyser le développement de solutions digitales qui aideront à réinventer le fonctionnement des entreprises et à transformer fondamentalement notre rapport au numérique.

La 5G va profondément accélérer la transformation numérique B2B dans son ensemble, tant pour l’amélioration de la relation client que pour les capacités de production. Ceci avec des cas d’usages dans les industries 4.0, les usines et mines connectées, les smart ports, etc. La 5G sera aussi un levier essentiel pour les villes connectées (smart cities) car associée à l’IA, elle ouvre la voie à des usages concrets et innovants comme la gestion du trafic et des feux de circulation en temps réel.

Mais sur le long terme, l’écosystème inventera certainement de nouvelles applications, nous devrons donc associer les éditeurs de logiciels et les développeurs qui sont essentiels pour faire fonctionner certains de ces cas d’utilisation ; c’est pourquoi chez Orange Côte d’Ivoire, nous défendons l’innovation ouverte à travers le Hackaton 5G lancé le 30 juin dernier.

Qu’est-ce qui justifie l’arrivée tardive de la 5G en Afrique malgré ses bienfaits ? Son adoption impliquerait-elle un changement du modèle économique ?

Je ne dirai pas que l’Afrique est en retard sur le sujet, mais que la 5G arrive quasiment à point nommé, ceci grâce au développement récent des services internet sur tout le continent. Cependant, il convient de noter que le déploiement et l’adoption de la 5G par le grand public se fera progressivement car la couverture 4G dans nos géographies n’est pas encore suffisamment large et a encore ses beaux jours devant elle.

Et donc pour accélérer cette adoption par nos clients, il faudra innover dans la stratégie de monétisation. Nous devrions, en plus de vendre la connectivité internet au client comme nous l’avons fait pour la 4G ou la fibre, accompagner nos offres de services intéressants, de solutions complètes qui pourront être intégrées à leur divertissement ou leurs processus de production.

Le dernier Rapport d’Ericsson sur la mobilité dit que la 5G permettra une gamme de nouveaux services dans différents secteurs tels que l’agriculture, les services publics, etc. Selon vous, quelles sont les principales opportunités sur le marché africain qui peuvent être offertes par la 5G ?

Les principales opportunités sont d’abord dans le domaine B2B et surtout dans les verticales :

  • Le très haut débit sans fil : avec des débits très élevés pour accroitre la connectivité,
  • La santé avec par exemple des cas d’usages de téléconsultation en mobilité, en partenariat avec certains établissements hospitaliers,
  • L’agriculture en testant des cas d’usage sur la gestion de d’entreposage avec des capteurs de surveillance des plantations par des drones, de mécanisation de l’agriculture (arrosage automatique, commande de machine à distance, …)
  • L’e-éducation dans des applications de cours à distance en VR immersive,
  • Les industries dans l’accompagnement de l’automatisation d’activités portuaires, minières, de gestion de logistique à travers le déploiement de réseaux IoT,
  • Les transports dans la gestion des flux d’information pour fluidifier le trafic et les déplacements des populations.

Et bien d’autres domaines qui sont encore à explorer.

Dans la perspective d’une amélioration des prestations de services mobiles et de la prise en charge de toute une variété d’applications nouvelles, quels sont les investissements réalisés par le Groupe Orange Côte d’Ivoire pour préparer l’arrivée de la 5G ?

Le Groupe Orange Côte d’Ivoire a en cours des chantiers d’expérimentation 5G dans chacune de ses filiales. Particulièrement pour Orange Côte d’Ivoire, depuis 2020 a débuté une série de renouvellement de nos plateformes pour les rendre compatibles à la 5G. Je veux parler par exemple du nouveau cœur data vEPC et de la base de gestion de nos abonnés qui a été mise à jour. Au niveau radio, un vaste projet de renforcement de la capacité des sites existants à travers des activations 4G et MIMO. Un pilote 5G d’une vingtaine de sites a démarré depuis décembre 2021 et se poursuit.

Peut-on s’attendre au lancement de la 5G par Orange Côte d’Ivoire d’ici fin 2022 ?

