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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2009 > Avril > Festival Vues d’Afrique de Montréal : La révolution numérique dope le cinéma (…)

Festival Vues d’Afrique de Montréal : La révolution numérique dope le cinéma africain

lundi 20 avril 2009

Audiovisuel

Le cinéma africain offre grâce à la révolution numérique un nouveau visage à l’occasion de la 25ème édition du Festival Vues d’Afrique qui a démarré jeudi dernier à Montréal, mégapole québécoise du Canada.

Du long métrage au court métrage en passant par les documentaires, les fictions à petit budget, les thématiques, l’Afrique propose un large éventail de productions qui pousse les acteurs du 7eme art à créditer le continent d’une bonne note.

« La tendance est si forte que le festival consacre depuis quelques années un chapitre entier de sa programmation au cinéma numérique africain, dans la section Africa numérique précisément", note M. Damien Chalaud, membre de la programmation du Festival cité par la presse canadienne. .

Les films n’ont peut-être pas la facture professionnelle des grosses productions maghrébines ou sud-africaines, mais ils sont le reflet direct de ce qui se passe sur le terrain », ajoute M. Chalaud.

En Afrique de l’Ouest où le numérique est devenu un atout important pour doper le cinéma africain, l’industrie cinématographique est en ébullition, a-t-il tenu à observer.

Le Nigeria surnommé Nollywood s’illustre avec sa stupéfiante production de 700 à 800 films en moyenne par an. D’autres pays, comme le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Burkina Faso tirent leur épingle du jeu, grâce aux nouvelles possibilités du cinéma numérique, médium plus léger et autrement moins coûteux que le cinéma traditionnel.

« Cette nouvelle génération de cinéastes a zappé l’étape du 35 mm, d’ordinaire réservée à l’élite, pour sauter directement à ce qui était plus pratique pour s’exprimer. C’est comme s’ils n’avaient jamais eu de téléphone fixe et qu’ils passaient directement au cellulaire ! », ajoute Damien Chalaud

Selon lui, malgré des acquis énormes, le continent pour des raisons financières, est encore loin d’une industrie hollywoodienne prospère.

Toutefois, certaines parties du continent se détachent du lot que ce soit pour la qualité ou la quantité de leurs productions, indique Damien Chalaud qui a volontiers confié à la Presse que le Maghreb et l’Afrique du Sud « mènent le peloton de tête ».

Le film franco-algérien Mascarades en projection le 25 avril qui a remporté un Étalon de bronze à l’avant-dernier Fespaco illustre cette nouvelle effervescence.

Il en, est de même des films sud-africains Nothing but the Truth, Étalon d’argent au dernier Fespaco en projection ce week end et en début de semaine prochaine et aussi Triomf, sordide portrait d’une famille afrikaner « white trash » et incestueuse samedi et lundi.

Il ne faut cependant pas réduire le cinéma africain à ces deux pôles géographiques indique M. Chalaud à la presse canadienne qui souligne que le cinéma africain est aussi confronté à l’équation de la circulation à grande échelle.

L’Afrique souffre aujourd’hui de la disparition des salles de cinéma. Certains spécialistes se sont d’ailleurs demandé à Montréal si les Africains auront la chance de voir sur les écrans de leurs pays les films projetés à Montréal.

Pourtant des productions de bonne facture comme le film de Mathieu Kassovitz sur les enfants-soldats qui a déjà gagné des lauriers à Cannes et à Sundance méritent d’être vus en Afrique.

APA

(Source : Sud Quotidien, lundi, 20 avril 2009)

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