twitter facebook rss

Articles de presse

Imprimer Texte plus petit Texte plus grand

Gabriel FAL, pdg Cgf bourse : ‘300 000 actions de l’Etat représentent 55 milliards 200 millions de francs Cfa’

mardi 20 mai 2008

Si l’Etat du Sénégal décide de céder ses parts d’actions de la Sonatel, il devra nécessairement passer par l’Offre publique de vente (Opv). C’est du moins l’avis du Président directeur général de Cgf Bourse. Dans l’entretien qu’il nous a accordé sur les rumeurs concernant la vente, par l’Etat, de son portefeuille d’actions Sonatel, Gabriel Fal soutient que c’est un placement rentable, liquide et qui n’a pas épuisé sa croissance. Spécialiste bien connu des questions financières et boursières, il estime que si l’Etat du Sénégal cède 300 000 actions sur les 2 900 000 qu’il possède, cela lui rapportera, au cours actuel, 55 milliards 200 millions de francs Cfa.

Wal Fadjri : La vente partielle ou totale du portefeuille d’actions Sonatel détenu par l’Etat du Sénégal est-elle opportune ?

Gabriel Fal : Ce n’est pas notre rôle, nous les professionnels des marchés financiers, de dire si la décision d’un investisseur en actions de vendre son portefeuille est opportune ou pas. Pour nous, tout investisseur peut vouloir rendre liquide son placement pour des raisons de fonctionnement ou d’investissement qui lui sont propres. Lorsque l’investisseur est un Etat, l’allocation de ses ressources relève des pouvoirs exécutif et législatif et nous n’avons pas de commentaires à faire à ce niveau.

Wal Fadjri : Avez-vous des conseils à proposer aux pouvoirs publics ?

Gabriel Fal : Mais le ministère de l’Economie et des Finances du Sénégal compte suffisamment de bons spécialistes pour recommander les meilleurs arbitrages aux décideurs politiques. Dans sa démarche, il se peut aussi que l’Etat veuille réduire sa participation chez l’un des opérateurs, car le secteur des télécommunications au Sénégal est devenu un secteur marchand et concurrentiel où l’Etat se réserve le rôle de régulateur impartial et donc se doit d’être à équidistance de chaque opérateur. Par rapport à toutes ces raisons, l’Etat décide seul.

Wal Fadjri : Mais y a-t-il au Sénégal de meilleur placement que les actions de la Sonatel ?

Gabriel Fal : Si l’on raisonne sur la qualité du placement pour savoir si c’est le bon moment pour vendre, je vous dirai qu’à mon avis, il s’agit d’un placement rentable, liquide et qui n’a pas épuisé son potentiel de croissance. S’il s’agit de placer les fonds qui proviendraient de la vente des actions Sonatel sur d’autres valeurs, il faut bien dire qu’il n’y a pas (encore) de placement équivalent au Sénégal. De même, si l’objectif de l’Etat-investisseur est de procéder à une prise de bénéfices, ce sera au détriment, d’une part, de recettes stables et régulières que constituent les dividendes et, d’autre part, d’un potentiel de croissance qui me semble encore important sur les années à venir.

Wal Fadjri : Dans l’hypothèse d’une vente, est-il nécessaire de recruter une onéreuse banque étrangère pour procéder à la valorisation de l’action et conduire l’opération ?

Gabriel Fal : La différence entre la vente de la Sonacos, par exemple, et celle d’actions Sonatel est que cette dernière est une société cotée en bourse. Il n’est donc pas utile de faire une étude pour déterminer sa valeur car le cours de bourse, qui est le résultat de la confrontation de l’offre et de la demande, est la valeur la plus ‘juste’ d’une action donnée. La Sonacos n’était pas cotée en bourse, il a donc fallu utiliser les meilleures méthodes de valorisation, mais aucune d’entre elles n’est aussi incontestable et indiscutable que le cours de bourse.

Wal Fadjri : Les Sociétés de gestion intermédiaire (Sgi) et les banques locales peuvent-elles conduire une telle opération ?

