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Internet : la fin de la gratuité ?

dimanche 18 novembre 2012

Prévue du 13 au 14 décembre 2012 à Dubaï, la prochaine conférence mondiale des télécommunications (WCIT) organisée par l’UIT abordera la renégociation du règlement des télécommunications internationales. Est-ce la fin de la gratuité pour acheminer des flux via internet ?

En tous les cas, il s’agira d’un round de négociation décisif dont la finalité est de fixer clairement le principe de fonctionnement des réseaux et des services dans le monde et cela pour plusieurs années. De cette conférence dépendra de l’avenir de l’Internet. En mettant en avant une probable saturation des réseaux, les opérateurs de télécommunications ont agité durant ces dernières années leur volonté de faire participer les fournisseurs de contenus aux investissements massifs nécessaires à l’évolution des « tuyaux ». Il s’agit de bouleversements provoqués par la convergence des technologies dites de rupture : l’Internet mobile, le cloud computing et les réseaux sociaux. La forte influence exercée par les opérateurs de télécommunications semblent ainsi porter ses fruits. Il y a quelques mois, Stéphane Richard, PDG de France Télécom/Orange confiait dans une interview que « les réseaux vont saturer ». Pour palier à cette congestion des réseaux, le PDG d’Orange avait avancé l’idée d’une contribution financière des éditeurs de contenus et des constructeurs de mobiles pour les aider à supporter l’évolution de leurs réseaux (LTE, fibre optique, 4G...) pour garantir une bonne qualité de service… Il s’agit de faire payer davantage ceux qui envoient de gros volumes de données pour qu’ils aient la même qualité de service que les autres. De ce fait, au-delà de la question de la saturation des réseaux, c’est la question du financement des investissements qui se pose. « Il y a sans doute plusieurs modèles possibles, de la contribution directe des agrégateurs (de type Google) à l’investissement en partenariat opérateurs-éditeurs en passant par diverses solutions de rétribution pour l’accès aux capacités et, à ce stade », déclarait Didier Pouillot, responsable du projet DigiWorld Yearbook à l’Idate (Institut de l’Audiovisuel et des télécommunications en Europe). Pour lui, aucun modèle n’émerge plus qu’un autre. Toutefois, c’est la gratuité de l’internet et sa neutralité qui seront en jeu. Ces coûts d’accès auront forcément des répercussions sur les utilisateurs finaux, sur la neutralité d’internet et surtout sur la dynamique qu’il apporte dans l’innovation.

3,4 milliards d’internautes

Jusqu’alors fondée sur la base de la gratuité, les relations entre éditeurs de service et opérateurs de télécoms se complexifie dès lors qu’il y a un déséquilibre entre volume reçu et volume envoyé. A l’origine, il était prévu une compensation financière dès lors qu’il y a déséquilibre. C’est à l’image des accords d’interconnexion à l’international où les opérateurs ont mis en place un système de compensation dans la terminaison d’appels, en cas de déséquilibre, des compensations financières sont prévues. Mais depuis quelques années avec le développement des accès, la progression des tablettes et autres smartphones, le volume de données croit beaucoup plus vite que ne se développent les infrastructures nécessaires à leur acheminement. Dès lors, il se pose le problème du financement des nouvelles infrastructures pour faire face à la demande, notamment généré par les internautes issus des pays en développement. Aujourd’hui, avec 3,4 milliards d’internautes, soit près de 45% de la population mondiale, on assistera à un quadruplement du trafic internet dans les quatre prochaines années, explique un récent rapport sur l’état du trafic international. Ce même rapport prévoit que les besoins en bande passante s’établiraient à 1,3 zettaoctet à l’horizon 2016. Pour le contenu parvienne à l’internaute final, les éditeurs de service (Skype, YouTube, Google...) passent par des opérateurs de télécoms qui assurent l’acheminement de ces contenus à travers des réseaux. Aujourd’hui, c’est cette gratuité qui sera remise en question et occupera une place centrale dans les négociations lors de la conférence de Dubaï.

Mohamadou Diallo pour le magazine Réseau Télécom N° 57

(Source : Agence Ecofin, 18 novembre 2012)

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 11 081 424 abonnés Internet

  • 10 817 325 abonnés 2G+3G+4G (97,62%)
    • 2G : 33,28%
    • 3G : 54,50%
    • 4G : 12,13%
  • 97 453 clés et box Internet (0,88%)
  • 145 964 abonnés ADSL/Fibre (1,341%)
  • 17 953 abonnés bas débit (0,16%)
  • 2729 abonnés aux 4 FAI

- Liaisons louées : 22 825

- Taux de pénétration des services Internet : 70,46%

(ARTP, 30 juin 2019)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 4710 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 25 septembre 2018)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

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- 91 lignes publiques (0,03%)
- Taux de pénétration : 1,952%

(ARTP, 30 juin 2019)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 17 201 494 abonnés
- Taux de pénétration : 109,38%

(ARTP, 30 juin 2019)

FACEBOOK

- 3 171 000 utilisateurs

- Taux de pénétration de Facebook : 18,6%

(Facebook, Juin 2019)