Un certain nombre de prérequis doit être satisfait avant d’avancer une date. Notamment les prérequis relatifs à l’allocation des fréquences par le régulateur, surtout que la bande de fréquence pressentie est la 3,5 GHz. En tout état de cause, Orange Côte d’Ivoire se tient prêt pour un éventuel lancement en 2022.

En matière de commerce et de règlementation, qu’attendez-vous de l’ARTCI pour que la technologie 5G procure une couverture généralisée et réponde à tous les cas d’usage ?

Le cadre réglementaire en vigueur devra laisser une marge de manœuvre importante au déploiement des innovations promises par la 5G. Il n’existe aucune incompatibilité entre la technologie 5G et le principe de neutralité du Net qui devra donc rester inchangé.

Aussi, les business plans sur l’investissement 5G étant encore au stade de définition, les coûts d’acquisition des blocs de fréquences 5G devraient être incitatifs.

De plus, les obligations qui seront éventuellement associées au spectre 5G devront rester très raisonnables. Plus précisément, une application du model d’obligation de couverture en pourcentage de la population tel que défini dans le cadre actuel sera dissuasif pour les opérateurs.

L’ARTCI pourrait aussi proposer une exonération fiscale spéciale pour les terminaux 5G afin de réduire les couts d’acquisition et ainsi accélérer son adoption par les clients.

En conclusion, quels sont les principaux leviers pour le déploiement de la 5G en Côte d’Ivoire ?

Pour la réussite du déploiement 5G en Côte d’Ivoire, un écosystème devra être créé ou alors renforcé à travers un certain nombre d’actions :

  • Mettre en place des mesures incitatives afin d’améliorer le niveau de maturité numérique des entreprises, de l’Administration et des ménages
  • Entreprendre des actions en vue de promouvoir l’éducation numérique des populations :
  • Généraliser les centres multimédias dans les établissements scolaires et centres de formation (CAFOP, ENS, …)
  • Généraliser/Créer des modules/contenus de formation sur le numérique dans les programmes scolaires dès le collège
  • Proposer des formations/renforcement de compétences pour les enseignants et professionnels de l’éducation dans les métiers du digital et dans l’utilisation du numérique
  • Proposer des formations/renforcement de compétences pour les différentes couches de la population, dans les métiers du digital et dans l’utilisation du numérique
  • Programmes de vulgarisation des équipements TIC
  • Mettre en place des mesures fiscales incitatives pour faciliter l’accès aux équipements et terminaux 5G
  • Développer des centres de données (data center)
  • Former en local des ressources compétentes
  • Déployer des plateformes IoT locales pour chaque secteur, inciter la couverture des zones blanches, faciliter l’accès aux fréquences,
  • Instaurer un cadre légal pour encadrer la collecte et l’anonymisation des données
  • Promouvoir des modèles organisationnels innovants : de nouveaux modèles de coopération entre Etat – bailleurs de fonds – secteur privé – fournisseurs de services - chercheurs / RSE.

Anselme Akéko

(Source : Orange Côte d’ivoire, 15 juillet 2022)

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 15 418 058 abonnés Internet

  • 15 064 336 abonnés 2G+3G+4G (97,72%)
    • 2G : 21,30%
    • 3G : 39,18%
    • 4G : 39,52%
  • 195 457 abonnés ADSL/Fibre (1,28%)
  • 156 129 clés et box Internet (1,00% )
  • 2 136 abonnés aux 4 FAI (0,02%)
  • Internet fixe : 1,28%
  • Internet mobile : 98,72%

- Liaisons louées : 4 131

- Taux de pénétration des services Internet : 92,29%

(ARTP, 30 juin 2021)

- 9 749 527 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 6693 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, avril 2020)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 3 opérateurs : Sonatel, Expresso et Saga Africa Holdings Limited
- 256 010 abonnés
- 215 687 résidentiels (84%)
- 40323 professionnels (16%)
- Taux de pénétration : 1,52%

(ARTP, 30 septembre 2021)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Free et Expresso)
- 19 742 292 abonnés
- Taux de pénétration : 118,18%

(ARTP, 30 septembre 2021)

FACEBOOK

3 850 000 utilisateurs

Taux de pénétration : 23%

- Facebook : 2,95 millions

- Instagram : 1,1 million

- LinkedIn : 800 000

- Twitter : 189 800

(Datareportal, Mars 2022)