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Hulo Guillabert, directrice Diasporas Noires Editions : « Le numérique pour une réappropriation de nos cultures »

jeudi 14 juillet 2016

Hulo Guillabert, écrivain et directrice de « Diasporas Noires Editions » était, le week-end dernier, l’invitée des « Samedis de l’Economie » organisés par la Fondation Rosa Luxemburg et Arcade. Mme Guillabert y animait une conférence sur le thème « L’édition numérique… Et les bibliothèques ne brûlent plus ! Economie numérique : une chance pour l’Afrique ? »

« En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Cette assertion du sage de Bandiagara, Amadou Hampâté Bâ, a-t-elle fait son temps ? La réponse à cette question n’est pas toujours évidente. Mais, elle met en relief le problème de la transmission de l’expérience vécue, des savoirs particuliers et de la mémoire collective dans des sociétés d’oralité. Sous ce rapport, « l’économie numérique offre à l’Afrique l’opportunité de stocker sa mémoire, sa littérature écrite et orale, ses œuvres d’art, ses particularismes… », indique Hulo Guillabert, directrice de Diasporas noires Éditions. Faudrait-il juste que les peuples d’Afrique prissent conscience des enjeux que constitue l’outil technologique qui peut leur permettre d’exprimer leur vision du monde.

Le numérique, selon elle, donne à l’Afrique une occasion d’innover et aux jeunes une chance formidable de se réinventer en se positionnant comme forces de propositions autonomes. Même si elle ne perd de vue les risques liés à Internet, ce « catalogue fourre-tout », la promotrice de la galerie « Nubi-Arts » trouve nécessaire de s’en accommoder pour que le contrôle des masses ne soit plus l’apanage de certaines coteries. Car, estime-t-elle, Internet est un outil de construction et de déconstruction des systèmes, participant ainsi au formatage des esprits, des consciences collectives. Il y a, sous cet angle, un esprit critique à cultiver, rempart contre les idéologies dominantes au service de certaines chapelles.

L’édition numérique dont l’Afrique peut se servir pour « une réappropriation de ses cultures », à en croire Hulo Guillabert, navigue entre des écueils tout à fait objectifs. La nouveauté du phénomène en est le premier obstacle. Certains sont encore attachés au livre physique pour son confort de lecture même si les liseuses pour les documents numériques sont de plus en plus performantes et accessibles. Le taux d’analphabétisme de la population sénégalaise et africaine en général ne favorise pas non plus une meilleure pénétration de cet instrument « moins encombrant qu’une bibliothèque » et plus souverain qu’une mémoire d’homme, à la fois faillible et gouvernée par des préoccupations existentielles et individualistes.

Dynamique de vulgarisation

En outre, la méfiance par rapport aux modalités de paiement les plus fréquentes de l’édition numérique dans un espace où les cartes de crédit sont peu usitées empêche, selon « l’Africaine du Sénégal », comme elle se nomme, son développement. C’est ainsi qu’elle compte nouer un partenariat avec un service de transfert d’argent pour adopter une démarche plus adaptée aux pratiques locales. Il est aussi important que la Direction du livre s’adapte aux nouvelles réalités technologiques non sans signaler que le livre-papier, « plus autonome », a encore de la marge par rapport au « e-book » qui dépend de plusieurs paramètres.

Toutefois, malgré les nombreux obstacles au développement de l’édition numérique beaucoup plus souple et moins chère que celle-là traditionnelle, « l’Etat doit s’inscrire dans une dynamique de vulgarisation de cet instrument par une politique de promotion et de construction d’infrastructures », dit Hulo Guillabert. Car, il ne faut pas que l’Afrique rate le train à nouveau. C’est une question de souveraineté. Marc-André Ledoux, directeur général des Nouvelles éditions numériques africaines, dit une chose qui en en témoigne : « En tant que privés, nous faisons œuvre publique en récupérant le patrimoine passé et culturel de l’Afrique ». La bibliothèque à laquelle faisait référence Amadou Hampâté Bâ sera ainsi moins sollicitée.

Alassane Aliou Mbaye

(Source : Le Soleil, 14 juillet 2016)

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