OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2017 > Mai 2017 > Gouvernement et réseaux médias sociaux : les irréconciliables ?

Gouvernement et réseaux médias sociaux : les irréconciliables ?

vendredi 12 mai 2017

Médias/Réseaux sociaux

Les médias sociaux en Afrique font l’objet de tous les espoirs et de toutes les peurs. Espoir pour l’émancipation d’une société civile amorphe, peur de la part des gouvernants qui craignent la montée d’un contrepouvoir. Dans son article, Charlotte Cross, dénonce la radicalité des positions autour des réseaux sociaux. Cet espace de liberté serait synonyme de danger : propagation de rumeurs, incitation à la violence, recrutement de djihadistes. Surfant sur cette vision négative, nombre de pays africains en profitent pour bloquer les réseaux sociaux avec une grande facilité. L’auteur incite à plus de mesure. L’illusion de maitriser les choses en coupant les réseaux est une vue de l’esprit aussi ridicule que de croire que les murs empêcheront la circulation des personnes !

De nombreux internautes kényans craignent que le gouvernement coupe Internet pendant les élections générales d’août prochain. L’Autorité chargée des communications au Kenya a tenté de rassurer les électeurs que cela est peu probable. Cependant, les craintes que la liberté d’utiliser internet, risque d’être bafouée, ne sont pas infondées.

La liste des pays africains qui ont bloqué l’accès aux médias sociaux pendant les élections et d’autres périodes politiquement sensibles est en constante augmentation. Ainsi, au cours de la dernière année, on compte : Le Cameroun, le Tchad, la République démocratique du Congo, le Gabon, la Gambie, la République du Congo et l’Ouganda. Des pays comme l’Ethiopie, Madagascar et la Tanzanie ont introduit même une législation sur la cybercriminalité qui menace la liberté d’expression. Ailleurs, les utilisateurs des médias sociaux, y compris les journalistes, ont été poursuivis en vertu de la législation existante pour le contenu qu’ils ont partagé en ligne.

De telles actions sont souvent justifiées en termes de préservation de la paix et de la sécurité, car les médias sociaux offrent une plate-forme potentielle pour la diffusion de discours haineux et l’incitation à la violence. Cela est particulièrement problématique dans les contextes où les candidats politiques s’appuient sur des différences ethniques ou religieuses pour mobiliser le soutien. Le rôle joué par les messages incendiaires dans la violence autour des élections du Kenya en 2007, par exemple, est souvent évoqué comme un rappel des dangers potentiels de la communication de masse non réglementée.

Au Sud-Soudan, le conflit en cours a été alimenté par des rumeurs et des discours de haine en ligne. Certains ont même accusé de fausses informations diffusées sur Facebook d’être à la base de la mort de 150 personnes. Dans certaines parties de l’Afrique, les médias sociaux constituent un outil permettant aux groupes terroristes de recruter et de communiquer avec leurs partisans. Le gouvernement affirme que les médias sociaux sont dangereux et ne doivent donc pas être laissés totalement libres. Les nouvelles formes de communication intensifient la concurrence politique en Afrique comme ailleurs. Cela a des implications inquiétantes pour les régimes qui espèrent s’accrocher au pouvoir.

Source d’informations alternative

Les médias sociaux offrent de nouvelles façons de partager rapidement l’information avec un grand nombre de personnes. Dans le passé, une blague qui se moquait d’un leader politique aurait pu être partagée avec quelques amis. Aujourd’hui, elle pourrait atteindre des milliers. Les blogs et les plateformes, tels que WhatsApp, sont devenus des sources majeures de diffusion d’informations pour de nombreux internautes. Ils rapportent parfois ce qui est signalé dans les médias « traditionnels ».

A part les blagues, les violations par le gouvernement des procédures électorales ou d’autres violations des droits de l’homme peuvent être signalées en ligne. Ce faisant, les médias sociaux ont joué un rôle dans l’autonomisation de la société civile et a aidé les mouvements d’opposition à s’organiser dans certains des pays les plus autoritaires d’Afrique.

Internet donne également aux problèmes politiques localisés une audience mondiale. Ce fut le cas lors de manifestations récentes en Éthiopie, lorsque les adversaires du régime au sein de la diaspora ont pu s’engager dans les médias sociaux. Cependant, une communication en ligne accrue offre également de nouvelles opportunités pour la surveillance et la censure du gouvernement. Les coupures d’internet et les poursuites pour « cybercriminalité » visant les critiques des leaders sont des outils permettant de verrouiller l’espace politique. Dans des pays comme la Tanzanie, les restrictions aux débats en ligne ont été accompagnées de mesures complémentaires hors ligne. Il s’agit notamment de l’interdiction des rassemblements politiques et des poursuites contre les députés de l’opposition pour la sédition.

Debout contre l’Etat

Face à la censure du gouvernement, les citoyens ont tenté de résister aux restrictions de leur liberté d’utiliser internet. Par exemple, en 2016, de nombreux Ougandais ont déjoué les tentatives de blocage des réseaux sociaux en utilisant des réseaux privés virtuels (VPN) pour se connecter. Les opérateurs de réseaux mobiles peuvent se demander s’ils peuvent faire plus pour résister aux gouvernements à l’avenir.