Gabriel Fal : Ce n’est pas la première fois qu’un Etat de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) cède un bloc d’actions minoritaires d’une société cotée à la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm). En 1999, l’Etat ivoirien avait cédé des blocs d’actions de Palmci, de Shell Côte d’Ivoire, de la Société multinationale des bitumes et d’autres. Il se trouve que le marché boursier de l’Uemoa est régi par la réglementation du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (Crepmf). Dans notre cas, je ne crois pas que l’Etat du Sénégal puisse procéder par placement privé. Il devra nécessairement, comme la Côte d’Ivoire, faire une Offre publique de vente (Opv) dans le cadre réglementaire du Crepmf. Cela n’exclut pas pour autant d’étendre l’Opv au marché international. Dans ce cas, il faudra, au titre de la transparence et du jeu de la concurrence, faire deux appels d’offres pour recruter, d’une part, parmi les Sgi sous-régionales, un arrangeur et chef de file pour le marché Uemoa et, d’autre part, une banque conseil pour le marché international.

Wal Fadjri : On parle d’une banque londonienne qui aurait présenté à l’Etat une facture de l’ordre de 1,2 milliards de francs Cfa. Si elle ne fait pas la valorisation, quel sera son rôle ?

Gabriel Fal : Je suis assez confiant qu’il ne s’agit que de rumeurs infondées puisque personne à Londres ou ailleurs, n’a vu d’avis d’appel d’offres, notamment les grands du secteur comme Deutsche Bank, Barclays Capital, Hsbc, Bnp ou Socgen. Je parlais tantôt des cessions de l’Etat ivoirien. A chaque fois, il s’agissait de blocs de 1 à 6 milliards de francs Cfa qui se faisaient exclusivement sur le marché sous-régional. Ici, imaginons que l’Etat du Sénégal cède 300 000 actions sur les 2 900 000 qu’il possède, cela représente au cours actuel une opération de 55 milliards 200 millions de francs Cfa. Or, les grands investisseurs de l’Uemoa sont des institutions qui privilégient les produits de taux fixe comme les obligations. Cela veut dire qu’il faudra aller chercher des souscripteurs aux Etats-unis, en Grande-Bretagne, à Dubaï, en Inde, etc. Et pour cela, l’implication d’une prestigieuse banque internationale s’impose. Là encore, il faut que la prestation soit complète. S’il ne s’agit que de vendre un bloc d’actions ‘on best efforts basis, without underwriting’, c’est-à-dire sans engagement et sans obligation de résultat, ce n’est pas la peine. Parce que, dans ce cas, on paie cher une prestation, mais on n’utilise pas la puissance financière de la banque, mais uniquement son réseau de relations. Il faudra donc exiger que la banque s’engage et s’impose une obligation de résultats. Il y a aussi la possibilité de créer des ‘Global Depositary Receipts’ (Gdr).

Wal Fadjri : Ces Gdr recouvrent quelle réalité ?

Gabriel Fal : C’est un certificat négociable d’actions (Sonatel, par exemple) créé par une banque dépositaire (Citigroup, par exemple) représentant un nombre spécifique d’actions cotées sur la bourse d’un pays donné (Brvm, par exemple) et qui s’échange sur une autre place boursière (London Stock Exchange, par exemple). En fait, lorsqu’une action à potentiel mondial, comme la Sonatel, est cotée dans une Bourse, disons d’envergure locale, on utilise la technique du Gdr pour l’introduire, indirectement, dans une Bourse de classe mondiale et ainsi lui donner une visibilité et une accessibilité aux grands investisseurs mondiaux comme Fidelity, Jp Morgan ou Emirates bank. Parmi les sociétés qui ont eu recours au Gdr, on trouve Orascom (Egypt), la banque Audi (Liban) ou le géant pétrolier Rosfnet (Russie). En Afrique, le groupe Ecobank, qui est triplement coté à Lagos, Accra et à la Brvm, vient de lancer avec la Deutsche Bank, le processus de création de son Gdr dans le cadre de son actuelle augmentation de capital de 2,5 milliards de dollars.

Wal Fadjri : Pourquoi ces opérations ont-elles lieu à Londres plutôt qu’à Paris ?

Gabriel Fal : Parce que la place boursière de Paris est tournée sur la France et l’Europe alors que la place de Londres a une vocation mondiale. Par exemple, si on regarde les fonds étrangers investis sur la Brvm, 90 % sont des fonds londoniens alors que les fonds d’investissements français privés sont quasi inexistants. Les seuls fonds français que l’on voit à la Brvm relèvent de l’aide publique au développement et donc du gouvernement français.

Propos recueillis par Ndakhté M. Gaye

(Source : Wal Fadjri, 20 mai 2009)

Inscrivez-vous a BATIK

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez toutes nos actualités par email.

Navigation par mots clés

153 153 153 144 144 144 238 238 238 168 168 168 145 145 145 170 170 170 171 171 171 160 160 160 172 172 172 173 173 173 154 154 154 174 174 174 226 226 226 155 155 155 176 176 176 177 177 177 237 237 237 250 250 250 241 241 241 157 157 157 178 178 178 180 180 180 259 259 259 181 181 181 159 159 159 248 248 248 183 183 183 239 239 239 256 256 256 185 185 185 162 162 162 186 186 186 187 187 187 191 191 191 192 192 192 234 234 234 194 194 194 195 195 195 196 196 196 197 197 197 198 198 198 199 199 199 229 229 229 233 233 233 202 202 202 228 228 228 204 204 204 232 232 232 206 206 206 253 253 253 208 208 208 209 209 209 210 210 210 211 211 211 212 212 212 213 213 213 214 214 214 254 254 254 217 217 217 218 218 218 249 249 249 219 219 219 220 220 220 230 230 230 222 222 222 252 252 252 255 255 255 242 242 242 243 243 243 244 244 244 245 245 245 246 246 246 258 258 258 260 260 260 261 261 261 263 263 263 48 48 48 61 61 61 59 59 59 12 12 12 11 11 11 70 70 70 53 53 53 127 127 127 132 132 132 75 75 75 123 123 123 15 15 15 52 52 52 110 110 110 49 49 49 14 14 14 28 28 28 13 13 13 73 73 73 164 164 164 77 77 77 112 112 112 113 113 113 18 18 18 102 102 102 105 105 105 78 78 78 119 119 119 65 65 65 47 47 47 16 16 16 120 120 120 90 90 90 133 133 133 81 81 81 116 116 116 20 20 20 135 135 135 136 136 136 137 137 137 21 21 21 129 129 129 35 35 35 22 22 22 67 67 67 7 7 7 79 79 79 69 69 69 108 108 108 84 84 84 87 87 87 96 96 96 23 23 23 25 25 25 106 106 106 82 82 82 32 32 32 76 76 76 72 72 72 115 115 115 26 26 26 104 104 104 29 29 29 58 58 58 30 30 30 46 46 46 31 31 31 62 62 62 88 88 88 55 55 55 101 101 101 86 86 86 10 10 10 80 80 80 114 114 114 92 92 92 100 100 100 85 85 85 36 36 36 125 125 125 37 37 37 38 38 38 109 109 109 74 74 74 51 51 51 50 50 50 39 39 39 83 83 83 40 40 40 66 66 66 68 68 68 93 93 93 99 99 99 60 60 60 57 57 57 24 24 24 41 41 41 42 42 42 134 134 134 19 19 19 43 43 43 111 111 111 17 17 17 117 117 117 97 97 97 94 94 94 54 54 54 71 71 71 122 122 122 33 33 33 56 56 56 131 131 131 98 98 98 34 34 34 89 89 89 91 91 91 45 45 45 107 107 107

INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 12 045 735 abonnés Internet

  • 11 779 800 abonnés 2G+3G+4G (97,8%)
    • 2G : 25,88%
    • 3G : 53,06%
    • 4G : 21,06%
  • 108 945 clés et box Internet (0,90%)
  • 152 047 abonnés ADSL/Fibre (1,29%)
  • 1766 abonnés bas débit (0,02%)
  • 3 177 abonnés aux 4 FAI
  • Internet fixe : 1,30%
  • Internet mobile : 98,70%

- Liaisons louées : 22 060

- Taux de pénétration des services Internet : 74,31%

(ARTP, 31 décembre 2019)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 5800 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, décembre 2019)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 3 opérateurs : Sonatel, Expresso et Saga Africa Holdings Limited
- 207 592 abonnés
- 165 915 lignes résidentielles (79,92%)
- 41 677 lignes professionnelles (20,08%)
- Taux de pénétration : 1,28%

(ARTP, 31 décembre 2019)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 17 880 594 abonnés
- Taux de pénétration : 110,31%

(ARTP, 31 décembre 2019)

FACEBOOK

- 3 171 000 utilisateurs

- Taux de pénétration de Facebook : 18,6%

(Facebook, Juin 2019)