La contestation de la législation restrictive devant les tribunaux peut également s’avérer payante. Au Kenya, par exemple, une disposition légale relative à l’utilisation « inappropriée » d’un dispositif de télécommunications a été déclarée inconstitutionnelle. Cependant, dans la Tanzanie voisine, une tentative de contester la loi sur la cybercriminalité a été rejetée.

Ces problèmes ne touchent pas que les pays africains. Entre juin 2015 et juillet 2016, il y a eu 81 interruptions courtes de l’accès internet dans 19 pays. Ils comprenaient l’Inde, la Turquie et le Vietnam. À l’échelle mondiale, la croissance des médias sociaux a stimulé le débat sur la frontière entre la protection de la liberté d’expression et la transmission de la haine et de l’extrémisme.

La campagne présidentielle de l’année dernière aux États-Unis a généré des inquiétudes au sujet du rôle des médias sociaux dans la diffusion de « fausses nouvelles » avec des conséquences politiques importantes. Ces débats sont urgents à mener.

En 2017, des élections se déroulent dans de nombreux pays qui ont des histoires récentes de violence électorale. Des candidats politiques n’ont d’autres arguments que de surfer sur les divisions ethniques et régionales. Il est donc nécessaire de s’assurer que les réseaux sociaux ne soient pas utilisés pour inciter à la violence ou répandre des rumeurs dangereuses. La question demeure cependant de savoir comment éviter que les gouvernements ne profitent de cette période sensible de restreindre abusivement les droits et libertés des citoyens.

Charlotte Cross, spécialiste en développement international, The Open University.

(Source : Libre Afrique, 12 mai 2017)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4415/5134 Régulation des télécoms
  • 364/5134 Télécentres/Cybercentres
  • 3555/5134 Economie numérique
  • 1776/5134 Politique nationale
  • 5134/5134 Fintech
  • 522/5134 Noms de domaine
  • 2119/5134 Produits et services
  • 1475/5134 Faits divers/Contentieux
  • 747/5134 Nouveau site web
  • 4970/5134 Infrastructures
  • 1734/5134 TIC pour l’éducation
  • 191/5134 Recherche
  • 248/5134 Projet
  • 3545/5134 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1816/5134 Sonatel/Orange
  • 1609/5134 Licences de télécommunications
  • 274/5134 Sudatel/Expresso
  • 1285/5134 Régulation des médias
  • 1271/5134 Applications
  • 1077/5134 Mouvements sociaux
  • 1672/5134 Données personnelles
  • 128/5134 Big Data/Données ouvertes
  • 601/5134 Mouvement consumériste
  • 363/5134 Médias
  • 652/5134 Appels internationaux entrants
  • 1647/5134 Formation
  • 92/5134 Logiciel libre
  • 2238/5134 Politiques africaines
  • 1053/5134 Fiscalité
  • 168/5134 Art et culture
  • 616/5134 Genre
  • 1704/5134 Point de vue
  • 1167/5134 Commerce électronique
  • 1478/5134 Manifestation
  • 325/5134 Presse en ligne
  • 124/5134 Piratage
  • 205/5134 Téléservices
  • 905/5134 Biométrie/Identité numérique
  • 309/5134 Environnement/Santé
  • 343/5134 Législation/Réglementation
  • 361/5134 Gouvernance
  • 1782/5134 Portrait/Entretien
  • 146/5134 Radio
  • 809/5134 TIC pour la santé
  • 280/5134 Propriété intellectuelle
  • 60/5134 Langues/Localisation
  • 1118/5134 Médias/Réseaux sociaux
  • 2041/5134 Téléphonie
  • 190/5134 Désengagement de l’Etat
  • 1051/5134 Internet
  • 115/5134 Collectivités locales
  • 449/5134 Dédouanement électronique
  • 1159/5134 Usages et comportements
  • 1043/5134 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 557/5134 Audiovisuel
  • 3447/5134 Transformation digitale
  • 385/5134 Affaire Global Voice
  • 186/5134 Géomatique/Géolocalisation
  • 322/5134 Service universel
  • 672/5134 Sentel/Tigo
  • 176/5134 Vie politique
  • 1541/5134 Distinction/Nomination
  • 35/5134 Handicapés
  • 698/5134 Enseignement à distance
  • 737/5134 Contenus numériques
  • 595/5134 Gestion de l’ARTP
  • 179/5134 Radios communautaires
  • 1766/5134 Qualité de service
  • 433/5134 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5134 SMSI
  • 536/5134 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2798/5134 Innovation/Entreprenariat
  • 1388/5134 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5134 Internet des objets
  • 175/5134 Free Sénégal
  • 782/5134 Intelligence artificielle
  • 196/5134 Editorial
  • 3/5134 Gaming/Jeux vidéos
  • 28/5134 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous